La violence genrée vécue par les femmes acadiennes et francophones
En 2023, la Fédération des femmes acadiennes a lancé un projet visant à améliorer et adapter les ressources pour répondre aux besoins des femmes confrontées à la violence fondée sur le genre.
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Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse - Atl
Micheline Gélinas, directrice générale de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse (FFANE), affirme qu’actuellement, la question de violence fondée sur le genre est un fléau social dans la province.
D’ailleurs, la province a adopté un projet de loi en septembre 2024 présenté par le Nouveau Parti démocratique, déclarant que la violence conjugale est une épidémie.
Mme Gélinas mentionne que les enjeux en matière de défis chez les femmes acadiennes dépassent la seule question de violence. La réalité est qu’elles rencontrent des barrières linguistiques et culturelles.
Les femmes vivant en milieu rural font également face à des défis géographiques, tels que l’isolement et l’absence de transport, lorsqu’elles ont besoin de services.
Ainsi, l’accès à un service en français est une difficulté. Mme Gélinas explique que, bien que certaines organisations anglophones souhaitent collaborer avec la FFANE pour offrir des services en français, les contraintes financières limitent cette possibilité. Lorsqu’il y a urgence, les services sont souvent offerts uniquement en anglais, faute de moyens.
Aussi, les données spécifiques aux femmes acadiennes et francophones sont très rares. Voilà pourquoi, depuis 2023, la FFANE a lancé le projet Communauté outillée et engagée face à la violence fondée sur le sexe, qui inclura une cartographie permettant d’identifier les lacunes en matière de services et de mieux comprendre ce qui doit être amélioré.
Dans le cadre de ce projet, la FFANE collabore avec le service 211, qui fournit des informations en français sur les services disponibles.
À court terme, la directrice générale avance qu’il est nécessaire d’assurer des services bilingues pour les femmes victimes de violence, que ce soit dans les refuges, les centres de femmes ou les hôpitaux. Selon elle, les corps policiers ont fait des progrès notables en matière de formation, mais il reste beaucoup à faire.
Elle pense qu’il est important de finaliser la cartographie et les analyses pour identifier les lacunes et proposer des améliorations concrètes aux services existants. Ce qui inclut des recommandations spécifiques pour chaque secteur concerné, comme la santé, la justice ou le logement, puis des adaptations en matière de défis géographiques.
En plus, ce projet va réunir les consultations des femmes, des jeunes, des personnes issues de la diversité de genre et la participation active des survivant(e)s.
«J'aimerais inviter toutes les personnes ayant une expertise ou des connaissances, qu’elles soient en milieu rural ou urbain, à se joindre à notre table de concertation, précise-t-elle. Toute contribution pour enrichir notre projet, notamment sur les services en santé mentale ou d’autres aspects que nous pourrions négliger, est la bienvenue.»
Retour du ministère
Le Courrier a contacté le ministère de la Justice, qui a envoyé des commentaires par courriel.
La procureure générale et ministre de la Justice, Becky Druhan, exprime ses condoléances aux familles des victimes de violence entre partenaires intimes et souligne l’urgence d’y répondre.
Elle souligne que le gouvernement collabore avec des experts et les communautés, y compris celle francophone et acadienne, pour renforcer les ressources disponibles.
La ministre rapporte que, cette année, des fonds ont été alloués au Tri-County Women's Centre et à Bryony House pour embaucher des travailleurs bilingues, et des ressources comme le livre Making Changes sont en cours de traduction.
«Vous n’êtes pas seul, mentionne-t-elle. Les Néoécossais peuvent contacter le 211 pour être dirigés vers des services adaptés aux besoins [avec] un service d’interprétation, y compris le français.»
«En cas de danger immédiat, il est toujours recommandé d'appeler le 911», ajoute-t-elle.
D’après Mme Druhan, une approche pangouvernementale guide la lutte contre la violence fondée sur le genre, appuyée par les recommandations des enquêtes Desmond et Mass Casualty Commission.
Le Courrier a contacté le Conseil consultatif sur la condition de la femme, mais n’a pas pu obtenu de commentaires avant la date tombée de cet article.
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- Date de création 30 janvier, 2025
- Dernière mise à jour 29 janvier, 2025