La présence controversée de Doug Ford à Washington

Il fait campagne à titre de chef du Parti progressiste-conservateur, mais Doug Ford est à Washington en sa qualité de premier ministre de l’Ontario. Ses adversaires politiques, qui ont continué de faire campagne mardi, ont vivement critiqué ce voyage.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Doug Ford a entamé mardi un voyage de deux jours à Washington DC, pour participer à des réunions en sa qualité de premier ministre ontarien, mais aussi comme président du Conseil de la fédération, qui rassemble les 13 premiers ministres provinciaux et territoriaux du Canada.

L’objectif: discuter avec les législateurs américains pour tenter de convaincre le président Donald Trump de laisser tomber les tarifs douaniers imposés sur les produits canadiens.

Les chefs des autres principaux partis politiques de la province ont vivement critiqué ce séjour, disant que le premier ministre sortant ne respecte pas la convention de transition.

Invoquée lorsque l’Assemblée législative de l’Ontario est dissoute pour assurer la continuité du gouvernement, cette convention stipule qu’un premier ministre sortant et les membres de son cabinet devraient éviter les événements qui pourraient donner l’impression d’avantager politiquement leur campagne pendant les élections.

«Je pense qu’il joue avec les règles», a soutenu la cheffe libérale Bonnie Crombie.

«Il n’est pas là à Washington pour protéger nos emplois, car le seul emploi qu’il veut protéger est le sien », a-t-elle réitéré.

Le député sortant et candidat dans Ottawa-Sud, John Fraser, a écrit des plaintes auprès des organismes de surveillance de la province, disant que le voyage de Doug Ford dans la capitale américaine pourrait «nuire à la confiance dans nos institutions publiques et violer un principe fondamental de notre démocratie».

La cheffe néo-démocrate Marit Stiles a répété, depuis le début de la campagne électorale, que «Doug Ford a quitté son poste de premier ministre lorsqu’il a déclenché ces élections».

Le chef progressiste-conservateur a assuré que ce serait son parti qui paierait les frais de ce voyage à Washington.

«Le peuple canadien nous veut ici, pas seulement les Ontariens, les Canadiens. Ils veulent que tous les représentants, tous leurs premiers ministres soient ici», s’est défendu Doug Ford.

Le jour de scrutin, qui coûtera 189 millions de dollars aux contribuables, aura lieu le 27 février.

L’âge d’or de l’Amérique

«L’âge d’or de l’Amérique commence», avait déclaré Donald Trump lors de son investiture, le 20 janvier dernier.

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce des États-Unis, mardi, Doug Ford a déclaré qu’il souhaitait travailler avec le président Donald Trump et l’aider à concrétiser sa vision d’un «nouvel âge d’or».

Or, les tarifs douaniers sont «totalement inutiles», a-t-il soutenu.

«Une grande partie du monde rit de tout cela. Et je vais vous dire qui rit, c’est la Chine», a noté Doug Ford, qui a annoncé lundi que s’il est réélu, il interdirait les investissements chinois dans les projets d’infrastructure du gouvernement ontarien.

Le message de Doug Ford à Washington ne reflète pas les souhaits des Ontariens, selon Marit Stiles.

«Je pense que les Ontariens ont raison de ne pas lui faire confiance et d’être cyniques à propos de son voyage aux États-Unis», a-t-elle soutenu, rappelant que Doug Ford s’est précédemment dit «100 % heureux» que Donald Trump ait été réélu à la présidence des États-Unis, le 5 novembre dernier.

La campagne continue

Les chefs des autres principaux partis ont quant à eux continué de faire campagne en Ontario, mardi.

La néo-démocrate Marit Stiles a dévoilé un plan pour le sud-ouest de l’Ontario, avec des exemples de la façon dont la région bénéficierait de diverses promesses déjà dévoilées par son parti.

Cela comprend un rabais sur les produits d’épicerie en fonction du revenu et de la taille de la famille, ainsi que l’embauche de plus d’infirmières.

Elle a aussi affirmé que son parti prévoit imposer un contrôle des loyers.

Bonnie Crombie a promis que les libéraux seraient un gouvernement qui en «donnerait plus» aux jeunes, notamment avec des crédits d’impôt qui créeraient 40 000 stages d’apprentissage, entre autres.

Son parti éliminerait les intérêts sur les prêts étudiants et augmenterait le seuil de remboursement à 50 000 $.

Comme le NPD, le Parti libéral de l’Ontario promet le maintien du gel des frais de scolarité pour l’éducation postsecondaire instauré par les conservateurs.

Bonnie Crombie promet aussi une limite de 10 % sur les inscriptions internationales dans les collèges et universités de l’Ontario et s’engage à mettre fin à la dépendance du secteur postsecondaire de la province sur les étudiants étrangers.

Elle n’a toutefois pas précisé comment elle s’y prendrait, si elle est élue comme première ministre.

Le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, prévoit lancer sa plateforme complète, mercredi.

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Photos:

  • Doug Ford a entamé mardi un voyage de deux jours à Washington DC, pour participer à des réunions en sa qualité de premier ministre ontarien, mais aussi comme président du Conseil de la fédération. (Patrick Woodbury/Archives Le Droit)
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  • Date de création 12 février, 2025
  • Dernière mise à jour 12 février, 2025
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