La Commission forestière persiste et signe : la province néglige ses forêts

La Voix acadienne - Le rapport final de la Commission des forêts de l’Île-du-Prince-Édouard, rendu public le 19 mars dernier, suggère que la santé et la résilience futures des forêts de l’Île dépendent de la recherche d’un meilleur équilibre.  C’est du moins ainsi que la province résume le contenu du rapport, dans son communiqué de presse officiel.  Le rapport dit bien plus que cela cependant.  

  

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Le rapport final de la Commission forestière de l’ÎPÉ fournit à toute personne un tant soit peu intéressée à la vie dans la province, une lecture très éclairante sur la façon rarement adéquate dont les forêts en général sont gérées à l’Île.  

Dans la conclusion de leur rapport, tout en reconnaissant que la province a fait certains progrès, les membres de la Commission estiment que la province n’a pas été «à la hauteur de la tâche» dans l’atteinte de plusieurs objectifs étalés dans la politique forestière de 2006.   

«…la Commission a établi que l’engagement du gouvernement provincial vis-à-vis du programme de foresterie a diminué considérablement depuis l’adoption de la politique forestière actuelle en 2006. Cela ne correspond pas aux attentes des Prince-Édouardiensni à leurs aspirations.»

Dans son rapport intitulé «Vers une nouvelle politique forestière», la Commission dit : «une nouvelle politique forestière ne nous fera avancer dans la bonne direction que si l’on trouve des moyens d’encourager le gouvernement, les propriétaires de ressources, l’industrie et les autres parties intéressées à travailler ensemble. Nous sommes d’avis que nos recommandations sont pertinentes, pratiques et réalisables. Elles visent à renforcer l’engagement du gouvernement provincial à améliorer l’intendance des forêts et, si elles sont mises en œuvre correctement, ces recommandations constitueront un bon investissement pour la santé et la durabilité à long terme du principal écosystème de l’Île», dit la Commission à propos de ses 14 recommandations à la province, en vue de l’élaboration de la prochaine politique forestière. 

Ces recommandations couvrent un vaste éventail de défis à surmonter et d’opportunités à ne pas négliger.  Elles parlent de la nécessité de renouveler le cadre législatif; de prévenir la perte de terre boisée; d’améliorer les modalités qui permettent aux quelque 16 000 propriétaires de lots boisés de profiter de programmes de sylviculture; de mieux gérer les forêts publiques; d’impliquer les Premières Nations; de mieux planifier la production de semis en prévision des conditions climatiques à venir; de reconnaître la valeur de l’industrie forestière et ses contributions à l’économie; et, en général, de prendre soin des forêts pour ce qu’elles sont intrinsèquement et pour ce qu’elles apportent à la santé et la qualité de vie des humains.  

À ce sujet, la Commission dit reconnaître qu’elle manque d’arguments «basés sur le marché», pour illustrer la nécessité d’investir dans l’établissement de forêts plus résilientes, saines et diversifiées.  «Mais cela équivaut à dire qu’il n’y a pas d’arguments «basés sur le marché» pour démontrer la nécessité d’investir dans la santé de nos citoyens âgés».  

La province prend acte des recommandations

Le ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de l’Action climatique, Gilles Arsenault, assure, pour sa part, que son ministère «prend acte des recommandations, a commencé à en mettre certaines en œuvre et fera de l’élaboration de nouvelles lois et politiques forestières une priorité pour la province. »

Parmi quelques points soulignés par le gouvernement provincial en lien avec les recommandations : 

Production de semis

  • Le déficit de 20 000 semis de feuillus identifié par le rapport provisoire de la commission (fin 2023) a été comblé. Par ailleurs, la pépinière J. Frank Gaudet est en bonne voie pour augmenter encore la production de feuillus, conformément à la recommandation du rapport final de la commission.

Encourager une meilleure gestion des boisés privés

  • La province a investi 400 000 $ supplémentaires dans le Programme d’amélioration des forêts en 2024-2025, soit une augmentation de 45 %. Le rapport final de la commission recommande des modifications au programme, notamment une augmentation significative du financement.

Gestion des forêts publiques

  • La province continue d’accroître ses terres forestières par le biais d’achats directs.

Organisation des propriétaires de boisés

  • Le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de l’Action climatique a soutenu l’Association des propriétaires de boisés de l’Île-du-Prince-Édouard en lui accordant une subvention de 50 000 $ cette année.

Soutien à l’industrie forestière

  • Le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de l’Action pour le climat a terminé cette année le rapport sur les capacités de l’industrie forestière de l’Île-du-Prince-Édouard, première étape vers une meilleure compréhension des besoins et des défis du secteur.

Pour lire le rapport final, visitez le site de la Commission des forêts de l’Î.-P.-É au www.princeedwardisland.ca/fr/information/environnement-energie-et-action-climatique/pei-forestry-commission. 

      

PHOTOS :  

1- Nos forêts ont besoin qu’on travaille pour elles. (Photo : Jacinthe Laforest)

2- Lors de son allocution à Abram-Village le 10 mars, le ministre responsable des forêts à l’ÎPÉ, Gilles Arsenault, a dit attendre avec impatience le rapport de la Commission forestière. (Photo : Jacinthe Laforest)

3- Le président de la Commission forestière, Jean-Paul Arsenault, et les 12 autres membres de la commission, ont défriché le terrain pour faciliter l’établissement d’une nouvelle politique forestière cohérente avec l’importance du secteur.  (Photo : Jacinthe Laforest)

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 24 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 24 mars, 2025
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article