Maladies respiratoires: les cas en hausse, mais un bilan saisonnier moins préoccupant
Les cas de maladies respiratoires sont en hausse et ont des effets sur l’affluence dans les établissements de santé, mais il ne s’agit pas d’une situation surprenante en cette période de l’année, selon le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Au cours de la plus récente période couverte par le programme de surveillance respiratoire du Nouveau-Brunswick, soit du 22 au 28 décembre, on note une augmentation du nombre de cas (132 au total), du pourcentage de positivité (11%) et le nombre d’admissions à l’hôpital (23) en lien avec la grippe (influenza).
Pour ce qui est de la COVID-19 et du virus respiratoire syncytial (VRS), le nombre de cas est en diminution ou stable par rapport à la semaine précédente.
Par rapport au début du mois de décembre, par contre, on note une augmentation constante des cas et des hospitalisations en lien avec ces virus respiratoires.
«Nous nous attendions à une augmentation de l’activité pour les maladies respiratoires à ce stade de la saison virale», a indiqué le Dr Yves Léger, médecin en chef par intérim du ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick.
Du côté des établissements de santé du Réseau Vitalité, on a remarqué une augmentation de l’achalandage. Selon Christian Nkanu, directeur de la Prévention et du contrôle des infections chez Vitalité, cette situation est attribuable aux nombreux rassemblements qui se sont produits lors de la période des Fêtes.
«Une tendance similaire avait été notée l’an dernier, où les taux d’occupation et les visites aux urgences ont diminué considérablement à l’approche de Noël, avant de repartir à la hausse par la suite. Nous suivons de près l’activité des virus respiratoires et évaluons continuellement la nécessité d’ajuster les mesures de santé publique en vigueur afin de protéger la santé de tous.»
Depuis le début de la période de surveillance, qui a commencé le 25 août, jusqu’au 28 décembre, le nombre de cas confirmés de grippe s’élève à 456. Le nombre de cas de COVID-19 est de 1772, alors que le nombre de cas de VRS est de 472. Dans le cas de la grippe et du VRS, environ la moitié des cas totaux ont été déclarés dans les deux dernières semaines de décembre.
Alors que les cas de grippe sont assez bien répartis dans toutes les tranches d’âge de la population du Nouveau-Brunswick, on remarque, dans le rapport de surveillance respiratoire, que les cas de COVID-19 confirmés sont plus nombreux chez les 65 ans et plus et que l’on retrouve plus de cas de VRS chez les enfants de 0 à 4 ans.
Si l’on compare l’étendue des maladies respiratoires avec ce qui s’est produit en 2023, on note, dans les rapports du ministère de la Santé, une diminution significative du nombre de cas confirmés entre les mois d’août et décembre.
L’an dernier, sensiblement au cours de la même période (27 août au 30 décembre), le nombre de cas de COVID-19 s’élevait à 2414 et le nombre de cas de grippe à 1501. Il n’y avait pas de données pour le VRS qui a été ajouté au programme en août 2024.
Le nombre de décès liés à la COVID-19 a toutefois légèrement augmenté en 2024 (55) par rapport à la même période en 2023 (54). Le nombre d’hospitalisations est passé de 1066, en 2023, à 673, en 2024.
Dans le cas de la grippe, on note deux décès en 2024, comparativement à neuf lors de la même période en 2023. Le nombre d’hospitalisations est, quant à lui, passé de 239, en 2023, à 65, en 2024.
Il y a eu huit hospitalisations associées au VRS de la fin août à la fin décembre 2024.
Le pic n’est pas atteint
Il est trop tôt pour dire si cette saison sera marquée par un nombre important de personnes infectées, mais on sait que la circulation des virus sera très active dans les prochaines semaines, puisque le sommet de l’épidémie n’a pas encore été atteint.
Le rapport canadien de surveillance des virus respiratoires indique que le taux hebdomadaire d’hospitalisation lié à l’influenza est de 2,9 pour 100 000 habitants. «En ce moment, on n’a pas atteint le pic de la saison influenza, ça demeure des données qui sont en début d’épidémie. Ça peut être beaucoup plus élevé que cela», a commenté Dr Jesse Papenburg, qui travaille à l’Hôpital de Montréal pour enfants.
Le seuil épidémique a été dépassé la semaine se terminant le 21 décembre au Canada. Depuis, la courbe des infections à l’influenza continue de croître. Le seuil épidémique est de 5 % de tests positifs pour la grippe. Lorsqu’il est dépassé et qu’au moins 15 détections hebdomadaires de la grippe sont signalées, une épidémie de grippe saisonnière est déclarée.
Au Canada, le pourcentage de tests positifs à l’influenza dans les laboratoires cliniques est de 11,3%; au Nouveau-Brunswick, il est de 11%, selon les plus récentes données du ministère de la Santé provincial.
Dr Papenburg, qui est pédiatre, infectiologue et microbiologiste, explique qu’on se trouve dans la phase ascendante de l’épidémie. «La saison est déclenchée et dans les semaines qui suivent les taux d’incidence vont continuer à augmenter et on va voir encore beaucoup de cas d’influenza pour les prochaines semaines, dit-il. D’habitude, une saison d’influenza, ça peut durer environ 10 à 16 semaines, donc on en a encore pour plusieurs semaines et on est loin du pic. Je pense que les prochaines semaines vont être plus difficiles au niveau de l’influenza.»
Dr Papenburg met en garde les jeunes enfants et les aînés qui sont à plus haut risque de complications d’une influenza. «Les enfants en bas de 5 ans, mais particulièrement les enfants en bas de 2 ans, ainsi que nos aînés, les personnes de 65 ans et plus, mais surtout de 75 ans et plus, sont à plus haut risque d’hospitalisation et de complications de leur infection influenza», indique-t-il.
«J’ai l’impression qu’on va voir une saison typique d’influenza qui arrive en plein milieu de l’hiver qui va causer de la maladie sévère, particulièrement chez les personnes à plus haut risque», poursuit Dr Papenburg, qui est aussi membre associé au département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail et professeur adjoint de pédiatrie et à la Faculté de médecine de l’Université McGill.
Il rappelle qu’il est toujours temps pour se faire vacciner contre l’influenza. Les anticorps protecteurs se développent entre 7 et 14 jours après avoir reçu le vaccin.
«Il n’est pas trop tard parce que nous sommes encore dans la phase ascendante de l’épidémie. Les prochaines semaines vont être pires que ce qu’on a en ce moment. Quelqu’un qui se fait vacciner maintenant va s’offrir une protection durant cette période où il y a la plus grande circulation de l’influenza.»
Dr Papenburg souligne que bien que l’efficacité du vaccin varie d’une année à l’autre, la moyenne de protection est de 50%. Autrement dit, se faire vacciner réduit de moitié le risque d’une hospitalisation.
Les estimations de l’efficacité du vaccin antigrippal pour la saison 2024-2025 devraient être disponibles en février ou mars 2025.
Réduire les risques
Le Dr Yves Léger est du même avis que le Dr Papenburg: la meilleure façon de se protéger et de réduire le risque de maladie grave est de se tenir à jour en ce qui concerne la vaccination contre les maladies respiratoires comme la COVID-19, la grippe et le pneumocoque.
Il juge aussi que les Néo-Brunswickois peuvent poser certains gestes pour réduire les risques pendant les périodes d’activité respiratoire accrue, soit d’éviter les personnes malades, rester à la maison lorsqu’ils ne se sentent pas bien, se laver fréquemment les mains et adopter d’autres comportements sains, comme essayer d’avoir un sommeil réparateur chaque nuit et suivre un régime alimentaire sain.
«Vous devriez également envisager de porter un masque lorsque vous vous trouvez à l’intérieur dans des espaces publics, en particulier ceux qui sont bondés ou mal ventilés», suggère-t-il également.
Un retour en classe relativement normal
Dans les écoles, le retour du congé des Fêtes se déroule somme toute bien du côté du District scolaire francophone du Nord-Ouest.
Bien qu’un message ait été envoyé aux parents le 4 janvier afin de partager un plan d’action en cas de manque d’enseignants en raison des virus saisonniers, il a été envoyé de manière préventive, a expliqué la responsable des relations stratégiques au DSFNO, Julie Poulin.
«Le message envoyé aux parents est à titre préventif, considérant que dans notre coin de pays, les virus semblent circuler davantage l’automne et l’hiver.»
Du côté du District scolaire francophone Sud, le retour en classe se déroule assez bien dans son ensemble.
Selon le directeur des relations stratégiques du DSFS, Jean-Luc Thériault, le taux d’absentéisme du personnel enseignant est raisonnable. Pour la semaine du 6 au 10 janvier, il était de 10,31%, ce qui est légèrement inférieur au taux de 11,36 % enregistré avant les vacances des Fêtes, soit pour la période du 16 au 20 décembre 2024.
«Bien qu’il soit possible que des cas de grippe saisonnière ou d’autres virus contribuent à ces absences, nous n’avons pas d’informations précises sur les raisons des congés. Cela dit, nous continuons à encourager les bonnes pratiques d’hygiène, comme le lavage régulier des mains et la désinfection des espaces communs pour limiter la propagation des virus dans nos écoles.»
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- Date de création 15 janvier, 2025
- Dernière mise à jour 15 janvier, 2025