Tarifs douaniers américains : réaction du Yukon

Face à l’imposition de tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens par l’administration Trump, le gouvernement du Yukon réagit avec une série de mesures destinées à protéger l’économie locale.

Le premier ministre Ranj Pillai était en conférence de presse le 5 mars dernier. Il y a dénoncé une décision « injustifiée et mal avisée », affirmant que le territoire ne resterait pas les bras croisés. « Le Yukon a élaboré un plan solide pour appuyer la réponse d’Équipe Canada (Team Canada) et atténuer les conséquences pour les Yukonnais et Yukonnaises », a-t-il déclaré.

Quelques mesures immédiates

Dès le 4 mars, plusieurs actions sont entrées en vigueur. La Société des alcools du Yukon a cessé de vendre et d’importer des produits américains. Les entreprises locales pourront écouler leurs stocks existants, mais ne pourront pas en acheter d’autres.

Le premier ministre a aussi indiqué que le ministère de la Voirie et des Travaux publics privilégiera l’achat de biens et services locaux ou provenant de pays autres que les États-Unis.

Par ailleurs, Ranj Pillai a indiqué qu’un fonds d’un million de dollars sera mis en place pour compléter les programmes fédéraux d’aide et accompagner les entreprises face aux incertitudes économiques. Ce fonds, sous réserve de l’approbation de l’Assemblée législative, fera partie du Budget 2025-2026.

Le gouvernement appuiera les initiatives des chambres de commerce visant à encourager la consommation de produits et services locaux. À la question de savoir si une étiquette « Made in Yukon » serait envisagée, le premier ministre a indiqué que les entreprises sont les bienvenues à indiquer à leur clientèle quels sont les produits yukonnais ou canadiens, mais qu’une telle action n’est pas encore envisagée par le gouvernement.

Enfin, Ranj Pillai a affirmé qu’il travaille toujours en collaboration avec les chambres de commerce et les partenaires provinciaux et territoriaux, dans l’objectif de lever les barrières commerciales interprovinciales et internationales.

Une réponse évolutive

Le premier ministre Pillai a laissé entendre que d’autres mesures pourraient suivre si l’administration américaine ne faisait pas marche arrière. « Nous explorons toutes les options et nous tiendrons la population informée dans les jours et semaines à venir », a-t-il assuré.

Ranj Pillai s’est aussi voulu rassurant et amical envers la population de l’Alaska. « Ces mesures ne vous visent pas directement, mais nous devons défendre notre pays, notre souveraineté et notre mode de vie ». Il a aussi adressé, à la suite de questions des médias, le fait que le gouvernement du Yukon ne compte aucunement bannir des personnes américaines du Yukon ni pour les Jeux d’hiver de l’Arctique qui sont prévus l’an prochain ni pour des cas plus individuels, comme le public semblerait évoquer.

« Dans une situation comme nous vivons actuellement, il ne faut pas mélanger les tarifs douaniers et les bonnes ententes diplomatiques. Ce que nous voulons, c’est que la population américaine fasse pression sur le gouvernement de Trump, et non pas impacter directement les individus. »

Le premier ministre assure que ces mesures douanières ne devraient pas nuire à la tenue des Jeux d’hiver de l’Arctique, prévus en 2026 à Whitehorse. « Nous avons déjà les infrastructures nécessaires », a-t-il déclaré. « Si ça n’avait pas été le cas, construire de nouvelles infrastructures aurait pu présenter des obstacles. »

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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  • Date de création 20 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 20 mars, 2025
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