Le Mois de la Francophonie, essentiel pour la construction d’une identité en mouvement

Pour les organismes communautaires provinciaux, le Mois de la Francophonie a pris de l’ampleur en Nouvelle-Écosse depuis sa création: il est mieux connu et contribue à renforcer le sentiment d’appartenance. Ils reconnaissent néanmoins le besoin de proposer aux jeunes davantage d’activités qui leur ressemblent, afin de maintenir bien vivante leur fierté francophone. 

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Marine Ernoult 

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

«C’est un mois qui nous appartient en tant que francophone, qui permet à chaque communauté de briller à sa manière», affirme le directeur général de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE), Luc D’Eon.

Chaque mars, les Acadiens et francophones de la Nouvelle-Écosse célèbrent le Mois de la Francophonie. À cette occasion, le Réseau dialogue organise, depuis 1998, les Rendez-Vous de la Francophonie (RVF). De nombreux évènements politiques et culturels ont ainsi lieu aux quatre coins de la province.

La présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), Denise Comeau Desautels, note une «grosse évolution» depuis 27 ans, avec de plus en plus d’activités et de financements alloués.

«En grandissant, on n’en parlait pas autant. Ça prend plus d’ampleur dernièrement, abonde dans le même sens Luc D’Eon. C’est de plus en plus connu dans la province.»

Denise Comeau Desautels se dit tout aussi impressionnée par la participation «plus importante qu’avant»: «C’est une réussite à ce niveau-là, c’est la preuve que les gens d’ici tiennent à leur francophonie.»

«Gros impact sur la construction identitaire»

La présidente de la FANE évoque des salles combles lors des projections de films, des spectacles, et même lors des évènements plus politiques, comme la cérémonie d’ouverture du Mois de la Francophonie à l’hôtel de ville d’Halifax.

«Les gens ont compris que c’était la meilleure occasion de se faire connaitre, de renforcer et de faire grandir notre communauté, tout en valorisant notre langue et notre patrimoine», estime-t-elle.

Les RVF offrent également une chance aux nouveaux arrivants de se faire une place et de «forger des liens» au sein d’une francophonie néoécossaise plurielle, ajoute-t-elle.

Luc D’Eon parle de son côté d’«un levier qui permet de promouvoir un peu plus loin la culture». Les RVF donnent de «l’expérience» et de «la visibilité» à des artistes émergents, selon le responsable de la FéCANE.

«Ils peuvent profiter du réseau francophone à l’échelle de la province, ça leur fait du travail», considère-t-il.

Pour la présidente du Conseil jeunesse provincial de la Nouvelle-Écosse, Elle Viktoria Peters, le Mois de la Francophonie a également un «gros impact sur la construction identitaire» de la jeune génération.

«Nous pouvons connecter entre nous en français dans un cadre extérieur à l’école en nous amusant. Ça crée un sens d’appartenance à la communauté plus grand», souligne la Néoécossaise.

«Ça nous donne beaucoup d’espoir et de valeur en tant que personne», renchérit Gabrielle Stewart, élève en douzième année à l’École secondaire Mosaïque à Dartmouth.

Besoin de plus de «collaborations et d’échanges»

Aux yeux d’Elle Viktoria Peters, la célébration du français durant plus de 30 jours permet aussi de rejoindre les jeunes issus de l’immigration: «Grâce à la langue que nous avons en commun, nous pouvons les accueillir de manière constructive, les introduire à nos traditions.»

Elle aimerait néanmoins voir plus d’évènements par et pour la jeunesse. Elle insiste sur la nécessité de consulter les jeunes pour concevoir les activités, afin qu’«ils se reconnaissent dans la francophonie».

«Notre identité évolue beaucoup. Aujourd’hui, on parle plus d’insécurité linguistique, d’intersectionnalité, de pluralité d’identités. Il faut que ça se reflète dans la programmation», insiste l’Acadienne.

Denise Comeau Desautels reconnait le besoin de faire des efforts: «C’est à nous, les adultes, d’aller les chercher, d’imaginer des activités qui les touchent et leur ressemblent pour leur faire découvrir leur fierté.»

La coordonnatrice des communications du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), Stéphanie Comeau, assure, elle, que les 23 écoles francophones de la province organisent de nombreuses activités par et pour les jeunes: «On veut s’assurer que leur voix soit entendue.»

À la FéCANE, Luc D’Eon aimerait pour sa part développer plus de «collaborations et d’échanges» entre les différentes régions francophones de la province. Il est persuadé qu’en dépit de l’éloignement géographique et des spécificités de chaque communauté, «de nombreuses choses restent à partager».

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  • Date de création 31 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 28 mars, 2025
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