Le legs des Mulroney à la rescousse de Pierre Poilievre
Malgré les consignes du premier ministre ontarien Doug Ford de se concentrer sur son mandat, la ministre Caroline Mulroney a proclamé son appui pour son «ami de longue date», le conservateur Pierre Poilievre, lors d’un événement de campagne à Toronto, mercredi matin.
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Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
«Croyez-le ou non, mon père était l’un des premiers donateurs [de Pierre Poilievre] à sa première campagne électorale dans Carleton», a déclaré Caroline Mulroney, fille de l’ex-premier ministre du Canada, feu Brian Mulroney.
«Il est un ami de longue date, et quand on m’a demandé de le présenter aujourd’hui, j’ai accepté», a indiqué la ministre ontarienne des Affaires francophones et présidente du Conseil du Trésor, en mêlée de presse.
Lorsque questionné à la mi-mars à savoir s’il allait permettre à ses députés provinciaux de participer à la campagne des conservateurs aux élections fédérales, le premier ministre ontarien Doug Ford avait répondu que non.
Il avait expliqué que les députés conservateurs de la province seraient tous «submergés», soit trop occupés à travailler pour remplir leur mandat auprès des Ontariens.
N’empêche, le premier ministre ontarien avait changé de ton, mercredi après-midi.
«J’ai dit à notre équipe de faire ce qu’ils voulaient, nous n’allons pas les retenir», a dit Doug Ford au Droit, avant d’ajouter qu’il «adore Caroline».
Caroline Mulroney a assuré en mêlée de presse qu’elle avait reçu le feu vert de M. Ford pour participer à l’événement de campagne de Pierre Poilievre.
«Je lui ai dit que j’allais le faire, et il a dit bien sûr. Il comprend», a-t-elle affirmé.
Libre-échange
Dans une tour de bureaux située sur Bay Street – le Wall Street canadien –, Caroline Mulroney a rappelé aux gens d’affaires et politiciens présents dans la salle le legs de son père, lui qui est à l’origine de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
«Pendant cette période d’incertitude face à nos amis aux États-Unis, le symbole d’avoir une Mulroney avec nous pour se battre pour notre pays est plus fort que jamais», a lancé Pierre Poilievre, la remerciant pour son appui.
Pierre Poilievre a mis la guerre commerciale avec les États-Unis, ainsi que les tarifs douaniers du président américain Donald Trump, au centre de son allocution, mercredi.
Le chef du Parti conservateur du Canada a indiqué vouloir accélérer les négociations de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique.
Il a aussi martelé que le Canada «ne sera, évidemment, jamais le 51e État», et qu’il protégera la souveraineté du pays dans toute éventuelle négociation.
«Aujourd’hui, on l’a vu, il parle de tarifs, il s’est adapté au contexte», souligne la professeure à l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier.
Changements
Comme plusieurs experts en politique, celle-ci estime que Pierre Poilievre avait besoin d’apporter des changements à sa campagne électorale s’il souhaite remporter les élections du 28 avril prochain.
Depuis l’élection de Mark Carney à la tête du Parti libéral du Canada, les conservateurs peinent à retrouver le premier rang dans les sondages.
«On a critiqué Pierre Poilievre de ne pas écouter, mais visiblement, le fait de s’entourer de nouvelles personnes, ça démontre qu’il y a des changements qui sont en train de se faire», juge Geneviève Tellier.
Et l’idée de demander l’aide à Caroline Mulroney, c’était un «bon coup», selon la politologue.
«D’abord, le fait que ce soit une Mulroney, et aussi, que ce soit une conservatrice du gouvernement Ford, [...] Pierre Poilievre avait besoin de cette notoriété-là», ajoute l’experte.
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- Date de création 2 avril, 2025
- Dernière mise à jour 2 avril, 2025