Les différentes façons de protéger la flore
Pour conserver les habitats naturels de la Nouvelle-Écosse, il existe différents outils. Le gouvernement fédéral peut intervenir, mais il y a d’autres partenaires, dont Nova Scotia Nature Trust, qui sont en mesure de faire un travail semblable.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Le Courrier a récemment interviewé Jaimee Morozoff, directrice de la conservation de Nova Scotia Nature Trust, pour discuter, d’une part, des aires fédérales protégées et, d’autre part, du travail de conservation de cette fiducie pour l’environnement.
JP: Du point de vue de Nature Trust, quel est l'avantage d'une réserve ou d'une zone de conservation désignée, au lieu d’une collaboration avec les propriétaires et les gestionnaires des terres?
J: Je pense qu'avoir différents types de zones protégées qui sont tous, vous savez, pris en compte et pris en considération, lorsque tu planifies et que tu regardes au travail, est très utile. Avec ce processus, il existe une protection renforcée au moyen de la réserve nationale de faune pour les oiseaux nicheurs et d'autres choses de ce genre, qui est en quelque sorte légiférée et applicable, que le gouvernement provincial ou fédéral a dans le cadre de son programme.
Il y a aussi beaucoup d'avantages à avoir des fiducies foncières privées, des organisations comme Nova Scotia Nature Trust, où on est beaucoup plus rapides que les gouvernements, provincial et fédéral. On est donc en mesure d'être très opportunistes. Si une incroyable opportunité de conservation se présente, on peut souvent faciliter la protection de ces terres.
Certains propriétaires fonciers, ils ne veulent tout simplement pas travailler avec le gouvernement. Ils le considèrent comme la plus grande entité, alors qu’on est une fiducie foncière petite, locale. On se concentre sur la Nouvelle-Écosse, et c'est là qu’on travaille.
JP: Avec l'élévation du niveau de la mer, Nature Trust a-t-elle déjà observé des espèces migrer d'une ile à l'autre?
J: Je ne pense pas qu’on l’a remarqué spécifiquement sur les iles sur lesquelles on travaille pour l'instant, mais c'est quelque chose qu’on prend en compte lorsqu’on travaille sur nos plans de gestion ou d'intendance, pour savoir comment on va gérer les terres qu’on a, mais c'est aussi quelque chose qu’on considère, en termes de nouvelles opportunités. On examine le potentiel d'élévation du niveau de la mer. Est-ce que cette ile sera sous l'eau dans 50 ou 100 ans? [...] Mais est-ce que c’est suffisamment important en ce moment, en tant que tremplin méritant d'être protégé, afin qu’on puisse s’assurer que ces populations persistent?
Si l'on prévoit que cette ile sera en grande partie submergée, où ces espèces pourraient-elles se déplacer? Est-ce que c’est une ile où il n'y a peut-être pas d'espèce XYZ actuellement, mais où il pourrait y en avoir dans 50 ans parce qu'elle possède ces attributs qui pourraient avoir un impact ou devenir un meilleur habitat? Donc c’est sans aucun doute quelque chose qu’on prend activement en considération, en examinant ces zones clés.
On a effectué un travail de priorisation des iles en collaboration avec [...] Conservation de la nature Canada, la province et certains des autres partenaires afin d'examiner quelle est la priorisation de cette ile, mais aussi de continuer à y réfléchir en ce qui concerne l'impact futur sur cette ile.
JP: Quelle est la différence, en termes d'avantages, entre un accord de conservation et une acquisition de terres?
J: Oui, ils sont, tous les deux, des outils différents pour atteindre les objectifs de conservation. Donc, la servitude de conservation, c’est lorsqu'il y a une liste de restrictions enregistrée sur le titre. On peut y lire des choses telles que «tu ne peux pas subdiviser la propriété», «tu ne peux pas abattre tous les arbres», donc des choses qui auraient un impact négatif sur l'objectif de biodiversité qu’on essaie de protéger.
La différence, c'est que Nature Trust est en quelque sorte un partenaire de ces terres. On travaille avec les propriétaires fonciers, on surveille pour s’assurer que rien n'a changé, mais le propriétaire foncier reste propriétaire des terres et continue à les utiliser à des fins conformes aux restrictions de la servitude.
Une terre protégée par une fiducie foncière comme le Nova Scotia Nature Trust, c’est là où on est les propriétaires de la terre et on s’efforce d’en prendre soin. C'est donc là qu’on a le dernier mot [...] s'il faut prendre certaines mesures pour protéger les objectifs de biodiversité, les maintenir ou simplement avoir la possibilité d'aller voir ce qu'il y a sur place et de travailler avec la communauté.
Donc ils sont, tous les deux, des outils qui peuvent être très efficaces et qui, une fois encore, dépendent de la situation. S’il y a un propriétaire foncier qui a aimé cette terre depuis longtemps, mais qu'il souhaite vraiment que ses enfants y aient accès, c’est là qu’une servitude de conservation peut être un meilleur outil, car son intention est toujours de protéger la terre, mais il veut s'assurer que ça ira à la génération suivante.
JP: Quel type de travail est effectué sur les terres une fois qu'elles ont été acquises?
J: Cela dépend des terres qu’on protège. Si c’est une terre inculte difficile d'accès, située dans une forêt primaire, où rien ne s'est produit là depuis 50 ans et où rien ne risque de se produire, c’est plutôt de faire des évaluations biologiques, d’aller voir s'il y a des espèces qui menacent les lichens ou les oiseaux, et de juste vérifier (check in) pour s’assurer que la nature «fait son travail» (doing its thing).
En Nouvelle-Écosse, les gens sont là depuis des centaines d'années. Il est très rare de trouver des terres qui sont comme ça. Dans certains cas, on sort et on travaille avec notre équipe. Notre équipe d'intendance, une équipe qui gère l'entretien des terres, et qui travaille également avec un incroyable réseau de gardiens de propriété, qui sont des bénévoles qui vont sur le terrain et vérifient les terres pour nous. [...] Donc, c’est un peu de sortir et de s'assurer qu'il n'y a pas d'impact humain sur les terres et qu'elles sont toujours protégées.
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- Date de création 11 février, 2025
- Dernière mise à jour 7 février, 2025