Un forum économique pour les jeune entrepreneurs noirs
Ce samedi, l’AJFAS en sera à la 6e édition de son Forum économique des jeunes entrepreneurs noirs sous le signe d’une interrogation pertinente : «Que faire pour mieux répondre aux besoins économiques de la communauté noire ?»
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André Magny
IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO
Selon le directeur de projets Robert Suraki Watum, la communauté noire francophone en Alberta regorge de talents et d’initiatives, mais plusieurs défis demeurent. «Nous avions essayé de répertorier les entrepreneurs noirs francophones il y a quelques années. Nous étions une cinquantaine, mais ce chiffre ne reflète pas la réalité, car beaucoup d’entrepreneurs évoluent dans l’informel.»
Plusieurs de ces entrepreneurs sont notamment couturières, garagistes, restaurateurs ou coiffeurs. L’accès au financement et la visibilité restent des obstacles majeurs, selon le directeur de projets. «Le financement existe, mais la question est : comment mieux l’utiliser ? Il faut aussi innover, promouvoir nos entreprises et utiliser les nouvelles technologies pour se développer», poursuit M. Suraki Watum. C’est un peu pour cela qu’existe le Forum économique des jeunes entrepreneurs noirs de l’AJFAS, soutenu d’ailleurs par Parallèle Alberta.
Un forum pour structurer et renforcer l’entrepreneuriat
Une des solutions qui sera mise de l’avant lors du Forum sera de sensibiliser les gens à la création de réseaux solides entre entrepreneurs. «Il y a beaucoup de potentiel, selon M. Suraki, mais les gens ne savent pas toujours comment s’entraider. Si quelqu’un organise un événement, pourquoi ne pas faire appel à un photographe de la communauté ? Ou à un traiteur ? Il faut encourager ces collaborations.»
Lors de la rencontre qui aura lieu à la Jerusalem City Church, dans l’après-midi du 22 février, les participants auront la chance de discuter par petits groupes de leurs préoccupations d’entrepreneurs, qu’ils soient travailleurs autonomes ou dirigeants d’une petite et moyenne entreprise (PME). Des témoignages inspirants et des ateliers en sous-groupes permettront aux personnes présentes d’échanger leurs idées et de bâtir des stratégies concrètes.
L’événement se conclura par une plénière où les idées principales seront partagées. «Ce que nous voulons, c’est que chacun reparte avec des pistes d’action claires et applicables dans son domaine», précise M. Suraki.
Des conférences adaptées
Au cours du Forum, il y aura également quelques conférences dont celles d’Étienne Alary, le directeur de Parallèle Alberta, et de Jean-Jacques Moke, directeur des opérations de la société Simplinology d’Edmonton, spécialisée dans les solutions informatiques dont la cybersécurité.
Pour l’informaticien, qui a cocréé son entreprise il y a deux ans, il est important d’expliquer aux entrepreneurs les outils qui peuvent leur permettre d’optimiser leur gestion et de sécuriser leurs données. L’intelligence artificielle (IA) et l’infonuagique (cloud computing) figureront parmi les thèmes de son intervention. Son message est clair : les entreprises doivent anticiper et s’adapter aux évolutions technologiques, peu importe la grandeur de celles-ci, y compris de savoir bien utiliser la fameuse IA.
Dans un autre ordre d’idée, l’homme d’affaires se réjouit de constater que l’entrepreneuriat noir est de plus en plus dynamique. Il a constaté une évolution notable depuis son arrivée en Alberta il y a plus de 10 ans.
Selon lui, la Covid a vraiment changé la tendance en Alberta : «Beaucoup de gens se sont lancés, juste parce qu’ils ont vu comment l’économie pouvait fondre en deux secondes.» Cette prise de conscience a poussé de nombreux entrepreneurs noirs à investir dans leurs propres projets, une évolution qu’il salue avec enthousiasme.
La situation conflictuelle entre le Canada et les États-Unis pourrait aussi être source de motivation. «Les Américains ont le sens du risque, ce qui n’était pas le cas ici au Canada. Je pense que c’est le moment que les Canadiens fassent de même», de conclure Jean-Jacques Moke.
L’entrepreneuriat récompensé
Le Forum économique de l’AJFAS soulignera également le travail d’Avinash Soochit. Avec l’aide de sa famille dont sa maman, il a créé le café Bel-Air à Edmonton en 2021.
Outre son témoignage de fondateur d’entreprise, le restaurateur d’origine mauricienne s’attardera au Forum sur le fait que son café est bien plus qu’un café, mais qu’il est aussi le lieu de rencontre entre la culture de l’Île Maurice et de la langue française. «L’île Maurice a été influencée par plusieurs cultures : française, britannique, hollandaise, portugaise, indienne et africaine. On retrouve cette diversité dans nos plats», explique Avinash Soochit.
L’AJFAS lui remettra le Prix d’excellence en entrepreneuriat 2024. Pour Avinash Soochit, cette reconnaissance est une grande fierté. «Je suis vraiment honoré de recevoir ce prix. C’est une belle reconnaissance du travail accompli et du rôle que notre café joue dans la communauté», affirme-t-il. Touché et humble, il poursuit sur sa lancée : «Quand je suis arrivé au Canada en 2005, j’ai commencé à faire du bénévolat à l’AJFAS. Au fil des années, j’ai agi comme modèle pour les jeunes francophones. C’est peut-être la raison de cette récompense.»
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 21 février, 2025
- Dernière mise à jour 21 février, 2025