Les entreprises francophones plus dynamiques... mais moins visibles
«Les entreprises francophones de l'Ontario sont beaucoup plus dynamiques que leurs homologues anglophones. Elles ont un taux de croissance de 20% par an, sachant qu’une croissance normale dans la province oscille entre 4 et 7%.»
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Soufiane Chakkouche
IJL – Réseau.Presse – l-express.ca
C'est ce que révèle, selon le directeur général sortant Richard Kempler, le deuxième Livre blanc sur l’économie franco-ontarienne, rendu public ce lundi 20 janvier par la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA), dans ses locaux torontois. Un deuxième jet qui n’est pas sans surprises!
Un meilleur portrait de la francophonie économique
Trois ans après celui de 2022, la FGA sort son deuxième document stratégique qui se veut le baromètre de l’économie franco-ontarienne – et ce malgré un manque flagrant de données sur le sujet, pointé du doigt par le même rapport.
«Le soutien financier que nous avons accordé pour la recherche et la préparation du deuxième Livre blanc était motivé par notre volonté d’obtenir le meilleur portrait de la réalité économique francophone en Ontario», a déclaré Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones et présidente du Conseil du Trésor, présente pour l’occasion.
«Les résultats du Livre blanc sont éclairants et nous interpellent. On a encore du pain sur la planche. Ces conclusions alimenteront nos réflexions et guideront nos orientations.»
Les entreprises francophones plus dynamiques
À première vue, l’un des résultats les plus marquants de cette étude concerne le taux de croissance annuelle des revenus des entreprises franco-ontariennes, supérieur à la moyenne provinciale.
D’après Richard Kempler, cette différence s’explique par le fait que les francophones sont majoritairement bilingues et comprennent donc les deux écosystèmes, ce qui leur permet de surfer sur les deux.
Les entreprises francophones moins visibles
Toutefois, malgré ces chiffres encourageants, le poids des entreprises franco-ontariennes dans le tissu économique de la province semble reculer.
«La proportion d’entreprises francophones a diminué, passant d’une fourchette située entre 3,6 et 4,3% à un pourcentage se situant entre 2,9% et 3,3% de l’ensemble des entreprises en Ontario», peut-on lire dans le Livre blanc.
«Même si le nombre d’entreprises francophones augmente et qu’elles sont dynamiques, notre poids relatif baisse, c’est-à-dire qu’on commence à être moins visible dans l’écosystème global de l’Ontario», décrypte Richard Kempler.
Le nombre d’entreprises francophones sous-estimé
L’autre explication à ce phénomène, avancée par l’ex-directeur derrière le projet, est relative à une sous-estimation du nombre des entreprises francophones, et ce d’un point de vue purement méthodologique.
Ce nombre est défini selon la norme de Statistique Canada, c’est-à-dire une entreprise majoritairement détenue et dirigée par des francophones.
«L’un des grands enseignements de ce Livre blanc est qu’on sous-estime l’écosystème francophone d’affaires en Ontario», s’indigne Richard Kempler.
«Même si on parle de 30 000 entreprises francophones, si on retire le critère de la norme de 50% ou plus du capital, on arrive à 72 000 entreprises. Il faut donc s’atteler à définir exactement ce qu’est une entreprise francophone, quitte à créer deux ou trois niveaux autour d’un noyau dur.»
Bassin de main-d’œuvre inexploité
Par ailleurs, la main-d’œuvre francophone subit le même sort, dans la mesure où elle est peu et/ou mal exploitée, comme le révèle le document. «L’équivalent de 61% des personnes actives sur le marché du travail en Ontario connaissant le français ne l’utilisent pas en milieu de travail, un potentiel linguistique inexploité.»
D’après le président général sortant de la FGA «rien que dans la région du Grand Toronto et celle du Grand Est, on a environ 300 000 personnes francophones et bilingues qui travaillent dans des structures anglophones, alors qu’elles pourraient travailler en francophonie ou dans des entreprises bilingues».
Une situation paradoxale si l’on prend en considération la pénurie de la main-d’œuvre francophone et bilingue dans la province, alors qu’un bassin est bel et bien là.
Le constat est d’autant plus paradoxal qu’aujourd’hui, 73 000 entreprises offrent des services dans les deux langues en Ontario.
Impact de la décision fédérale sur l’immigration
Il est donc tout à fait légitime de se demander si la récente réduction par le gouvernement fédéral du nombre d’immigrants ne va pas aggraver cette pénurie, aussi bien du côté anglophone que francophone.
Pour les seconds, c’est la ministre des Affaires francophones qui s’y colle au micro de l-express.ca: «Bien sûr que nous suivons attentivement cet impact sur les permis de travail, sur nos institutions postsecondaires et sur le marché du travail. Ces politiques du gouvernement fédéral sont sorties très tard l’année dernière, on est en train d’effectuer la collecte des données afin d’étudier et développer une réponse.»
Pour rappel, l’immigration est la principale source d’apport de travailleurs au pays.
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Photos
Titre : FGA1
Légende : Caroline Mulroney avec des membres de la FGA. À sa droite: le président Dominic Mailloux.
Crédit : Soufiane Chakkouche, l-express.ca
Titre : FGA2
Légende : La ministre Caroline Mulroney avec l'ancien et le nouveau DG de la FGA: Richard Kempler et Stéphane Bukk.
Crédit : Soufiane Chakkouche, l-express.ca
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- Date de création 21 janvier, 2025
- Dernière mise à jour 21 janvier, 2025