La ligne d’écoute 988, un trait d’union rassurant
La Voix acadienne - Un an après son lancement, le numéro national de prévention du suicide se révèle très utile. La plate-forme d’écoute, qui pallie le manque de psychologues et de psychiatres, est saluée par les acteurs de la santé mentale. La nouvelle ligne permet de répondre à des besoins croissants.
Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Il y a un an, la nouvelle ligne de prévention du suicide 988 était lancée. Depuis, cette ligne nationale d’urgence a reçu plus de 300 000 appels et messages textes (environ 1 000 par jour).
Le service, géré par le Centre de toxicomanie et de santé mentale, et financé par Ottawa, offre du soutien aux Canadiens dans toutes les provinces et tous les territoires.
Le temps d’attente moyen est de 44 secondes pour les appels téléphoniques et d’une minute et 47 secondes pour les textos.
Ces appels et textos sont acheminés vers l’intervenant disponible le plus proche. Dans les Maritimes, l’organisme Chimo Helpline-Ligne D’Écoute, basé à Fredericton au Nouveau-Brunswick, offre un service bilingue.
«Nous essayons de créer des liens avec les personnes tout en évaluant le risque de suicide, explique la porte-parole de 988, Laurence Mondou-Labbé. Nous posons des questions essentielles pour nous assurer que les personnes sont correctes, qu’elles n’ont pas accès à des armes, des substances ou des médicaments.»
«Besoins criants»
Les intervenants peuvent aider les personnes à trouver plus de ressources dans leur communauté locale si elles ont besoin de soutien supplémentaire. Ils peuvent également appeler les services d’urgence sur place s’ils craignent qu’elles ne passent à l’acte.
«Il s’agit d’une ressource phénoménale pour les Insulaires. Ça permet d’atténuer la pénurie de psychiatres et de psychologues que nous avons à l’île», salue la directrice de l’éducation et du soutien communautaire de l’Association canadienne pour la santé mentale de l’Île-du-Prince-Édouard, Julia Ramsay.
«Nous recevons beaucoup d’appels de gens sans psychologue, sans médecin de famille, qui n’ont personne à qui parler, confirme Laurence Mondou-Labbé. Ça témoigne de besoins criants en santé mentale.»
À l’Île-du-Prince-Édouard, le taux de suicide reste néanmoins inférieur à la moyenne nationale. En 2022, 20 individus se sont suicidés, en 2018, ils étaient 17.
Julia Ramsay estime que les ressources allouées au secteur de la santé mentale peuvent expliquer cette situation relativement meilleure que dans le reste du pays.
Elle cite notamment la création d’une unité mobile d’intervention en santé mentale ou encore la mise sur pied à Charlottetown d’un service d’urgence en santé mentale et en toxicomanie, avec une équipe multidisciplinaire dédiée.
«Prendre soin les uns des autres»
«Les difficultés d’accès aux soins de santé mentale persistent, mais nous consacrons malgré tout plus d’argent à ce secteur que la moyenne nationale», assure Julia Ramsay.
Que ce soit au bout du fil ou sur le terrain, Laurence Mondou-Labbé et Julia Ramsay constatent que de plus en plus de gens souffrent et ont besoin d’aide pour apaiser leur détresse.
«Tout le monde peut être touché par des idées ou des comportements suicidaires. Il suffit de traverser un événement traumatisant, souligne Julia Ramsay. La vie est vraiment difficile, on doit prendre soin les uns des autres.»
Laurence Mondou-Labbé observe, de son côté, qu’avec l’approche des fêtes de fin d’année, «les gens ont souvent beaucoup d’appréhensions et d’émotions contradictoires avant de voir leur famille ou de se retrouver, au contraire, tout seuls.»
La fin de l’année n’est pas forcément synonyme de réjouissances et de chaleureuses retrouvailles pour tout le monde.
Si l’une de vos connaissances a des difficultés, voici où obtenir de l’aide :
- Ligne nationale de prévention du suicide : Appelez ou envoyez un SMS au 988.
- Téléphone d’aide pour enfants : 1-800-668-6868. Texte 686868. Conseil par chat en direct sur le site Web.
- Association canadienne pour la prévention du suicide : Trouvez un centre de crise ouvert 24 heures sur 24.
PHOTOS :
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2- Laurence Mondou-Labbé de la ligne d’écoute 988 reçoit de nombreux appels de gens sans psychologue et sans médecin de famille, «qui n’ont personne à qui parler.» (Photo : Gracieuseté)
3- Julia Ramsay de l’Association canadienne pour la santé mentale de l’Île-du-Prince-Édouard rappelle qu’il existe de l’aide disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les personnes ayant des pensées suicidaires. (Photo : Gracieuseté)
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- Date de création 10 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 10 décembre, 2024