Échanges à travers le Golfe pour nourrir les économies voisines

Les échanges commerciaux et culturels existaient pendant des générations entre Terre-Neuve-et-Labrador et Saint-Pierre-et-Miquelon. Depuis l’année dernière, l'organisme d’appui à l’industrie touristique et hospitalière Legendary Coasts propose des échanges aux professionnels dans ces secteurs pour fortifier l’offre dans les deux régions.

John Babb
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL

Legendary Coasts of Eastern Newfoundland est un organisme gestionnaire de destination (traduction libre de l’anglais Destination Management Organization) qui promeut le tourisme dans la région est de l'île, excluant la capitale. Depuis être entré dans un partenariat formel avec la collectivité française en avril 2017, le groupe stimule également le tourisme de la part de Saint-Pierre-et-Miquelon. La société propose du soutien pour les professionnels dans l’industrie touristique en plusieurs capacités, mais a notablement mené deux échanges sur les meilleures pratiques pour les professionnels d’hospitalité sur les deux côtés du Golfe du Saint-Laurent.

L’année dernière, Legendary Coasts a organisé un échange pour les professionnels à l'est de Terre-Neuve pour visiter la collectivité territoriale française, où ils ont découvert la culture locale et les délices gastronomiques, tout en interagissant avec les professionnels locaux de la cuisine. Cette fois, en novembre de cette année, Legendary Coasts a accueilli des professionnels de l’archipel, qui sont venus au vieux Rocher pour explorer l’hospitalité terre-neuvienne.

Des découvertes de délices voisines

«L’idée est, vraiment, d’apprendre et de partager avec l’un l’autre,» dit Danielle Ambs de Legendary Coasts, gestionnaire du partenariat avec Tourisme Saint-Pierre et Miquelon. «Une partie de ce que nous faisons, vous savez, c’est d’essayer de développer l’industrie touristique, de développer les offres, de développer les produits. Alors en apprenant de l’un l’autre, nous espérons inspirer les opérateurs de procurer de nouvelles idées et essayer de nouvelles choses et offrir de nouvelles choses aux visiteurs, également de former les collaborations entre l’un l’autre.»

En moins d'une semaine, les participants sont rendus sur la péninsule de Burin, le circuit Irish Loop, à St. John’s, sur la péninsule de Bonavista et à Clarenville. À chaque arrêt, ils ont soupé dans des restaurants locaux et ont créé des contacts professionnels avec des fermiers, restaurateurs, brasseurs et plus encore.

Kevin Massey, propriétaire de la boulangerie Old Dublin Bakery à St. John’s, a parlé affectueusement de son séjour à l'archipel pendant l’échange de l’année dernière. Quand le groupe de Saint-Pierre-et-Miquelon a visité la capitale, il avait hâte de les accueillir avec la même hospitalité qu’il a connue dans le territoire. «Les gens de Saint-Pierre sont arrivés, je leur ai donné ce que je considère les croissants de style européen, comme les pâtisseries danoises et tout ce genre de choses, puis je leur ai donné un sens nord-américain que nous connaissons autour d’ici: brioches à la cannelle, scones, des choses comme cela. J’ai fait quatre types de pain, j’ai fait le pain traditionnel terre-neuvien, pain aux raisins, j’ai fait une baguette pour eux et j’ai fait du pain irlandais aussi, Irish soda bread... nous avons fait un festin!»

«C’était formidable, c’était un honneur de le faire», dit-il. «Nous avons eu des repas de sept plats [à Saint-Pierre-et-Miquelon]. Vous savez, les personnes ont beaucoup travaillé pour nous quand nous étions là, alors j’étais trop content de le repayer.»

Une collaboration qui exige plusieurs interventions

Chris Sheppard, directeur général de Legendary Coasts, a élaboré quelques défis auxquels les professionnels culinaires locaux sur les deux côtés du Golfe font face en échangeant leurs produits. «Nous nous occupons avec un pays différent, ce n’est pas même comme quelques situations au reste du Canada [avec] les États-Unis parce qu’il y a des accords États-Unis-Canada, bien, nous n’avons pas ces types d’accords avec la France comme nous avons avec les États-Unis parce que c’est une situation unique nous avons ici. Alors il y a plusieurs obstacles pour le travail que nous faisons.»

Pour les membres du monde d’affaires, il y a déjà quelques initiatives qui promeuvent l’économie francophone dans ce coin de l’Atlantique du Nord. Notamment pour les professionnels de Saint-Pierre-et-Miquelon et les provinces du Canada atlantique, la CAFFÉ (Coalition atlantique francophone de facilitation économique) stimule les échanges professionnels et économiques dans la région depuis son début en décembre 2022.

Kevin Massey espère que les affaires entre les deux territoires deviennent plus faciles. «On essaie d’encourager la collaboration entre les deux régions, mais le problème est que le gouvernement provincial doit s’impliquer pour beaucoup de cela parce qu’il y a beaucoup d’obstacles. Genre, je ne peux pas juste aller à Saint-Pierre et acheter des caisses de fromage, je ne peux pas y aller et acheter du beurre. C’est une épine dans le pied, parce que la qualité des produits est phénoménale. Si vous voulez une pièce de fromage, disons, de la France, il faut probablement le faire distribuer de Toronto ou par New York quelque part tout le long du chemin de la France, quand on peut aller quelque part petit comme Saint-Pierre et travailler avec des personnes qui le distribuent.»

«Nous sommes dans le même bateau [avec ces défis]. Nous sommes des petites îles au milieu de l’océan atlantique [...]. Nous avons plus en commun avec eux que nous en avons avec le Canada continental, et nous devons vraiment travailler ensemble», résume le boulanger.

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Photo: Courtoisie de Legendary Coasts

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  • Date de création 16 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 16 décembre, 2024
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