Futur médecin, Félix Lavigne s’engage à ouvrir une pratique à Hearst

Après avoir complété un internat de sept mois à Hearst, l’étudiant en médecine Félix Lavigne a signé une entente d’engagement à ouvrir sa pratique en médecine familiale à la fin de ses études. Un soulagement pour la communauté qui, pour une grande majorité, n’a plus accès à un médecin de famille.

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Par Renée-Pier Fontaine

IJL – Réseau.Presse – Le Nord

 

Bien que Félix Lavigne ait encore plusieurs années d’études devant lui, son engagement démontre la capacité d’intégration des professionnels de la santé dans la communauté, grâce aux efforts de l’Alliance de recrutement médical de Hearst (HMRA).

 

Originaire de New Liskeard, sa famille des deux côtés est francophone, il a grandi en français et c’est un élément qui est important pour lui. « Lorsque j’ai commencé à jouer plus au hockey, je jouais à Englehart et c’est une communauté plutôt anglophone. J’ai demandé à ma mère de changer d’école pour étudier en anglais, juste pour mieux comprendre mes coéquipiers, bien sûr elle a refusé », dit-il en riant.

 

Le hockey a toujours été un sport que Félix Lavigne aimait pratiquer, mais c’est seulement depuis ses études à l’Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario qu’il a commencé à arbitrer. Ainsi, pendant son passage à Hearst, il agissait à titre d’arbitre en chef lors des parties des Lumberjacks. Avant son arrivée, c’était d’ailleurs une de ses demandes auprès de Mélanie Goulet, la coordonnatrice au recrutement. « Il m’a demandé si c’était possible de faire de la place dans son horaire pour qu’il puisse arbitrer. C’est une des choses qu’on est capable de faire, on est une petite ville, on a cette flexibilité-là. Donc on a fait certain que Félix puisse inclure ça à son horaire, même si la médecine c’est demandant, car parfois ils doivent travailler en soirée ou la fin de semaine. »

 

Pour le médecin en devenir, la flexibilité pourrait être accessible à tous, mais il reconnait qu’à Hearst, c’est un élément qui a définitivement enrichi son expérience et facilité sa décision de revenir.

 

Le processus d’attribution de l’endroit où un étudiant en médecine ira faire son internat dépend de plusieurs facteurs, dont la langue. Ceux qui sont bilingues ont plus de chances de se retrouver dans des communautés francophones ou bilingues. « Hearst n’était pas mon premier choix et je ne suis pas gêné de le dire, c’était plutôt Timmins. Mais en fin de compte, être plus loin de ma famille fait en sorte que quand tu vois ta famille tu profites encore plus du temps passé avec eux », confie M. Lavigne.

 

Une des choses qu’il a aimées le plus c’est de parler en français avec presque tout le monde, tout le temps. « Je pense que je n’ai jamais parlé en français comme ça depuis que je suis parti de la maison en 12e année. J’ai fait mon bac en français, mais il y avait beaucoup d’anglais autour de l’école et mes deux premières années en médecine étaient complètement en anglais, donc il n’y avait pas beaucoup de français. Ici, à Hearst, c’est un privilège de pouvoir parler en français comme on le parle, je peux dire que j’ai eu seulement 10 % des patients qui parlaient anglais. »

 

Selon la coordonnatrice, c’est une priorité pour la communauté d’avoir des professionnels qui peuvent s’exprimer dans les deux langues. « Nous savons qu’il y a des médecins qui s’en viennent ou qui sont déjà établis à Hearst qui ne parlent pas français, nous voulons vraiment établir un équilibre entre les deux. »

 

Elle souligne également que Félix Lavigne a choisi Hearst pour faire sa résidence de médecine en juillet 2026. « Il va avoir plus de responsabilités. Lorsqu’ils sont étudiants en médecine, ils sont plutôt en apprentissage, mais lorsqu’ils sont en résidence, ils gagnent le titre de “docteur” et Félix va être intégré dans l’éducation de nos prochains étudiants qui vont venir. C’est le fun de savoir qui va être là pour offrir du soutien bilingue, et la fierté francophone c’est vraiment beau à voir. »

 

Dans les dernières années, le programme d’internat est passé de deux à trois étudiants et la vision de l’équipe de Mme Goulet est d’ajouter une autre place, si l’équipe de médecins s’agrandit. Depuis sa création, l’Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario a reçu des fonds additionnels, lui permettant d’augmenter le nombre d’étudiants chaque année de façon très graduelle. « À sa création en 2005, ils étaient, je crois, 60 par cohortes et d’ici 2028, ils devraient y avoir 100 étudiants chaque année », indique Félix Lavigne.

 

Selon Mélanie Goulet, il est important pour l’institution d’avoir des partenariats avec les communautés également. La région de Hearst est la seule à avoir tous ses sièges dans le volet francophone de l’UMNO. « C’est bien beau avoir plus d’étudiants, mais ça prend des endroits pour les placements. Notre objectif serait d’avoir plus de médecins en résidence. Avant Félix, notre dernière à le faire était Dre Fournier qui est originaire de Hearst. »

 

L’étudiant en médecine poursuit ses études de quatrième année en médecine. Après avoir reçu son diplôme, sa résidence débutera à Hearst pour une durée de deux ans. Il a démontré de l’intérêt pour acquérir une spécialisation une fois sa résidence terminée, en chirurgie ou en anesthésie. « Dans une petite communauté comme ici, les médecins sont des généralistes. Ils rencontrent des cas très variés, tandis que dans les grands centres, il y a des spécialistes pour chaque catégorie, donc ils ont moins la chance de vivre le modèle généraliste comme ici », explique Mme Goulet.

 

Lors de son passage, Félix Lavigne s’est lié d’amitié avec ceux qu’il qualifie maintenant de ses besties. « Ils ont fait une super grosse différence et tout le monde à Hearst que j’ai croisé, j’ai créé des liens que je ne me voyais pas briser en partant. Je me suis senti comme à la maison ici à Hearst. Le déménagement s’est fait facilement et Mélanie a aidé au boute à faciliter avec ça et j’ai établi beaucoup de connexions qui ont fait toute la différence pour moi ! » (photo 3 : Brandon et Félix lors de la Baignade folle du Club Rotary Hearst)

 

Félix Lavigne sera de retour dans la région durant une courte période en aout et, lors de sa dernière année d’études, il parcourra la province du sud au nord en passant par l’est pour travailler dans divers centres hospitaliers.

 

Encadré : « Félix a vraiment laissé sa trace ici ! Nous avons vraiment hâte de le revoir en juillet 2026 », s’exclame Mélanie Goulet.

 

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PHOTOS :

 

 

  1. Félix Lavigne avec les deux autres étudiantes en médecine assignées à Hearst.

Photo : gracieuseté de Mélanie Goulet

  1. Félix Lavigne qui arbitre une partie des Lumberjacks

Photo : gracieuseté de Mélanie Goulet

  1. Félix Lavigne et son ami Brandon lors de la Baignade folle du Club Rotary Hearst

Photo : Francine Savoie-Jansson/Facebook

  1. Félix Lavigne et son ami Brandon lors de la Baignade folle du Club Rotary Hearst

Photo : Francine Savoie-Jansson/Facebook

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  • Date de création 3 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 3 avril, 2025
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