La lutte revient en force à Franco-Cité

Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest

L'équipe de lutte de l’É.s.c. Franco-Cité connaît beaucoup de succès ces derniers temps, en grande partie grâce aux efforts des entraîneurs Mitch Deschatelets et Alex Aubin. Les deux ont relancé l'équipe après la pandémie, il y trois ans, et ils sont très satisfaits du chemin parcouru au cours de cette période.

Le vendredi 21 février, quatre des neuf athlètes qui ont participé à la compétition NOSSA (écoles secondaires du Nord de l'Ontario) à Elliot Lake sont revenus avec une médaille. Samuel Deschatelets, Kaleb Savage et Mica Bellemare, qui lutte pour l'É.s.c. Algonquin de North Bay mais s'entraîne avec l'équipe de Franco-Cité, ont tous obtenu une troisième place dans leur catégorie respective. Quant à Cameron Desroches, il a remporté la deuxième place à NOSSA, ce qui lui a donné la chance de participer au tournoi provincial OFSAA à Kitchener le mercredi 5 mars. Il s'est classé 17e parmi les 34 meilleurs lutteurs des écoles secondaires de tout l'Ontario, tout un exploit pour un athlète d’une petite école rurale.

«Je m'entraîne tous les jours, je vais à la salle de sport tous les jours, alors je suis heureux que cette année soit ma meilleure année. Je suis satisfait et heureux d'avoir rejoint l’équipe de lutte, car c'est un bon débouché, et j'ai rencontré beaucoup de bonnes personnes,» déclare l'élève de 12e année. Il s'entraîne depuis trois ans et constate une croissance qu'il a pu mesurer en compétition. «Je suis beaucoup plus fort, plus rapide et plus performant. Dans un match, je suis capable de mieux réagir et je sais quoi faire quand ils me frappent ou que je suis dans une position bizarre,» décrit-il.

Alors qu'il approche de la fin de ses études secondaires, Cameron espère trouver un moyen de continuer la lutte ailleurs. Il n'a pas encore choisi d'établissement postsecondaire ou de voie de carrière ( ), mais il veut continuer à pratiquer le sport qu'il aime. «Je ne suis pas encore tout à fait sûr, mais Mitch [Deschatelets] m'aide à trouver des solutions et des endroits où aller pour continuer,» dit-il.

Parmi les 12 lutteurs que MM. Deschatelets et Aubin entraînent actuellement, seuls deux seront diplômés cette année, ce qui signifie qu'il y a encore plus de progrès à l'horizon pour cette équipe rurale du Nord. «Mon propre fils, Samuel, est en 9e année, et j'en ai d'autres en 10e et 11e année, ils sont en train de gravir les échelons et finiront par atteindre le sommet,» assure M. Deschatelets. Selon l'entraîneur, c'est cette année qu'il a eu l'impression de voir l’équipe enfin bien établie et capable de laisser sa marque. Il travaille désormais à repousser les limites de ses athlètes pour que Franco-Cité redevienne une école reconnue à travers la province pour son programme de lutte.

Pour ce faire, il a organisé plus de tournois qu'auparavant, afin de leur donner une expérience compétitive, et il les a également fait participer à des ateliers avec des entraîneurs de Sudbury. Comme il le souligne, ces ateliers sont une bonne occasion de s'entraîner contre des adversaires différents et d'apprendre à s'adapter. Les jeunes ont même eu la chance de s’entraîner auprès de Mitch Gagnon, originaire de Sturgeon Falls, un ancien combattant de la ligue internationale MMA, qui leur a montré quelques techniques. Selon M. Deschatelets, l'accélération du rythme des entraînements et des compétitions donne de bons résultats et il compte bien continuer sur cette lancée.

«Maintenant que l'équipe est assez forte, j'ai l'intention de continuer à pousser. Certains auront l’occasion de faire quatre années de lutte au niveau secondaire, donc l'équipe aura de plus en plus de potentiel. Ceux qui sont en 9e année ont encore trois ans pour continuer à se développer,» souligne l’entraîneur, ajoutant que les lutteurs expérimentés aident aussi les nouveaux à apprendre plus vite.

Les progrès ne passent pas inaperçus. Franco-Cité a déjà connu une ère de gloire dans le domaine de la lutte, et elle commence à regagner cette réputation. «C'est ce qui se passe cette année. Les deux premières années, nous essayions de bâtir une équipe, mais cette année, nous avons cette équipe, et nous nous sommes taillé une place, et maintenant la lutte gagne en popularité au sein de l’école,» décrit M. Deschatelets.

Trois ans, ce n'est pas si long pour établir des bases aussi solides. Cependant, ce n'est pas très surprenant si l'on considère le dévouement et l'expérience d'entraîneurs comme MM. Deschatelets et Aubin. Pour Mitch Deschatelets, la lutte est une tradition familiale. «J'ai commencé quand j'étais en 6e année. Mon père nous a emmenés, deux de mes frères et moi, à un tournoi à Sudbury. Je n'avais jamais vraiment lutté; nous nous battions un peu à la maison. Nous ne le savions pas à l'époque, ou peut-être qu'il en a eu l'idée une fois sur place, mais notre père nous a inscrits à ce tournoi. Ainsi, sans avoir lutté auparavant, j'ai participé à un ou deux matchs,» se souvient-il.

Son oncle Richard Deschatelets, médaillé en lutte aux Jeux olympiques d'été de 1976, était peut-être une inspiration, car le jeune de 6e année a fait preuve d’un talent inné pour ce sport. «J'ai eu de la chance et j'ai gagné l'or aux deux tournois,» raconte-t-il en riant. Cependant, il admet qu'il avait l’avantage d’être plus grand et plus fort que les autres enfants de son âge, mais «avec le temps, cela s'est arrangé,» si bien qu'il a finalement dû apprendre la technique. «En sixième, on peut s'en sortir, mais au secondaire, il faut plus que de la force,» explique-t-il. Il a fini par apprendre cette technique auprès de son père, qui était son entraîneur à Franco-Cité – un rôle qu'il est aujourd'hui fier d’assumer à son tour pour son propre fils. «C'est devenu une tradition,» dit-il.

Or, il a déjà contribué longuement au succès de la lutte à Franco-Cité, au départ comme élève qui s’est illustré sur la scène provinciale, puis ensuite comme entraîneur pendant 13 ans. Il a pris une pause pour se consacrer à son travail, la ferme familiale Leisure Farms, et à sa famille pendant un certain temps, avant le retour post-COVID il y a trois ans.

C'est au cours de ces premières années d'entraînement que son co-entraîneur actuel, Alex Aubin, a fait ses premiers pas sur le tapis. «J'ai lutté pendant trois ans à Franco-Cité lorsque j'étais à l'école secondaire, avec Mitch comme entraîneur. Par la suite, j'ai lutté trois ans à l'Université Laurentienne grâce à cette formation. Il y a seulement deux ans, j'ai vu un article sur l'équipe de lutte de Franco-Cité et le retour de Mitch comme entraîneur, et j'y ai vu une occasion non seulement de mettre mes compétences d'entraîneur à l'épreuve, mais aussi de redonner à la communauté et à l'entraîneur qui a aidé à changer ma vie à l'époque de l'école secondaire. Je veux que les enfants qui viennent à l'entraînement vivent la même expérience, et je vois les changements d'attitude positifs chez nos lutteurs. Ils semblent tout simplement plus heureux,» raconte M. Aubin.

M. Aubin travaille actuellement à l'École secondaire catholique Algonquin, à North Bay, mais vit à Sturgeon Falls. Cette année, deux de ses propres élèves de North Bay ont commencé à se joindre à lui pour le voyage et l'entraînement. Il est rare qu’une petite école rurale puisse bénéficier d’entraîneurs de ce calibre, ce qui fait l’envie d’écoles même dans les plus grands centres comme North Bay.

Le duo d'entraîneurs peut aussi compter sur un entraineur-adjoint, Stéphane Bellemare, un autre ancien élève de Mitch Deschatelets, qui travaille maintenant pour la Police provinciale de l'Ontario. Les deux entraîneurs ont des atouts uniques et se complètent. «Il est meilleur pour exécuter le portage du pompier,» dit M. Deschatelets sur son ancien élève. Il mentionne aussi que M. Aubin est plus jeune et qu’il a moins de blessures que lui. «Je ne suis pas encore trop mal en point, mais je dirais que ça aide,» admet-il en riant. Pour M. Aubin, c'est l'expérience et le sens de l'organisation de l'entraîneur en chef qu'il apprécie le plus. «Il a l'habitude, il sait même quels hôtels réserver, quelles routes prendre,» décrit-il.

Lorsqu'ils font le bilan des trois dernières années, tous deux sont fiers de leur équipe et convaincus de son grand potentiel. «Ces athlètes, même s'il s'agit d'un sport individuel, forment une grande famille. Ce n'est pas un sport d'équipe, mais ils ont développé un niveau de camaraderie qu'il est impossible de trouver ailleurs. Je suis très fier de leur complicité. Même s'ils concourent seuls, ils sont toujours là les uns pour les autres, s'encouragent et s'entraînent ensemble,» se félicite M. Aubin.

Il est également fier de voir les jeunes athlètes persévérer et toujours revenir s'entraîner quels que soient les résultats de leur dernière compétition. C'est cette persévérance qui les a amenés à l'OFSAA pour la première fois depuis la reprise de l'équipe. Il ajoute que les résultats étaient aussi très serrés à NOSSA pour plusieurs lutteurs locaux. "Il s'en est fallu de peu pour que plus d'une personne se qualifie. Quatre de nos jeunes étaient très proches d'aller à l'OFSAA,» s'enorgueillit M. Aubin.

«Je suis très heureux, je vois que nous sommes bien établis maintenant, et je m'attends à ce que nous puissions bientôt gagner en tant que meilleure équipe de la NOSSA, comme nous le faisions à mon époque,» prédit Mitch Deschatelets, convaincu qu’une petite école du Nord a toute autant de chance de s’illustrer que les plus grandes.

 

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Photo :

L'équipe de lutte de Franco-Cité est en train de redevenir une force dans le sport. On voit (de gauche à droite, rangée arrière) l'entraîneur Mitch Deschatelets, l'entraîneur Alex Aubin, Pascal Giguère, Samuel Deschatelets, Mica Bellemare, Saphira Allaire, l'entraîneur Stéphane Bellemare, (rangée avant) Kaleb Savage, Tori Labine, Cameron Desroches et Éli Deschatelets à la compétition de lutte NOSSA qui s'est tenue à Elliot Lake le vendredi 21 février. Absent : Mallory Courtemanche.

Crédit photo : Courtoisie

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  • Date de création 12 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 12 mars, 2025
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