Vers des pratiques plus humaines en élevage

Couper la queue d’une vache ou d’un porc, procéder à la castration, limer le bec des volailles, marquer le bétail au fer rouge, voilà autant de pratiques dont l’origine se perd dans la nuit des temps chez les éleveurs. Pourtant, si certaines d’entre elles visent le bien-être de l’animal, d’autres méritent d’être revues. C’est à cet exercice que se livre Normes biologiques canadiennes.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

À la base, qu’ils adhèrent ou non aux normes biologiques, on attend des éleveurs qu’ils respectent un cadre minimum en termes de traitement des animaux sans cruauté. Ainsi, ce n’est pas parce qu’une modification physique doit être apportée à une bête, qu’on ne peut pas éviter le plus possible douleur et inconfort.

Pratiques barbares ou nécessaires?

La Fédération biologique du Canada a distribué un sondage afin d'évaluer les pratiques en cours à travers le Canada et les 200 réponses reçues ont permis d’émettre des recommandations qu’elle estime concrètes, basées sur la littérature scientifique relative aux pratiques les plus humaines et les normes biologiques d'une douzaine d'autres pays/régions.

Une section particulièrement délicate des normes concerne les modifications physiques, telles que la castration, le traitement des becs et la coupe de la queue. On pourrait penser qu’en 2025, la technologie et nos connaissances médicales font en sorte que l'approche la plus humaine consisterait à interdire purement et simplement toutes ces modifications physiques. Mais dans certains cas, ces pratiques sont nécessaires.

À la base, les modifications physiques sont interdites. Toutefois, lorsque les modifications physiques peuvent améliorer le bien-être des animaux, la norme précise quelles justifications sont acceptables et comment la pratique peut être effectuée de la manière la plus humaine possible.

Désormais, pour toute modification physique autorisée, les éleveurs devront minimiser la douleur en fournissant des analgésiques (anti-inflammatoires) et/ou anesthésiques (engourdissement local).

Caudectomie

La caudectomie consiste à raccourcir la queue d’un animal, généralement un agneau ou un veau. « Elle peut réduire l'incidence de la mouche du coche, une condition horrible et potentiellement mortelle dans laquelle les asticots s'accumulent dans le fumier accumulé sur la queue de l'agneau et finissent par consommer la chair de l'agneau même », indique la Fédération.

La caudectomie est une pratique courante dans l'élevage conventionnel de porcs; cependant, n’est permise que « si un foyer de cannibalisme a été constaté et que le problème ne peut être résolu par d'autres méthodes ».

Chez les bovins, la caudectomie est autorisée seulement lorsqu'il faut administrer un traitement à des animaux blessés, par exemple en cas de fracture de la queue. Il arrive en effet qu’une vache puisse marcher sur la queue d’une autre vache, causant une blessure.

Castration

L’ablation des organes reproductifs chez le mâle permet d’éviter les accouplements non désirés, tels que l'accouplement de femelles trop jeunes et la consanguinité. Selon la Fédération, « elle réduit les comportements agressifs, tels que les combats jusqu'à l'épuisement entre mâles ou entre béliers poursuivant les brebis, ainsi qu'entre les animaux mâles et les personnes qui les manipulent. »

Comme pour d'autres modifications physiques, la castration nécessite un contrôle de la douleur. Les modifications proposées aux NBC fixent également des limites d'âge pour cette pratique. Les jeunes animaux se rétablissent plus rapidement que les animaux plus âgés.

Et chez les non-bio?

Les pratiques décrites ici concernent les éleveurs qui souscrivent à l’approche bio; mais qu’en est-il des éleveurs réguliers?

« La santé et le bien-être des bovins de boucherie constituent la priorité absolue de tous ceux qui participent à la production de bœuf canadien », explique Dre Leigh Rosengren, vétérinaire en chef à l’Association canadienne des éleveurs de bovins. « Des normes élevées en matière de bien-être animal sont impératives. Les codes de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins de boucherie du Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage (CNSAE) décrivent les exigences en matière de contrôle de la douleur lorsque des procédures douloureuses sont nécessaires. »

Dre Rosengren indique que les codes de pratiques du CNSAE s'appliquent à tous les producteurs du Canada. Les normes de la Fédération biologique du Canada s'appliquent spécifiquement aux producteurs qui ont choisi volontairement d'obtenir la certification de cet organisme.

Le Comité technique sur l’agriculture biologique analyse 47 recommandations soumises par les groupes de travail chargés d’évaluer les demandes de modifications soumises par l’industrie. L’équipe des travaux de révision prépare l’ébauche des normes biologiques canadiennes qui sera soumise à l’examen public en mars ou avril.

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Légende photo 1 : L'étiquetage des bovins est préférable au marquage traditionnel au fer rouge.

Légende photo 2 : Dre Rosengren affirme que des normes strictes sur le contrôle de la douleur s'appliquent à tous les éleveurs canadiens.

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 5 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 17 mars, 2025
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