La revitalisation du mi’kmaw, un travail communautaire

Grâce à un octroi de 7,1 millions de dollars, l’organisme Mi’kmaw Kina’matnewey sera en mesure de poursuivre ses efforts afin d'appuyer la revitalisation du mi’kmaw sur le territoire. 

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

C’est le fruit d’une collaboration entre les Mi'kmaq et les Anishinaabe et le ministère du Patrimoine canadien, avec lequel ils ont eu des négociations pour obtenir l’argent en question.

Mi'kmaw Kina'matnewey administre ce financement au nom de Patrimoine canadien pour les bénéficiaires de la Nouvelle-Écosse. Chaque année, l’organisme lance un appel à propositions. Le dernier a eu lieu en novembre.

«On est les décideurs quand ça vient à récompenser les bénéficiaires en fonction du succès de leur demande, et on le fait d'une manière très humble et créative qui nous donne le plus de valeur non seulement en termes de couts financiers, mais aussi en termes d'impact sur le projet», précise Blaire Gould, directrice générale de Mi'kmaw Kina'matnewey.

Aujourd’hui dans sa deuxième année, l’investissement, sur une période de cinq ans, touchera à 18 projets de la partie néoécossaise de Mi’kma’ki, qui comprend 13 communautés, dont Eskasoni avec 4 314 membres - et une population enregistrée de plus de 4 000 personnes - et Sipekne’katik avec 2 554, selon les données de l’Office des Affaires L’nu.

Quoique la communauté mi’kmaw la plus grandissante réside à Halifax, avec 5 877 membres.

Le conseil d’administration de Mi'kmaw Kina'matnewey veut avant tout enthousiasmer les jeunes et leur apporter le soutien dont ils ont besoin pour apprendre des langues et pour inciter d'autres personnes à apprendre des langues. Donc, une partie du financement va directement aux projets jeunesse, avec un appel deux fois par année précisément pour ce type d’opportunité.

Le volet jeunesse a vraiment décollé, et encore plus cette année. «On a mis un peu plus de côté en raison de l'intérêt croissant et on récompense les communautés et leurs étudiants pour mener ces projets. On récompense les communautés et leurs étudiants pour qu'ils mènent ces projets, qu'il s'agisse d'activités culturelles, d'activités linguistiques ou d'opportunités d'acquisition de la langue. On fait tout cela.»

Il y a aussi le soutien de Potlotek, le seul nid linguistique en Nouvelle-Écosse. «Il y a des histoires vraiment extraordinaires à partager là-bas, où se trouvent les jeunes bébés, dont la plupart ont moins de deux ans, et qui sont élevés par des grands-mères, des mères et leurs familles.»

+++Encadré+++

Un nid linguistique est une méthode immersive utilisée pour revitaliser les langues dans l'éducation des jeunes enfants. Ce concept a été introduit en Nouvelle-Zélande dans les années 1980, dans le cadre des efforts visant à faire revivre la langue Māori dans ce pays, où, en 2021, 7,9 % de la population se disait capable de parler la langue avec une certaine aisance.

Dans un tel contexte, les locuteurs compétents des générations plus anciennes s'engagent à enseigner aux enfants en transmettant la langue d'une génération à l'autre. Ces locuteurs expérimentés servent de guides et aident les enfants à utiliser la langue dans différents contextes.

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Ce fonds soutient également des programmes tels que «Mentor apprenti», une occasion d'apprentissage linguistique individuel pour adultes. Il finance également un autre projet semblable, mais pour l'apprentissage des langues, de jeune à jeune.

«On a des jeunes qui parlent la langue mi'kmaq et, bien sûr, on les utilise au maximum de leurs capacités sans entraver leur éducation et leurs horaires personnels, et nous leur donnons l'occasion d'enseigner à d'autres jeunes dans toute la province. C'est vraiment excitant», explique Mme Gould.

«Ce projet envisage également des activités de guérison, mais surtout, et je ne saurais trop insister sur ce point, il est axé sur la récupération des langues. L'acquisition des langues est donc la priorité numéro un de ce fonds», conclut-elle.

Selon le recensement de 2021, 5 930 personnes résidant en Nouvelle-Écosse ont déclaré qu’ils pouvaient parler une langue autochtone. La majorité résidaient au Cap-Breton, soit 3 475.

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  • Date de création 14 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 14 mars, 2025
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