Le Regroupement des gens d’affaires francophones prédit «une spirale de conséquences économiques grave»
Le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA) sonne l’alarme sur les conséquences des tarifs annoncés par le gouvernement américain de Donald Trump.
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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit
L’organisme francophone, qui regroupe près de 500 gens d’affaires dans l’est de l’Ontario et la région de la capitale nationale, déplore l’imposition de droits de douanes de 25 % sur les exportations canadiennes aux États-Unis, tarifs qui entreraient maintenant en vigueur dans un mois, selon ce qui a été annoncé lundi, après un début de février sous tension.
En contre-attaque, le Canada a décidé à son tour d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur 155 milliards de dollars de produits importés des États-Unis, tarifs qui entreront en vigueur le même jour que ceux imposés par les Américains.
«Les seuls gagnants, s’il en est, seront les gouvernements qui toucheront plus de revenus de taxes à court terme. Pour les gens d’affaires et les consommateurs, cette guerre commerciale se traduira immanquablement par des prix plus élevés à la caisse, alors qu’on est toujours en période inflationniste», souligne la directrice générale du regroupement, Pascale de Montigny Gauthier.
L’organisme juge que la décision de Washington pourrait entraîner «une spirale de conséquences économiques grave». Le RGA ajoute que les mesures compensatoires canadiennes pour les travailleurs et les consommateurs pourraient avoir comme seul effet de creuser davantage les déficits du Canada et des provinces.
«Les trois paliers de gouvernement doivent utiliser tous les leviers qu’ils ont à leur disposition pour que nos entreprises ne se retrouvent plus jamais dans ce genre de situation, » renchérit Étienne Fredette, directeur de la Chambre de commerce de Gatineau. « On demande à ce que des mesures d’aides financières soient déployées très rapidement pour aider les entreprises impactées directement par les tarifs. Il serait important également de revoir tout ce qui est contrat public: les entreprises qui font affaire avec le gouvernement du Québec ou du Canada. On doit aussi optimiser nos mesures fiscales et il faut donner des crédits d’impôt pour la recherche et développement de nos entreprises, baisser les taux d’imposition».
Le directeur ajoute qu’un projet lui tient particulièrement à coeur: «[Il faut] vraiment d’aplanir les barrières au commerce interprovincial. Ce n’est pas normal que ce soit plus simple de faire des transactions avec d’autres pays qu’avec une autre province dans notre pays».
Selon un sondage mené par la Chambre de commerce de Gatineau auprès de ses membres avant l’annonce officielle de mise en place des tarifs : 30% se disaient préoccupées pour leur survie de leur entreprise si ceux-là venaient à passer, et 75% affirmaient que les tarifs auraient un impact certain sur leur entreprise.
Pour ou contre le boycott?
Depuis l’enclenchement de cette guerre tarifaire, de nombreuses voix se sont levées pour appeler les consommateurs à préférer les produits canadiens. Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, veut présenter mardi 4 février une motion dans ce sens au Comité des finances et des services organisationnels de la Ville.
Pour le RGA, si ces mesures partent de bonnes intentions, il est possible que ces initiatives ne soient que de courte durée.
«Les appels aux boycotts d’entreprises américaines au Canada sont mal avisés parce que ces dernières emploient des Canadiens et Canadiennes, vos voisins, votre famille, vos amis et sont souvent opérées par des franchisés locaux,» explique Pascale de Montigny Gauthier.
Le directeur de la Chambre de commerce gatinoise donne un exemple : «Les croustilles américaines qu’on achète, les pommes de terre viennent du Québec, de l'île d’Orléans. Si on arrête d’acheter les croustilles parce que c’est une entreprise américaine, il y a peut-être une entreprise québécoise qui va fermer.»
La présidente de la Chambre de commerce d’Ottawa convient: «Nous croyons fermement à l’approche ‘Acheter local’, mais nous devons agir judicieusement. Il ne faut pas punir nos détaillants locaux, qui ont bénéficié jusqu’à présent d’une chaîne d’approvisionnement stable avec les États-Unis. Ils ont besoin de temps pour faire la transition.»
Les gens d’affaires de la région de la capitale nationale croient tout de même fermement à l’importance de la consommation de produits locaux.
«L’achat local et de produits canadiens reste encore la meilleure avenue […] pour aider les entreprises d’ici à rester en affaires,» faute de nuire directement à l’économie américaine, selon la directrice du RGA.
«Consommer local, on ne fait pas faire ça seulement par charité, ajoute Étienne Fredette. Il ne faut pas attendre les crises pour le faire, mais que ça devienne naturel parce qu’on a des excellents produits ici.»
Avec l’annonce du sursis ce lundi, les commerçants et gens d’affaires locaux obtiennent un peu plus de temps pour s’organiser.
«Il est important, dit Sueling Ching, de travailler maintenant à l’unification de notre communauté d’affaires canadienne et de la région de la capitale, afin de nous assurer que nous protégeons et développons notre communauté et notre économie, grâce aux leviers dont nous disposons et qui sont sous notre contrôle.»
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Photos:
LD_PascaleDeMontigny | Légende: «Les seuls gagnants, s’il en est, seront les gouvernements» selon le regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (RGA). | Crédit: Josée Lafortune
LD_SuelingChing | Légende: Pascale DeMontigny, directrice du Regroupement des gens d'affaires de la capitale. | Crédit: Simon Séguin-Bertrand/Archives Le Droit
LD_US-CanadaTarifs | Légende: Sueling du Ottawa Board of Trade croit que le plus important, actuellement, est que la communauté des affaires se serre les coudes. | Crédit: Etienne Ranger/Archives Le Droit
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- Date de création 4 février, 2025
- Dernière mise à jour 4 février, 2025