Bureau du vérificateur général: le gouvernement Houston n’ira pas de l’avant
À la suite d’une dénonciation publique la semaine dernière par la vérificatrice générale concernant l’indépendance de son travail, le gouvernement progressiste-conservateur a annoncé qu’il renonce à poursuivre son plan.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
C’est lundi que le premier ministre Tim Houston a dit qu’il fera marche arrière. Initialement, son gouvernement proposait des changements législatifs dans le cadre d’un projet de loi qui, avec la supermajorité des progressistes-conservateurs, lui aurait donné le pouvoir de mettre à la porte la vérificatrice générale.
Rappelons que la dernière élection générale de la Nouvelle-Écosse a mené à une victoire écrasante pour les progressistes-conservateurs, soit 43 des 55 sièges à l’Assemblée législative.
Le gouvernement Houston voulait aussi pouvoir intervenir et interrompre la publication des rapports présentant les comptes publics, dans le cas où, au dire de la vérificatrice générale actuelle, Kim Adair, un rapport ne plairait pas au gouvernement.
Mme Adair affirme n’avoir pas été informée des propositions de modifications législatives du gouvernement Houston, d’où les évènements de la semaine dernière.
Lors d’un point de presse, le 20 février, Mme Adair a signalé ce qu’elle percevait comme une atteinte à l’intégrité de son bureau. Elle a «respectueusement» demandé au gouvernement Houston de ne pas aller de l’avant avec son projet de réorganisation, qui aurait été possible par l’entremise d’une modification de la Loi sur l’auditeur général.
Selon elle, cette décision aurait eu une influence significative sur son travail, mais aussi sur celui des prochaines personnes qui occuperont son poste. «Les nombreux droits de véto pourraient entrainer une diminution du nombre de rapports publics», a-t-elle averti le public.
À la défense de son parti, John Lohr, ministre des Finances et député de Kings North, a communiqué à l’écrit que le gouvernement respecte «l’impact du travail de la vérificatrice générale».
«Il est faux de prétendre que ces amendements ont une incidence sur l'indépendance et l'intégrité de la vérificatrice générale, soutient le député, et cela jette le doute sur l'indépendance et l'intégrité des vérificateurs généraux qui travaillent efficacement dans d'autres juridictions», nommant comme exemple l’Alberta et le Manitoba.
Dans un même temps, il a affirmé que le gouvernement s’est inspiré des changements législatifs des provinces mentionnées, où un licenciement de la vérificatrice générale ou du vérificateur général est permis, sans motif, avec le soutien de deux tiers des membres de l’Assemblée.
Dans le passé, en Nouvelle-Écosse, les auditeurs généraux ont joué un rôle important dans la mise en évidence de plusieurs problèmes, notamment ceux touchant les services d’ambulance, la violence dans les écoles et les dépenses inappropriées de certains députés provinciaux, allant jusqu’à entrainer des condamnations criminelles.
Des centaines de recommandations, note-t-on, qui ont été suivies par des actions concrètes. «Il est possible qu'en vertu des modifications proposées, tout ou une partie de ces audits n'aient pas été rendus publics», a fait remarquer Mme Adair.
Selon Claudia Chender, cheffe de l'opposition, les changements en question auraient menacé la transparence du gouvernement provincial. «Les Néoécossais devraient être très inquiets à l'idée de savoir ce que fait leur gouvernement, quelles décisions il prend, quelles sont ses priorités et, surtout, comment il dépense leur argent», a-t-elle annoncé.
Le projet de loi fait l'objet d'un débat public cette semaine à Halifax.
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- Date de création 25 février, 2025
- Dernière mise à jour 25 février, 2025