Université d’Ottawa: des professeurs francophones voient leur rémunération diminuer
Des professeurs-conseillers à temps partiel, qui accompagnent les étudiants en stage, dans la Faculté d’enseignement à l’Université d’Ottawa sont contrariés par les changements de crédit qui affectent leur rémunération.
Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Selon l’Association des professeurs à temps partiel de l’Université d’Ottawa (APTPUO), depuis l’année 2022, les professeurs francophones à temps partiel dans le programme d’Enseignement occupaient des tâches en lien avec les stages qui valaient 4,5 crédits pour un salaire d’environ de 14000 dollars.
Toutefois, depuis la modification en début d’année scolaire 2024, le nombre de crédits est passé à trois, ce qui représente environ 9700 dollars canadiens, soit une diminution de près d’un tiers du salaire de l’enseignant.
Selon un enseignant-conseiller de l’Université d’Ottawa qui a réclamé l’anonymat par peur de représailles, la charge de travail est beaucoup plus élevée que les années précédentes malgré que le nombre d’étudiants est passé de 25 à 20, entre 2022 et 2024, pour les stages de première année.
«C’est bien vrai qu’on a moins de stagiaires, mais ça demande beaucoup plus de travail», dit-il.
«[Par exemple], ils nous demandent de compléter l’évaluation sommative avec l’enseignant [dans les écoles] et ensuite de rencontrer le stagiaire pour discuter de l’évaluation, raconte-t-il. Les années passées, c’était l’enseignant qui remplissait ce formulaire parce que c’est lui qui passe la majorité du temps avec le stagiaire. Ça [nous] demande énormément de temps».
Cette année, ce professeur conseiller a présentement une quinzaine de stagiaires, ce qui signifie aussi pour lui des déplacements dans les quatre coins d’Ottawa et dans l’Est ontarien.
«Si j’ai 15 stagiaires, ça fait déjà 30 heures de travail pour être présent à l’école, ça c’est sans compter, les courriels, les suivis et les corrections qu’on fait toutes les semaines», se désole-t-il.
Décision unilatérale de l’employeur
Selon l’Association, cette décision vient modifier, une pratique de travail établie depuis plusieurs années unilatéralement.
«Or, l’employeur ne peut procéder à la modification d’une pratique de travail établie depuis longtemps et connue des deux parties. Il s’agit d’un principe clair en droit du travail», ajoute le vice-président, externe de l’APTPUO, Luc Angers.
«Nous, ce qu’on déplore, c’est qu’il y a eu un changement au niveau des salaires, au niveau des points d’ancienneté dans le secteur francophone, mais ça n’a aucunement fait partie d’une négociation de convention collective», explique Luc Angers.
Impact sur la francophonie ontarienne
Selon M. Angers, ces nouvelles directives pourraient amener des conséquences importantes sur les écoles francophones de la région.
«Si on cible les professeurs accompagnateurs qui accompagnent les stagiaires, les professeurs conseillers francophones, qui vont dans les écoles francophones, qui font affaire avec des conseils scolaires francophones, pour nous, la francophonie est atteinte», réalise-t-il.
Dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre se fait sentir sévèrement dans les écoles francophones en situation minoritaire, Luc Angers s’inquiète de voir une perte d’intérêt des professeurs accompagnateurs à Ottawa.
Non-justification de l’augmentation des crédits
Selon un porte-parole de l’Université d’Ottawa, Jesse Robichaud, l’Université a jugé essentiel de revenir à la norme de trois crédits (39 heures), pour ces cours, soit le même nombre de crédits et la même rémunération pour les cours de stages au programme de Teacher Education, en anglais.
«En 2022, pour les professeures conseillères et les professeurs conseillers du programme de formation à l’enseignement en français, la Faculté a augmenté le nombre de crédits attribués pour chacun des deux cours de stage, de trois à 4,5 crédits. La rémunération a augmenté en conséquence.
En 2024, après avoir eu l’occasion d’évaluer l’ensemble des composantes des cours de stage et des exigences de travail pour les professeurs, la Faculté a constaté la non-justification de l’augmentation du nombre de crédits à 4,5 pour les professeurs», peut-on lire dans la déclaration écrite de Jesse Robichaud.
Mais pour le vice-président de l’APTPUO, cette modification à la charge de travail ne justifie aucunement la baisse de rémunération de 33 %.
«Quand tu coupes les salaires et quand tu coupes des points d’ancienneté à strictement une tranche francophone, pour nous, c’est inacceptable», s’indigne M. Angers.
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Selon le porte-parole de l’Université d’Ottawa, Jesse Robichaud, le nombre d’étudiants inscrits à chaque cours de stage en enseignement est limité à 20 pour les deux programmes, francophone et anglophone. (Martin Roy/Le Droit)
Luc Angers soutient que ces modifications dans la charge de travail sont une atteinte à la communauté francophone. (etienne ranger/le droit etienne ranger )
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Photo_Une_Salaire réduit Ottawa U_Cr. Martin Roy Le Droit : Selon le porte-parole de l’Université d’Ottawa, Jesse Robichaud, le nombre d’étudiants inscrits à chaque cours de stage en enseignement est limité à 20 pour les deux programmes, francophone et anglophone. (Martin Roy/Le Droit)
Luc_Angers_Cr. Etienne Ranger Le Droit : Luc Angers soutient que ces modifications dans la charge de travail sont une atteinte à la communauté francophone. (etienne ranger/le droit etienne ranger )
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- Date de création 21 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 21 novembre, 2024