Monique Smith : Inspirer, former, transformer
Une femme engagée qui aide la jeunesse nordique à se dépasser.
Cristiano Pereira
IJL – Réseau. Presse – L’Aquilon

Monique Smith à Ulukhaktok, où elle entraine de jeunes athlètes et transmet sa passion pour la lutte et le mentorat. (photo courtoisie)
Avec une formation en santé mentale et une passion profonde pour l’autonomisation des jeunes, Mme Smith a consacré sa carrière aux régions les plus isolées du Canada. Basée à Calgary, elle se rend régulièrement dans les communautés de Gamètì et Wekweètì, dans la région Tłɨchǝ des Territoires du Nord-Ouest, où elle travaille comme conseillère scolaire. Ancienne lutteuse de niveau universitaire, elle est aussi l’initiatrice des programmes de lutte dans le Nord.
Son parcours auprès des jeunes autochtones a débuté en 2018, presque par hasard.
Mais après avoir découvert l’opportunité de travailler dans le Nord, elle a su qu’elle devait tenter l’expérience.
« En tant que personne du Sud, j’ai beaucoup appris en cours de route. C’était complètement nouveau pour moi de passer d’une vie dans le Sud à consacrer la moitié de mon temps au Nord, à raison de deux semaines par mois durant l’année scolaire ».
Monique Smith voit dans la lutte bien plus qu’un sport : pour elle, c’est un outil puissant pour améliorer la santé mentale et renforcer la résilience.
À travers ce sport, elle enseigne aux jeunes l’importance d’accepter l’inconfort.
« Je dis souvent à mes athlètes qu’il faut apprendre à être confortablement inconfortable et le but est d’apprendre à gérer l’inconfort en toute sécurité, car c’est ainsi que l’on grandit ».

Monique Smith aux côtés de deux athlètes de Team NT, fièrement rassemblés sous leur drapeau lors des Arctic Winter Games 2023 à Fort McMurray. (photo courtoisie)
Au-delà des aspects physiques, Mme Smith met aussi en avant les bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale, notamment pour les jeunes ayant vécu des traumatismes.
La lutte étant peu connue dans ces régions, les jeunes peuvent être réticents au départ, surtout en raison du contact physique qu’elle implique.
« Au début, ils se demandent ce que ça signifie de toucher quelqu’un d’autre. C’est un sport de contact, et cela peut paraitre étrange pour certains. S’ils ne sont pas habitués à se chamailler avec leurs frères et sœurs, ils doivent s’adapter à cette idée. Mais ensuite, ils se rendent compte que c’est amusant, et ils se lancent ».
L’une de ses plus grandes préoccupations est la pérennité des programmes qu’elle met en place.
« Ma passion, c’est de former des entraineurs autochtones qui, à leur tour, pourront former d’autres entraineurs autochtones », explique-t-elle.
« Traditionnellement, la durabilité n’a pas toujours été assurée dans le Nord. Quelqu’un du Sud arrive, monte un programme, puis repart, et tout s’arrête ».
Ses efforts pour développer le leadeurship dans le Nord ne s’arrêtent pas à la lutte. Elle a récemment soumis une demande de subvention pour un programme de mentorat et d’accompagnement par les pairs, afin de créer des opportunités durables pour les jeunes.
« L’idée, c’est que nous sommes tous des leadeurs, dit-elle. Un entraineur peut en former un autre. Un athlète peut à son tour accompagner un autre athlète. Mais la vraie question est de savoir comment donner aux gens les moyens de s’autonomiser par le mentorat ».
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- Date de création 7 mars, 2025
- Dernière mise à jour 7 mars, 2025