La remise de peine pour Steeve «L’Artiss» Charland reportée

Il faudra attendre jusqu’au 26 mai avant de connaître la sentence de Steeve «L’Artiss» Charland, l’ex-porte-parole du mouvement des Farfadaas, un groupe d’opposition aux mesures sanitaires.

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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

 

Le juge Robert Pelletier de la Cour supérieure de la justice de l’Ontario a expliqué vouloir minutieusement considérer sa décision avant de procéder à la remise de peine pour M. Charland lors d’une audience ultérieure après avoir entendu les recommandations des avocats de la Couronne et de la défense.

Le mardi 3 décembre dernier, Steeve Charland, dit «L’Artiss», un résident de Grenville-sur-la-Rouge, a été reconnu coupable de méfait pour son implication dans le mouvement des camionneurs sur la colline parlementaire à Ottawa en 2022, après plusieurs jours de procès étalés sur plusieurs années.

Recommandations revues à la baisse

Initialement, la Couronne avait prévu de requérir trois ans d’incarcération, moins le temps déjà purgé. Cependant, le procureur François Dulude a révisé à la baisse ses recommandations, à la lumière du jugement rendu en février par le juge Charles Hackland dans le procès de Pat King, l’un des leaders et organisateurs du «convoi de la liberté».

Reconnu coupable de cinq sur neuf des chefs d’accusation contre lui, ce dernier a écopé trois mois de détention à domicile et un an de probation, avec des conditions additionnelles.

«Les conséquences de votre jugement dans cette affaire sont importantes, car celui-ci établira, à l’instar du jugement pour M. Pat King, la jurisprudence pour les cas comparables dans le futur», a fait remarquer Me Dulude au juge Pelletier.

Ainsi, la Couronne a requis 18 mois d’emprisonnement avec sursis, dans le cas de Steeve Charland. La peine serait purgée à domicile, sous surveillance régulière.

Informé quelques minutes avant l’audience du changement de réquisition de la Couronne, l’avocat de Steeve Charland, Me Nicholas St-Pierre n’en a pas pour autant changé sa position selon laquelle aucun emprisonnement ferme à domicile n’est requis pour son client, pour lequel il souhaiterait de la probation uniquement.

Avant que son avocat fasse ses recommandations, M. Charland s’est adressé au tribunal.

«Les trois dernières années ont été assez pénibles. J’aime ma liberté, ma liberté de parole en particulier, alors se voir retirer certains droits n’a pas été facile.»

«Au début des procédures, je ne comprenais pas pourquoi on m’accusait. Mais maintenant, je comprends: on me reproche d’avoir dérangé la quiétude à Ottawa et pour ça, je suis profondément désolé.»

- Steeve Charland, dans une déclaration au tribunal.

L’avocat de la défense a détaillé le passé de son client, dont son éducation et sa vie de famille, et il a fait valoir le «dévouement [de son client] à aider les autres».

«Est-ce qu’il est venu à Ottawa pour encourager les camionneurs? Oui, mais jamais de manière illégale. Contrairement à d’autres comme Pat King, il demandait toujours aux gens de respecter l’ordre public», a plaidé l’avocat de la défense «[…] Son implication auprès du mouvement était pratiquement humanitaire. Il était là pour les aider, pour les nourrir.»

Une affirmation fermement contestée par le procureur, qui a lui souligné les dommages très importants aux citoyens d’Ottawa que le «convoi de la liberté» a eu durant son passage au centre-ville de la capitale canadienne. Un document d’une cinquantaine de pages contenant les déclarations de victime a d’ailleurs été fourni au juge.

Dans celui-ci, des représentants d’organismes importants de la communauté d’Ottawa, comme la présidente du refuge des Bergers de l’espoir ou le responsable de la sécurité du Centre National des Arts (CNA) détaillent l’impact considérable que le convoi a eu sur eux et le fonctionnement de leurs organisations, à la fois financièrement, mais aussi sur le plan humain.

Interrogé par le juge, «L’Artiss» reconnaît ne pas avoir lu les déclarations des victimes.

Des risques de récidive «faibles»

Autant la défense que la Couronne ont admis le fait que les risques de récidives étaient faibles pour M. Charland, un homme dont «l’influence n’est plus ce qu’elle était», selon le procureur.

Peu de temps après la fin des mobilisations à Ottawa, en effet, le groupe des Farfadaas s’est dissous à la suite de conflits internes. Et si quelques proches, dont des anciens du groupe, comme sa compagne Karol Tardif ou Mario Roy sont restés à ses côtés tout au long des procédures judiciaires, ses soutiens au tribunal sont bien moins nombreux que ceux pour d’autres leaders du mouvement de 2022.

Il a également été reconnu que depuis sa sortie d’incarcération en mars 2022, l’homme a respecté l’ensemble des conditions de sa libération, dont l’interdiction d’utiliser les médias sociaux.

«Pour l’instant, mon client m’affirme qu’il n’a plus l’intention de manifester. Quant aux réseaux sociaux, il a presque peur de toucher à son cellulaire, a souligné Me Nicholas St-Pierre. Ça faisait 30 ans que monsieur Charland était impliqué dans des mobilisations, et c’est la première fois qu’il fait face à une telle situation».

Lors de sa condamnation en décembre dernier, Steeve Charland avait été acquitté du deuxième chef d’accusation qui portait sur l’incitation au méfait.

Déterminé à ne pas remettre la peine dans cette affaire à la hâtive, le juge Robert Pelletier a reporté sa décision au 26 mai. Lors de cette audience, l’ex-porte-parole québécois connaîtra enfin son sort après de longues procédures.

Pour le moment, Steeve Charland et son avocat n’ont pas souhaité répondre aux questions des médias.

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Photos:

Titre: LD_Charland1 | Le leader de l'ancien groupe d'opposition aux mesures sanitaires, les Farfadaas, Steeve Charland, surnommé «L'Artiss». | (Simon Séguin-Bertrand/Le Droit)

Titre: LD_Charland2 | Avant sa venue à Ottawa pour participer aux mobilisations, Steeve Charland avait déjà été arrêté lors du blocage du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine de Montréal, orchestré par les Farfadaas en mars 2021. (Simon Séguin-Bertrand/Le Droit)

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  • Date de création 18 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 18 mars, 2025
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