Dédramatiser l'autisme

Un souper-conférence sur l’autisme et l’anxiété, destiné aux familles et aux intervenant·e·s, a été animé par Valérie Jessica Laporte, diagnostiquée autiste à l’âge de 38 ans. Celle-ci a partagé son expérience, les défis liés au trouble du spectre de l’autisme (TSA) et a proposé des conseils pour mieux gérer l’anxiété associée à ce trouble.

Valérie Jessica Laporte (alias Bleuet atypique sur les réseaux sociaux) a été diagnostiquée autiste à l’âge de 38 ans. Pour elle, « il faut absolument s’attaquer à l’anxiété. Bien avant de s’attaquer aux manifestations extérieures de l’autisme ou à ce qui paraît. Gérer l’anxiété et se donner des outils vont aider à débloquer tout le reste. »

Photo : Gwendoline Le Bomin

Valérie Jessica Laporte exprime la honte que peuvent ressentir les personnes atteintes du TSA. « Ça n’a pas de sens. Ça freine le progrès. Ça peut faire peur aux gens d’aller chercher un diagnostic. »

« Parfois, les parents sont tellement horrifiés face à ces diagnostics-là, mais l’enfant va être le même que la veille. Les défis varient d’une personne autiste à l’autre. Si on reçoit le bon livre d’instructions pour le bon profil et le bon fonctionnement de la personne, ça va faciliter beaucoup de choses. Si on est juste terrorisé face à cette différence-là, ça va être plus dur d’aller prendre les outils, d’aller prendre l’information, d’aller au jour le jour pour essayer d’améliorer notre condition le plus possible. »

Valérie Jessica Laporte est très présente sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs années, elle donne des conférences dans lesquelles elle dédramatise le TSA, informe et outille le public.

« Je remets les choses en perspective. Parfois, on dirait qu’on s’en fait avec des choses qui n’ont pas vraiment d’importance. Est-ce que c’est si grave que quelqu’un fasse du flapping, agite les mains? Ça change quoi, au fait? Oui, ça va paraître que la personne est autiste, mais ça l’aide à se gérer, à communiquer, à sortir ses émotions. Une fois qu’on le sait, on le dédramatise. »

« On va plutôt se concentrer à travailler sur les vraies affaires, c’est-à-dire que la personne peut se réaliser, qu’elle puisse être heureuse, qu’elle puisse apprendre, et atteindre son plein potentiel. Ça, ce sont de vrais objectifs. »

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Des outils existent

« Beaucoup de personnes atteintes du TSA ont de la difficulté avec les bruits, avec les sons », explique la conférencière. Pour cela, il existe de grosses coquilles, comme les coquilles de construction. Ces personnes peuvent également utiliser des bouchons de musiciens, plus discrets. « Ces bouchons vont prioriser le son qui est devant nous. Ils vont prioriser la voix, et garder la qualité de la voix », précise Mme Laporte.

« Il existe, pour les personnes autistes qui sont non verbales, c’est-à-dire qui ne parlent pas, ou même pour ceux qui sont verbaux aussi, des pictogrammes. Ce sont de petites images qui représentent toutes sortes de choses, des tâches, des activités ou des étapes. Ces symboles peuvent être photocopiés, imprimés par les parents, et mis sur des espèces de bandeaux où ils vont coller les petites images avec des velcros. Donc, ça peut indiquer à la personne non verbale toutes les activités qui vont se dérouler au courant de la journée, par exemple. S’il y a un imprévu, il y a une espèce de triangle jaune qui va être mis en dehors de la ligne des pictogrammes, ou au-dessus de la ligne. La personne autiste qui est non verbale va alors savoir que ce triangle est l’imprévu. »

« Je montais mes premières conférences, en pictogramme », partage Valérie Jessica Laporte. « Au lieu d’avoir des notes, je me faisais des pictos, avec des couleurs que j’aimais. »

Elle rapporte également utiliser de petites pinces Mastercraft bleues que l’on peut trouver au Canadian Tire. « Je me mets ça sur mes doigts. Ça fait tellement du bien et je deviens toute ramollie. Ça apaise. »

Mélissa Boulanger, elle-même autiste, enseigne une technique de massage pour les autistes (Technique MEBP). « Elle va dans d’autres pays pour enseigner sa technique. Puis, c’est adapté », informe la conférencière.

S’attaquer à l’anxiété

« Bien avant de s’attaquer aux manifestations extérieures de l’autisme ou à ce qui paraît, gérer l’anxiété et se donner des outils vont aider après à débloquer tout le reste », partage Mme Laporte. « On ne peut toutefois pas enlever l’anxiété au complet. Tout le monde a un petit peu de stress, c’est normal, mais qu’elle prenne toute la place tout le temps, qu’elle soit généralisée, ce n’est pas viable. C’est souvent ça qui va nous bloquer, qui va nous empêcher de progresser. C’est ça le fait que ça m’a pris huit ans à apprendre à conduire. »

« Il faut comprendre que tout autour de nous est souvent une agression constante et qu’on est inquiet des conséquences. Il faut arrêter l’agression sensorielle qu’il y a tout le temps et les autres types d’agressions qu’il y a autour de la personne. Il y a moyen d’aider vraiment de ce côté-là, d’en enlever une bonne partie. Puis, après ça, de permettre à la personne de ne pas avoir toujours à s’inquiéter des conséquences pour toutes sortes d’affaires. Si, à chaque fois que je discute avec quelqu’un, je me dis, si je commets une erreur sociale, je vais perdre des privilèges, perdre un ami, perdre l’accès, je vais tout le temps être dans l’inquiétude. On ne peut pas tout le temps être stressé des conséquences. On peut aussi rire de certaines erreurs. »

Pour elle, les lieux publics ne sont pas adaptés. « Il faudrait qu’il n’y ait pas de bruit. On a aussi de la difficulté avec la lumière, mais on ne peut pas tout transformer l’univers pour le formater à nos besoins. Les conditions feraient en sorte que les autres humains ne seraient pas bien », reconnaît-elle.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

Répondre aux besoins

Le Partenariat communauté en santé (PCS) gère l’initiative petite enfance en santé au Yukon en collaboration avec les partenaires de la Table de la petite enfance depuis la création du Fonds en petite enfance en santé. C’est ainsi que le PCS a mené une première étude de besoins auprès des familles du Yukon ayant un enfant francophone entre 0-6 ans qui s’est tenue en 2019-2020.

« C’était la première fois qu’on menait ce type de recherche auprès des parents et de la petite enfance », informe Sandra St-Laurent, directrice du PCS. « Les résultats nous ont démontré qu’une minorité grandissante de familles francophones avait besoin de soutien pour “besoins spéciaux” pour leur(s) enfant(s). »

Le PCS a alors déposé une demande de subvention auprès de l’Agence de la santé publique du Canada dans le cadre de l’initiative nationale sur l’autisme. « Pour nous, c’est important de s’intéresser à la neurodivergence et de voir comment on peut soutenir les familles et les enfants, en français, au Yukon », partage la directrice.

« On privilégie toujours l’approche de promotion de la santé, comme trouver des façons d’accompagner les familles et les enfants, ainsi que les intervenant·e·s dans leur travail. On veut également présenter de meilleures pratiques. »

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  • Date de création 7 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 8 avril, 2025
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