Ça bouge du côté du logement abordable

Le 20 février dernier, les résultats du plus récent décompte de l’itinérance à Whitehorse étaient rendus publics. L’après-midi même, le ministre canadien du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, Nathaniel Erskine-Smith, annonçait le plus grand investissement en logement abordable dans l’histoire du Yukon.

Selon Statistique Canada, Whitehorse arrive en cinquième position des villes canadiennes ayant le taux de croissance le plus rapide. Cette forte poussée engendre son lot de défis, dont des problèmes d’accès au logement.

Les plus récentes données (2016-2021) indiquent que le taux de croissance de la ville de Whitehorse (12,4 %) est plus du double de celui de la population canadienne (5,2 %).

Plusieurs facteurs contribuent à ce que cette forte croissance accentue une situation déjà difficile au niveau du logement, dont la faible disponibilité de logements abordables. En effet, la capitale fait face à une disponibilité limitée de lots bâtissables et à des conditions peu favorables à l’investissement privé en construction, en raison de projections de revenus limitées, par exemple. Parmi les problèmes qui en découlent, l’itinérance est l’un des plus graves.

Douleurs de croissance

Le Comité consultatif communautaire (CCC) du projet Vers un chez-soi publiait le 20 février dernier les résultats du plus récent décompte des personnes en situation d’itinérance à Whitehorse.

Le relevé, effectué dans la nuit du 22 au 23 octobre 2024, révélait qu’au moins 145 personnes étaient dans cette situation ce soir-là. Selon l’organisme, ce nombre pourrait être sous-évalué étant donné la nature récurrente de ce genre d’exercice ainsi que la période de l’année à laquelle le dernier relevé a été effectué.

Il est en effet généralement reconnu que le sans-abrisme à Whitehorse est plus élevé en été qu’à toute autre période de l’année. Il s’agissait de la cinquième itération annuelle de ce décompte.

De tous les facteurs contribuant à l’itinérance, l’insuffisance du revenu par rapport au prix du logement arrive loin devant. Et ce, même si 14 % des personnes relevées révélaient qu’elles avaient un emploi.

Pour Kate Mechan de Safe at Home, organisme membre du Comité consultatif, cette donnée révèle tout de même une résilience remarquable. En même temps, elle déplore que leurs revenus ne suffisent pas à les soutenir dans leur désir légitime d’avoir un toit. Parmi les autres causes de l’itinérance, les répondant·e·s ont aussi identifié la violence conjugale.

Une contribution bien accueillie

Dans l’après-midi même du 20 février, le ministre fédéral du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, Nathaniel Erskine-Smith, annonçait un investissement de 37 millions de dollars en logement abordable pour le projet Winter Crossing dans Whistle Bend.

M. Erskine-Smith était accompagné du député fédéral Brendan Hanley, du premier ministre et ministre responsable de la Société d’habitation du Yukon, Ranj Pillai, du maire de Whitehorse, Kirk Cameron, et de Ben Asquith et Tiffany Eckert-Maret, respectivement directeur général et directrice des opérations à la Société de développement Da Daghay (DDDC). Tous sont partenaires et contributeurs à ce projet dans lequel 33,1 millions de dollars proviendront du Fonds pour le logement abordable du gouvernement du Canada, dont 25,2 millions de dollars sous forme de prêt.

Ce projet permettra l’ajout de 105 unités de logement dans le marché des habitations à loyer modique d’ici la fin 2026. Selon la présentation, cet investissement est le plus gros fait en matière de logement abordable dans l’histoire du Yukon.

Les logements seront gérés par la Société de développement Da Daghay, propriété du Conseil des Ta’an Kwäch’än et l’un des deux plus grands propriétaires fonciers privés à Whitehorse.

Pas une panacée

Selon Mme Mechan, « à elle seule, l’augmentation de l’offre de logement locatif dans le marché privé ne saurait régler la situation ». Pour l’organisme qu’elle représente, il faut aussi renforcer les soutiens aux revenus et à la location afin de s’assurer que le logement demeure accessible pour les Yukonnais·e·s à faible revenu.

Le plan actuel de Safe at Home Pour en finir avec l’itinérance date de 2017. Il sera mis à jour dans les prochains mois pour inclure des cibles précises, des échéanciers et des mécanismes de reddition de compte. Le décompte effectué en octobre aidera à mieux définir ceux-ci.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

Vers un chez-soi

L’exercice de décompte financé par le gouvernement fédéral vise, entre autres, à brosser un portrait démographique de l’itinérance à Whitehorse, par exemple en ce qui a trait à l’appartenance à une communauté de langue officielle en situation minoritaire.

Malheureusement, aucune information n’ayant été colligée à ce sujet, il est impossible de ventiler les données en fonction de cet aspect ou de connaître les besoins particuliers de cette tranche de la population itinérante.

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  • Date de création 6 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 6 mars, 2025
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