Ottawa réduit de moitié les quotas d’immigration économique des provinces atlantiques

Le gouvernement fédéral a réduit le nombre de places dans le cadre des programmes d’immigration visant à attirer les travailleurs. 

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Farida Agogno 

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse - Atl

Avec cette réduction de 50 %, l’allocation des places passe de 6 300 à 3 150.

Pour Nolan Young, ministre du Travail, des Compétences et de l’Immigration, cette réduction représente un défi important, notamment pour les provinces atlantiques, dont  la Nouvelle-Écosse, où la pénurie de main-d’œuvre affecte plusieurs secteurs essentiels.

Malgré cette contrainte, il assure que les autorités provinciales poursuivront leurs efforts pour attirer et retenir des travailleurs qualifiés, en mettant particulièrement l’accent sur la santé, la construction et d’autres secteurs stratégiques.

Il rapporte que les employeurs et les communautés locales, en particulier dans les régions rurales et francophones, comme Clare et Chéticamp, expriment leur inquiétude face aux répercussions possibles de cette décision sur le développement économique et la viabilité de leurs entreprises.

L’immigration économique étant un levier clé pour combler le manque de main-d’œuvre, et la réduction du nombre de places disponibles pourrait freiner la croissance de certaines industries.

Natasha Chestnut, directrice exécutive de l’Association des restaurateurs de la Nouvelle-Écosse, confirme que le secteur de la restauration fait face à des défis considérables, notamment en raison des réductions drastiques dans les programmes d'immigration.

Elle explique que cette décision a un impact direct sur la main-d'œuvre, particulièrement dans les petites communautés rurales, où les options de recrutement sont limitées.

Elle mentionne aussi que les travailleurs immigrés jouent un rôle crucial, surtout pour les postes qualifiés en cuisine (cuisiniers et chefs), indispensables au fonctionnement des restaurants.

La pénurie de main-d’œuvre dans ces secteurs entraine des fermetures temporaires, des réductions d'horaires et, parfois, des fermetures permanentes, affectant directement les revenus et la viabilité des entreprises.

D'ailleurs, depuis la pandémie, le secteur peine à se relever, en raison de pénuries de personnel intensifiées.

Pour M. Young, la province reste déterminée à maximiser les ressources à sa disposition et à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires afin de garantir un afflux de travailleurs qualifiés, là où la demande est la plus forte.

Concernant les discussions avec Ottawa, il précise que les quotas qui leur sont attribués seront respectés, même s’ils représentent  des défis supplémentaires.

Il avance qu’au lieu de se concentrer sur les restrictions imposées, il faut mettre en avant l’importance de répondre aux besoins du marché du travail, notamment dans les domaines clés que sont la santé ou la construction. La priorité, selon lui, est de s’assurer que la province puisse toujours attirer et retenir des travailleurs capables de soutenir l’économie locale.

Selon Mme Chestnut, la rétention est désormais une priorité afin de stabiliser la main-d'œuvre et de limiter la rotation excessive des employés, surtout dans les restaurants. Donc, il est important d’avoir des solutions efficaces et viables à long terme pour compenser les impacts négatifs causés par la diminution des programmes d'immigration.

Elle rappelle également que le secteur de la restauration reste une industrie clé pour l'économie provinciale. Il génère 2,7 milliards de dollars de revenus annuels, emploie 32 000 personnes et contribue à 4,7 % du PIB.

Malgré les obstacles, l'industrie demeure essentielle au tourisme et à l'économie locale. Elle souligne que le secteur est ouvert aux discussions avec la province afin de répondre aux besoins du marché de travail.

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  • Date de création 26 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 26 mars, 2025
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