Paris-YYT ouvre une nouvelle porte franco pour HDE Voyages
Après une première saison touristique réussie, l’agence de voyages HDE Voyages a hâte d’accueillir un tout nouveau marché français à Terre-Neuve-et-Labrador, avec la possibilité de pousser les touristes vers Saint-Pierre-et-Miquelon. Or, la coopération est essentielle pour profiter du tourisme, et ce, autant pour le tourisme hors saison que pour le tourisme francophone.
Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur
Les vols hebdomadaires entre St. John’s et Paris, annoncés le 18 novembre dernier et offerts par Westjet, auront lieu le dimanche l’année prochaine à partir du 18 mai. Pour Patricia Detcheverry, co-directrice de l’agence de voyages saint-pierraise HDE Voyages, qui propose des forfaits pour Terre-Neuve-et-Labrador et l'archipel français, c’est une «grande grande surprise.»
En incluant le retour d'un vol direct vers Dublin, le gouvernement provincial a investi 3,75 millions de dollars dans ces liaisons, ouvrant de nouvelles voies pour l'industrie de tourisme dans la province.
«Doubles bonnes nouvelles»
«Depuis le début [HDE Voyages vise] Saint-Pierre-et-Miquelon et Terre-Neuve-et-Labrador, et on regarde beaucoup la clientèle de la France, donc pour nous ce ne pourrait pas être mieux», dit Patricia Detcheverry. «C’est un miracle», résume-t-elle.
L'annonce des vols directs vers l'Irlande et la France est tombée le premier jour que la directrice de l’agence de voyages, basée à Saint-Pierre, est arrivée à St. John’s pour participer aux réunions avec ses partenaires dans l'industrie du tourisme et de l'hôtellerie. «C’est bien tombé», dit-elle. «Toutes les conversations, c’était un peu le sujet principal.»
«On ne s’y attendait pas du tout», poursuit la directrice. «Nous on attendait le retour des vols Paris-Halifax, ce qui est génial aussi, mais en ce qui concerne Paris-[St. John’s], je n’aurais jamais imaginé ça.» De nouvelles opportunités s’attendent à l’agence l’année prochaine et sa directrice est «contente à deux titres.»
«Coup double, dit-elle, c’est doubles bonnes nouvelles en fait.» Alors que les gens d'ici peuvent maintenant se rendre plus facilement en Europe, les Français de l'Hexagone et les Irlandais peuvent également profiter des vol directs pour découvrir ce coin de l’Atlantique. Comment remplir les vols à Terre-Neuve? Question «principale» des rencontres que madame Detcheverry a eues lors de sa visite à St. John’s, elle a dit qu’ils veulent tous que les vols deviennent durables. «On a tous compris que c’est une année de test donc il est très important que le remplissage des avions soit bon, et c’est là qu'on a vraiment besoin de travailler ensemble parce qu’on a un objectif commun».
Et si le nouveau vol direct contribuera à faire venir les Français à Terre-Neuve-et-Labrador, il leur offrira également une nouvelle porte d'entrée à Saint-Pierre-et-Miquelon, souligne-t-elle.
Nouvelle porte vers son propre pays
Les vols directs entre St. John’s et l’Europe desserviront également les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon, et le préfet de l’archipel, Bruno André, félicite l’initiative. «Ces nouvelles liaisons, qui s'inscrivent parfaitement dans les échanges de coopération régionale menés depuis plusieurs mois, vont permettre d’accélérer le désenclavement du territoire et d’améliorer la continuité territoriale avec l'Hexagone, tout en renforçant l'ancrage de l'archipel dans son environnement régional», dit-il dans un communiqué de presse.
Les vols d’Air Saint-Pierre entre le Caillou et la Ville des Lumières ont lieu aussi une fois par semaine pendant la saison estivale, mais selon Patricia Detcheverry, ce n’est pas assez. «C’est une courte période et c’est des vols qui sont vendus très très vite donc c’est assez difficile d’avoir une place dessus», explique-t-elle. Pour en profiter, il faut réserver une place à l’ouverture des vols au mois d’octobre, dit-elle. Les vols de Westjet offriront donc une nouvelle porte d’entrée en Eruope.
Cette opportunité n’offre pourtant pas d’économie pour les Saint-Pierrais et Miquelonais selon madame Detcheverry. Les vols que Air Saint-Pierre assure entre Saint-Pierre et St. John’s ont lieu deux fois par semaine, soit les mercredis et dimanches. Pour profiter du vol à partir de Terre-Neuve, les résidents de l’archipel doivent prendre le vol à St. John's le mercredi, ce qui laisse quelques jours à HDE Voyages pour leur vendre des forfaits terre-neuviens entre les deux vols. En tant que directrice de l'agence de voyages, «ça me va parfaitement bien», dit-elle. «Mais pour les gens de Saint-Pierre-et-Miquelon par exemple, c’est compliqué [et] il n’y a plus d’économie.»
On offrait auparavant le vol entre Saint-Pierre et St. John’s trois fois par semaine, mais Air Saint-Pierre a coupé les vols de vendredi pendant la pandémie COVID-19 et n'en a jamais remis. On ne sait pas encore si la compagnie aérienne va réorganiser les horaires de ses vols.
Tourisme lent et hors saison
Alors que vous pourriez visiter rapidement tous les principaux sites touristiques de la capitale en une journée - de Cap Spear, en passant par Signal Hill, par le musée The Rooms et jusqu'au village de Quidi Vidi par exemple -, HDE Voyages offre des formules qui permettent aux clients de prendre le temps de découvrir la culture et le mode de vie des résidents de leur destination.
En se développant, l’agence essaie d'offrir autant de forfaits en hiver qu'en été. Cette mission va main en main avec la stratégie touristique et visionnaire 2022-2026 du gouvernement provincial, Vision 2026, qui souligne qu’un investissement dans la saison intermédiaire et le tourisme d'hiver donnerait à Terre-Neuve-et-Labrador un avantage concurrentiel par rapport à d'autres destinations.
Que vous soyez basé à Saint-Pierre-et-Miquelon et que vous souhaitiez visiter St. John's pour le Festival littéraire de Terre-Neuve-et-Labrador ou que vous soyez basé sur le vieux Rocher et que vous aimeriez découvrir la magie de Noël de l’archipel dans un hôtel de quatre étoiles, HDE Voyages, qui dessert les deux régions, propose ces aventures de rêve en dehors de la saison estivale parmi d’autres offres.
Cependant, les passages limités vers et depuis l'archipel limitent l'offre de l'agence en matière de tourisme lent et durable hors saison. «Ça pour nous, c’est dommage parce que c’est très difficile par exemple de vendre les week-ends hors saison sans vols», dit madame Detcheverry.
«C’est un frein des deux côtés», explique-t-elle. «C’est beaucoup plus compliqué avec la voiture - ce n’est pas tout à fait la même affaire [...] et ça c’est vraiment dommage.» Par conséquent, en ce moment ses forfaits saint-pierrais s'adressent plutôt aux Néo-Écossais qu’aux Terre-Neuviens parce qu’il y a une liaison entre Saint-Pierre et Halifax trois fois par semaine. «Il y a un vol le vendredi - à Halifax tu peux vraiment faire un week-end - c’est vraiment frustrant.»
En 2018, le territoire français a dépensé des dizaines de millions de dollars pour l'achat de deux nouveaux traversiers pour assurer la liaison entre Saint-Pierre et Fortune, village situé sur la péninsule de Burin. Cependant, les touristes préfèrent traverser en bateau surtout en été, dit madame Detcheverry. Et en comparaison avec les vols, quand on réserve une place sur le bateau hors-saison, «c’est beaucoup moins facile de s’organiser»,dit-elle. La météo peut par exemple faire en sorte que les déplacements soient retardés ou annulés.
Besoins francophones
«D’une façon générale, avec les vols Paris-[St. John’s], il faut vraiment, vraiment que la profession se mette à l’écoute des besoins des francophones», explique Patricia Detcheverry. «Il y a de plus en plus de Québécois qui viennent maintenant, et il faut absolument qu’il y ait une offre en français qui soit de bonne qualité et facile à trouver. Ce n’est pas uniquement pour une agence de voyages, mais globalement, il y a vraiment besoin de prendre cela au sérieux parce que c’est aussi ça qui va faire que la destination devienne plus importante pour les francophones.»
«Il y a un gros potentiel», résume celle qui aimerait également voir une amélioration de services touristiques offerts en français hors saison.
«De faire du hors saison à [St. John’s] en français, il n’y a plus rien, c’est vraiment compliqué.» Le coût de la vie étant de plus en plus élevé et les gens de plus en plus nombreux à manger chez eux, le centre-ville de la capitale a récemment vu la fermeture de plusieurs restaurants. La directrice de l’agence HDE Voyages assure quand même un partenariat avec Destination St. John’s pour pouvoir développer l’offre en français dans la capitale, et parallèlement, l'industrie de tourisme et d'hôtellerie locale en général.
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Photo: Courtoisie de HDE Voyages
Caption: Le vol direct entre Paris et St. John’s est «doubles bonnes nouvelles» selon Patricia Detcheverry, directrice de HDE Voyages basée à Saint-Pierre.
Photo: Burin, TNL-42
Photo: Courtoisie de HDE Voyages
Caption: Le village de Burin. L’agence de tourisme souhaite développer le tourisme estival sur la péninsule de Burin, et est déjà en contact avec l’organisme Legendary Coasts et l’entreprise Smuggler’s Cove qui sont situés là-bas. Patricia Detcheverry explique qu’il est «très important» pour ce dernier de pouvoir proposer des offres en français. «Ils veulent proposer le tour de Zodiac en français ou le traduire, ils ont déjà un menu en français, ils ont une serveuse qui parle le français [et] ils sont très impliqués», résume-t-elle.
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- Date de création 3 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 3 décembre, 2024