Coup de pouce financier pour remédier à la pénurie d’adjoints juridiques franco-ontariens
Le ministère de la Justice du Canada a annoncé un financement près de 70 000 $ au collège La Cité pour un projet de recherche de faisabilité afin d’évaluer les besoins et les solutions pour accroître le nombre d’adjoints juridiques francophones, non seulement dans la province, mais aussi à travers le Canada.
Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Cette enveloppe, annoncée par la députée d’Ottawa-Vanier Mona Fortier, jeudi, s’inscrit dans le cadre du Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles qui vise à renforcer les services en français pour les communautés francophones minoritaires.
Selon La Cité, la pénurie d’adjoints juridiques francophones complique l’accès aux services juridiques dans plusieurs régions.
Dans cette optique, le projet d’une durée d’un an permettra de mieux comprendre la portée du problème et d’envisager des solutions concrètes pour combler ce manque, afin d’améliorer le programme existant à La Cité.
Une étude que la présidente-directrice générale de La Cité, Lynn Casimiro qualifie d’une étape importante pour offrir des services juridiques en français.
«Quand on travaille avec d’autres provinces, d’autres territoires, il faut comprendre quels sont leurs besoins dans ces provinces-là pour s’assurer que le programme puisse être modulé, modifié de manière à répondre aux besoins des autres provinces et territoires», a expliqué Lynn Casimiro lors de la conférence de presse.
Un avancement pour l’accès à la justice
Pour l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO), ce financement tombe à point nommé pour combler la pénurie d’adjoints juridique dans la province.
«[Cette] initiative prometteuse permettra d’avoir un meilleur portrait pour améliorer l’offre de services en français pour les justiciables de la province et à l’échelle du pays et contribuer à renforcer l’accès à la justice en français», déclare par écrit, Me Edith S. Pérusse, directrice générale de l’AJEFO.
En effet, depuis de nombreuses années, le manque de professionnel dans le système judiciaire dans les provinces cause des retards et allonge les procédures.
«Des études démontrent qu’un procès en français à l’extérieur du Québec prend généralement plus de temps et engendre des coûts plus élevés, même dans des affaires criminelles».
— Me Edith S. Pérusse, directrice générale de l’AJEFO
Dans cette optique, l’avocate remarque que cette situation cause ainsi une sous-utilisation des services en français dans le système juridique, «car ces obstacles alimentent une perception négative au sein de la population francophone».
«Nous souhaitons changer la perception du français dans le domaine juridique», assure-t-elle.
Par ailleurs, Me Pérusse soutient qu’il faut miser sur la sensibilisation et l’éducation juridique en français pour améliorer le sentiment d’insécurité linguistique des francophones. Selon elle, le manque d’information contribue à un obstacle systémique à l’égalité devant la loi.
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- Date de création 21 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 21 novembre, 2024