Intégrer l’intelligence humaine à l’Université Saint-Paul

L’Université Saint-Paul se lance dans un projet de recherche sur deux ans sur l’éducation transformatrice basé sur le principe d’intégration des intelligences humaines.

Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit

Intitulé L’Éducation pour l’épanouissement humaine, le projet a pour objectif de développer une «écologie de résilience» au sein de l’Université.

«Quand on pense au processus d’apprentissage, ce n’est pas [simplement] d’apprendre les théories, mais d’y engager son expérience de vie dans ce processus d’apprentissage», explique la professeure adjointe à l’École de leadership, écologie et équité de l’Université Saint-Paul, Bianca Briciu.

Pour la chercheuse principale, les expériences personnelles de chacun des étudiants peuvent avoir un impact important dans le cursus scolaire et ainsi permettre un meilleur épanouissement des étudiants.

C’est aussi une façon pour eux, de mieux comprendre leurs réactions dans leur quotidien et encourager un travail de réflexion sur lui-même et les sujets qui lui sont importants, pour ensuite développer ses capacités de résilience.

«[Par exemple, l’élève pourrait se demander]: «Pourquoi je me sens de cette façon maintenant? Pourquoi je ressens de la colère quand je lis tel ou tel article?» Ces questions sont très importantes pour un apprentissage transformateur parce que ça donne l’opportunité de réfléchir et de découvrir peut-être nos biais et aussi nos souffrances et de comprendre comment on peut se guérir et se développer comme une personne».

Déroulement du projet

Le projet, financé à hauteur de 100 000 $, vise à créer des communautés de pratique pour les étudiants, les professeurs et les gestionnaires universitaires, en utilisant des méthodes comme la méditation, l’intelligence émotionnelle et la guérison des traumatismes.

Dans cette perspective, la recherche se déroulera en trois phases, pendant deux années consécutives.

Chacune d’entre elles implique un segment spécifique de la communauté universitaire: d’abord les étudiants, puis le corps professoral, et enfin le personnel administratif.

Ils seront réunis au sein de communautés de pratique, précise-t-on. La première phase, qui concerne la population étudiante, a débuté en septembre et s’achèvera en décembre.

Chaque phase, d’une durée de trois mois, permettra aux participants de s’engager dans une série de six pratiques de développement intégral, en adoptant des approches inspirées de quatre disciplines: l’éducation, la psychologie, la sociologie et la spiritualité.

À la fin de ces trois phases, l’équipe de recherche fera une série d’entrevues avec les participants et les fera passer un test de psychologie sur leur expérience et leur bien-être.

Ces entrevues permettront ainsi d’identifier le meilleur moyen pour changer l’enseignement universitaire afin de développer la capacité de résilience; d’établir une connexion entre l’éducation et les autres sphères de la vie et ainsi contribuer à l’épanouissement collectif.

«Les résultats seront utilisés pour donner des recommandations aux professeurs et comprendre quel genre d’approche nourrit l’esprit des étudiants, leur résilience, leur bien-être et aussi de comprendre ce qui est nécessaire pour les professeurs et le personnel universitaire pour contribuer à leur résilience et leur bien-être», explique Bianca Briciu.

Dans cette optique, il y aura des recommandations sur trois dimensions, soit sur l’apprentissage en salle de classe, le syllabus et aussi sur la structure de l’Université.

Par ailleurs, tous les participants seront évalués avant et après la période de trois mois au travers de l’enquête Well-Being Assessment, élaborée par le Human Flourishing Program de l’Université Havard.

Est-ce l’avenir de l’éducation universitaire?

Dans un contexte général de grande transition marqué par beaucoup de stress et de mémoire traumatique, «il est essentiel d’intégrer ces réalités dans notre façon d’être et d’envisager notre contribution au changement social, en tenant compte de l’expérience mondiale, de la justice sociale et de la compassion», assure Mme Briciu.

Photos :

Photo_Saint-Paul à Compostelle_Cr. ontariouniversitiesinfo.ca : Dans le cadre du Fonds pour les nouvelles frontières de la recherche, l’Université Saint-Paul recevra un financement de 100 000 $ afin de mener à bien un projet de recherche de deux ans sur l’éducation transformatrice. (ontariouniversitiesinfo.ca)

Photos_Mme Briciu_Cr. Courtoisie : Bianca Briciu est chercheuse principale et professeure à l’École de leadership, écologie et équité à l’Université Saint-Paul.

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 21 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 21 novembre, 2024
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