Tarifs de 25% de Trump: Susan Holt favorable à renforcer la frontière
La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a indiqué que la réponse canadienne aux tarifs imposés par Donald Trump mettra l’accent sur la sécurité des frontières canadiennes et pourrait même inclure leur renforcement, conformément aux demandes du président américain.
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Alexandre Boudreau
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle – Atl
Elle en a parlé aux journalistes mercredi soir à sa sortie d’une rencontre de près de deux heures avec les autres premiers ministres provinciaux, le premier ministre Justin Trudeau, les ministres Chrystia Freeland et Dominic LeBlanc, ainsi que l’ambassadrice aux États-Unis, Kirsten Hillman.
Cette rencontre portait sur la réponse canadienne aux tarifs de 25% sur les produits canadiens que menace d’imposer Donald Trump lors de son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, en raison de ce qu’il décrit comme une manne d’immigrants provenant du Canada et du Mexique, qui, selon le président désigné, amènent avec eux «du crime et de la drogue».
«Pour commencer, il s’agira de bien expliquer la nature des frontières canadiennes et leur solidité, a déclaré Mme Holt. Nous comparer au Mexique n’est pas approprié. Le niveau de problèmes avec leurs frontières rend les nôtres insignifiants», a affirmé Susan Holt.
Selon elle, les dirigeants ont également discuté d’investissements dans la GRC et dans l’Agence des services frontaliers du Canada, ainsi que «d’autres mesures» que le gouvernement fédéral pourrait mettre en place pour sécuriser les frontières.
Un journaliste lui a demandé s’il faut voir cela comme une victoire de Trump, ou s’il faut simplement éduquer le président désigné sur la sécurité aux frontières.
«On peut le voir d’une façon ou d’une autre. Espérons qu’il verra cela comme une victoire et qu’il abandonnera les tarifs», a dit Susan Holt.
Des tarifs canadiens en guise de représailles ne seraient qu’une option de dernier recours puisqu’il faut surtout éviter qu’ils soient mis en place, d’après elle.
Même si c’est la première fois qu’elle met l’accent sur l’enjeu des frontières dans sa réponse à la menace des tarifs, Susan Holt affirme qu’il ne s’agit pas vraiment d’un changement de cap dans la stratégie canadienne.
Elle dit qu’elle et ses homologues des autres provinces veulent toujours faire comprendre aux États-Unis que les économies des deux pays ont des liens étroits, et que de tels tarifs nuiraient aux entreprises et à l’économie américaine tout comme à celle du Canada.
D’après elle, les premiers ministres ont une stratégie commune et ont discuté de l’importance de négocier avec les États-Unis de façon «unifiée», sans chercher individuellement à obtenir des exemptions aux tarifs pour seulement une poignée de provinces canadiennes ou pour quelques industries spécifiques, comme celle du pétrole ou du bois d’oeuvre.
D’autres rencontres bientôt
Des premiers ministres provinciaux prévoient d’autres rencontres bientôt pour tenter de faire bouger les choses d’ici la fin janvier, et ont notamment discuté de se rendre aux États-Unis pour discuter avec les élus du sud.
«On a parlé d’une réunion des premiers ministres en janvier, peut-être aux États-Unis, tous ensemble. […] C’est quelque chose qu’on examine.»
Lors de la période de questions de mercredi matin, le chef progressiste-conservateur du N.-B., Glen Savoie, a exhorté Susan Holt à organiser une rencontre «d’urgence» entre les premiers ministres de l’Atlantique et du Québec ainsi que les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre pour discuter de la «menace existentielle» que représentent ces tarifs.
«Je crois que l’idée proposée par le président des États-Unis n’est peut-être pas absolument appuyée par les autres politiciens des États-Unis. Alors il faut avoir des conversations pour s’assurer que nous sommes sur la même page», a affirmé Glen Savoie. Le chef du Parti vert, David Coon, a aussi appuyé l’idée de cette rencontre.
En temps normal, cette rencontre entre dirigeants de l’Est des deux pays a lieu chaque année. Il y en a eu une en septembre, et la prochaine ne devrait normalement pas avoir lieu avant septembre 2025, bien après l’arrivée prévue des tarifs.
Selon Susan Holt, ces liens avec certains gouverneurs pourraient faire partie des moyens de pression employés par le Canada pour tenter de convaincre les États-Unis.
«On a mentionné le fait qu’il y a ce forum avec les gouverneurs de l’Est des États-Unis et des premiers ministres de l’Atlantique. C’est un forum qu’on peut utiliser comme une partie de la stratégie nationale», a-t-elle dit en ajoutant que les détails d’une éventuelle rencontre de la sorte n’ont pas été établis.
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Photo : La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt. - Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau
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- Date de création 29 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 29 novembre, 2024