Choc des idées à Ottawa pour un meilleur transport en commun

Une centaine de personnes se sont réunies vendredi pour discuter de l’avenir du transport en commun à Ottawa. Au rendez-vous, des groupes communautaires, mais aussi la directrice générale d’OC Transpo Renée Amilcar et des conseillers municipaux.

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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

Dans la salle du Canada du Centre national des Arts, le symposium, intitulé Connecting the Dots on Transit (Relier les points de vue sur le transport en commun), a rassemblé autant des personnalités politiques, des employés de différents niveaux de gouvernement de la région, que des membres de bon nombre d’organismes communautaires, comme le groupe des usagers du transport en commun d’Ottawa, Bike Ottawa, Ecology Ottawa, Strong Towns Ottawa ou encore l’association des étudiants de l’Université Carleton.

Les invités se sont penchés sur une myriade d’enjeux qui touchent les transports en commun dans la région, en se répartissant autour de tables de discussion thématique.

Il était question, entre autres, de trouver de nouvelles manières de financer le transport en commun, d’améliorer les arrêts d’autobus, d’étendre l’offre de transport pour les zones rurales, ou d’envisager le futur du U-Pass — le laissez-passer à coût réduit pour les étudiants à temps plein dans la plupart des institutions postsecondaires de la capitale.

Pour des solutions créatives

Malgré l’allocution d’ouverture de la directrice générale d’OC Transpo Renée Amilcar qui a démarré la journée de travail, les invités n’ont pas retenu leurs commentaires sur les nombreux enjeux auxquels fait face le système de transport en commun dans la capitale.

«Je pense que [les services des transports d’Ottawa] font face à ce qu’on appelle “une spirale de la mort”».

—  Kari Glynes Elliott, porte-parole et co-fondatrice du Groupe des usagers du transport en commun d'Ottawa

«À mesure que les services diminuent en qualité, de moins en moins de gens prennent le bus. Cela entraîne une baisse des revenus. Pour compenser cette perte, [les autorités] vont augmenter les tarifs. Et tout continue d’aller de plus en plus mal», analyse Kari Glynes Elliott, porte-parole du Groupe des usages du transport en commun d’Ottawa, lors d’un panel de discussion un peu plus tard dans la journée. «De nombreux usagers sont frustrés de voir les prix augmenter, alors même qu’ils ont l’impression que le service ne s’améliore pas».

La directrice d’OC Transpo a d’ailleurs admis que le système de transport en commun de la capitale a encore des progrès à faire: «Les usagers veulent plus de fiabilité et je suis d’accord. [...]».

Les remarques ont alimenté les recherches de solutions, et de ces échanges, plusieurs idées innovantes sont ressorties. Une en particulier a provoqué les applaudissements de la salle.

«Nous aimerions voir la ville travailler avec le gouvernement fédéral pour mettre en place un laissez-passer U-Pass pour les fonctionnaires fédéraux», a résumé Neil Saravanamuttoo, directeur de l’organisme à but non lucratif CitySHAPES.

Si l’idée a eu du succès, c’est qu’il faut dire que les fonctionnaires sont un des groupes d’usagers d’Ottawa pour lequel l’utilisation du transport en commun a drastiquement chuté durant la pandémie, et qui n’est en grande partie pas retourné vers le transport en commun depuis.

D’autres propositions étaient, par exemple, de développer une plus grande culture du transport en commun chez les enfants et les jeunes, d’étendre le U-Pass à d’autres groupes des communautés universitaires (les employés, les étudiants à temps partiel) ou encore d’ajouter des panneaux solaires aux arrêts de bus, pour qu’ils puissent faire fondre la neige et être chauffés l’hiver et être plus frais l’été.

Les non-conducteurs laissés pour compte

«Un bon système de transport en commun ne sert pas seulement à aller d’un point A à un point B, c’est un enjeu d’équité, d’accessibilité et de durabilité environnementale», a lancé la conférencière d’honneur, Anna Zivarts durant son discours en début de matinée.

Mère malvoyante et non-conductrice, elle est l’auteure de When Driving is Not an Option: Steering Away from Car Dependency (Quand conduire n’est pas une option: s’éloigner de la dépendance à l’auto). Dans cet ouvrage, elle remet en question l’idée selon laquelle la conduite doit forcément être la solution par défaut pour se déplacer en Amérique du Nord, et met en avant le fait qu’aux États-Unis, une personne sur trois n’a pas de permis de conduire.

À Ottawa, on retrouve une tendance similaire: 27 % de la population ne conduit pas.

«Il faut penser aux personnes qui ne conduisent pas comme un groupe d’électeurs à part entière», explique l’activiste dans son discours. «Les groupes de populations qui ne conduisent pas sont variés, mais ils font tous face aux mêmes difficultés».

Parmi les non-conducteurs, on peut retrouver des personnes dont le handicap les empêche légalement de conduire, des personnes à faible revenu qui ne sont pas en mesure d’acheter un véhicule, des nouveaux arrivants, les enfants, les jeunes et les aînés, les itinérants et plus encore. Pour tous, il est crucial que le système de transport en commun de leur ville soit robuste, afin de pouvoir pleinement vivre et participer à la vie en société.

«Lorsqu’on fait marcher le service pour les plus vulnérables, cela entraîne un meilleur service pour l’ensemble de la population».

—  Anna Zivarts, autrice et activiste.

Son intervention a marqué la salle, qui a sauvegardé certaines citations de son discours sur des post-it.

Quelles retombées concrètes?

Une grande question dans la salle était: que va-t-il advenir du travail et des discussions tenues lors du colloque et quel impact auront-ils sur le futur du transport en commun dans la capitale.

Pour Cassie Smith, d’EnviroCentre, l’événement avait pour but principalement de rassembler les acteurs qui s’intéressent à cet enjeu dans une même salle.

«Pour le moment, nous ne savons pas exactement ce qui résultera concrètement des discussions d’aujourd’hui».

—  Cassie Smith, EnviroCentre, groupe organisateur de l'événement

«Notre fonction première à EnviroCentre est de rassembler les gens afin de trouver des changements et des solutions pratiques, explique-t-elle. OC Transpo ne peut pas tout faire tout seul. […] Nous concevons cet événement comme une occasion pour notre groupe de faire partie des nombreux acteurs qui peuvent les appuyer en amenant ces solutions.»

Les organisateurs soulignent par ailleurs la présence des décideurs politiques, qui ont écouté et activement participé aux activités de la journée. Plusieurs conseillers municipaux étaient au rendez-vous, Glen Gower (Stittsville), Ariel Troster (Somerset) Sean Devine (Knoxdale-Merivale) et Teresa Kavanagh (Bay), ainsi Catherine McKenney, la personne qui représente Ottawa-Centre à Queen’s Park.

«C’était crucial que les décideurs soient impliqués aujourd’hui, car ce sont eux qui peuvent vraiment aider à faire avancer les choses», ajoute Vita Sgardello, gestionnaire des communications pour EnviroCentre.

Si l’événement s’est tenu majoritairement en anglais, dans quelques semaines, un rapport sera publié dans les deux langues officielles, qui détaillera l’ensemble des discussions ayant pris place et les idées partagées ce vendredi.

 

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LD_Décideurs | Les personnalités politiques au rendez-vous ont participé à une séance photo devant l'un des nouveaux bus électrique d'OC Transpo. De gauche à droite: Theresa Kavanagh (conseillère municipale), Anna Zivarts, Catherine McKenney (membre du Parlement, Ottawa-Centre), Glen Glower (conseiller municipal), Sharon Coward (EnviroCentre), Ariel Troster, Jeiff Leiper, Sean Devine (conseillers municipaux) et Renée Amilcar (OC Transpo).
(Clémence Labasse/Le Droit)

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  • Date de création 1 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2025
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