Pjila'si dans la nouvelle exposition du Musée d'histoire naturelle

Le moment est venu de visiter une exposition, en création depuis huit ans, qui met en lumière la capacité d'adaptation du peuple mi'kmaw, avec des histoires et des informations partagées entièrement d'un point de vue autochtone. 

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Pjilasi, qui signifie bienvenue en mikmaw, a ouvert ses portes au début du mois en même temps qu'un certain nombre de chefs de Nouvelle-Écosse se réunissaient à Halifax pour célébrer le lancement de la Stratégie de reVITALisation de la langue mikmaw, une collaboration entre le gouvernement provincial et Mikmaw Kinamatnewey.

De grands groupes ont déjà demandé à venir voir l'exposition, avec une entrée gratuite pour les visiteurs autochtones.

Dans le processus de planification pendant environ huit ans, le Musée d'histoire naturelle voulait s'assurer qu'ils étaient intentionnels et attentifs à toutes les choses que le groupe consultatif mi'kmaw (GCM) voulait inclure dans cette galerie.

«Il s'agit d'un groupe diversifié d'individus mi'kmaq provenant d'horizons et de professions variés. On voulait donc qu'ils apportent leur expertise, leurs connaissances et les préoccupations de leur communauté pour informer où on allait avec cette galerie», explique Kayla Russerham, conservatrice du patrimoine culturel mi'kmaw.

Le musée a commencé à travailler sur l'exposition avant la pandémie, mais s'est arrêté en cours de route parce qu'ils voulaient atteindre la communauté mikmaw, pour les impliquer davantage.

«Il a fallu beaucoup d'efforts et de soins du point de vue du musée pour s'assurer qu’on allait dans la bonne direction en réalisant cette exposition», ajoute Jeff Gray, directeur du Musée d'histoire naturelle.

Avec cette exposition, l'accent est moins mis sur les objets et plus sur les visions du monde, écrites entièrement d'une perspective mikmaw. «La plupart du temps, dans les musées, il s'agit d'une voix blanche ou d'une voix coloniale. On a donc voulu s’éloigner de ça avec cette galerie et poser les choses dans le futur plutôt que dans le passé», explique Russerham.

L'histoire racontée avec cette exposition est celle de l'adaptabilité. Le musée voulait faire comprendre aux gens que les cultures changent et évoluent, et défier ceux qui ont cette idée.

«Beaucoup de personnes impliquées étaient des artistes, des musiciens, des travailleurs de musées et des personnes dans un paysage culturel», dit Gray, un changement par rapport à ce qu'il appelle un processus de prise de décision basée sur la gestion. «C’était à propos de personnes ayant des antécédents culturels, car nous voulions que ce soit une expérience vivante.»

L'espace a été construit intentionnellement pour que le musée puisse l'activer avec différents types d'initiatives communautaires: cours de langues, expériences éducatives et culturelles, etc.

«On envisage également des partenariats avec différentes organisations de santé, ajoute Russerham, afin que les personnes qui sont confrontées à des problèmes de santé ou qui sont à l'hôpital aient accès à ces biens culturels, afin qu'elles puissent ressentir un sentiment de connexion ou de sécurité lorsqu'elles sont en ville.»

Une partie de la programmation du Musée d'histoire naturelle comprend l'éducation des élèves de la 5e année autour de l’histoire et de la culture des Premières Nations. L'espace sera donc utilisé pour partager plus d'informations sur la culture mikmaw avec les étudiants et les groupes éducatifs.

Gray a beaucoup appris sur lui-même en assemblant l'exposition. «Je pense qu'il y a beaucoup de culpabilité à propos du passé, beaucoup d'inquiétude pour faire les choses correctement, et ensuite tu y vas avec une [attitude de] "cela doit être très sérieux, et tout doit être super sérieux". Et dans tous les cas, avec tous ceux avec qui j'ai eu affaire du GCM, il y a [de la joie] et un sens de l'humour que je ne pense pas avoir pleinement apprécié ou attendu de faire partie de ce processus.»

Cette expérience changera-t-elle la façon dont les expositions futures seront réalisées? Oui, et non, et oui, répond Gray. «Je pense que le concept d'un processus collaboratif et ne pas supposer que l'homme blanc avec une barbe est assis dans un bureau d'angle a tout à dire, que laisser d'autres voix être les voix qui aident à guider la façon dont on fait une exposition est une façon vraiment intéressante [de réaliser] des expositions.»

Le revers de la médaille est que, si elles prennent toutes huit ans à être mises sur pied, ça s’avère un processus difficile à gérer, quel que soit le projet, car le musée doit trouver un équilibre avec, entre autres, le maintien de sa base opérationnelle au jour le jour.

«Mais j'aime l'idée d'avoir plus de voix à la table, plus de gens engagés dans le processus, plus de gens qui réfléchissent à ce qu'il faut pour faire une exposition. Parce que je pense aussi qu'il y a une énorme quantité de mystère sur ce qui se passe derrière le rideau, vous savez, dans le processus du musée. Et je pense que le fait d'avoir plus de gens engagés est une opportunité vraiment intéressante.»

Gray espère que les peuples autochtones qui n'ont jamais visité le musée ou qui ne l'ont pas visité depuis longtemps seront «agréablement surpris» par ce qu'ils découvriront et que l'exposition leur parlera.

  • Nombre de fichiers 5
  • Date de création 21 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 21 mars, 2025
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