Le Commissaire aux langues officielles fait un passage ici

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles, a fait une visite dans la province à la fin octobre, s’étant présenté à de nombreux événements et ayant pris la parole à plusieurs reprises. Le fonctionnaire fédéral a également pris un moment pour parler au Gaboteur de son rapport, Un avenir commun: regard sur nos communautés de langue officielle en situation minoritaire, publié en octobre.

Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles, soit la personne responsable de la réalisation des objectifs et de la promotion de la Loi sur les langues officielles, était de passage à St. John's les 23, 24 et 25 octobre derniers, où il est intervenu lors du colloque de la Société Nationale de l'Acadie sur l'immigration francophone dans les provinces atlantiques, s’est présenté au lancement officiel de la nouvelle Communauté de vie et d'apprentissage francophone (CVAF) à l’Université Memorial (MUN) et a participé à une conférence intitulée «Une nouvelle loi sur les langues officielles, et maintenant?» à l'hôtel Sheraton aux côtés du sénateur René Cormier et de la chercheuse en sciences politiques Stéphanie Chouinard.

Avant de se rendre à la conférence, c’est le matin au lancement de la CVAF à MUN, dans le bâtiment Curtis House, où il discute du nouveau rapport, Un avenir commun: regard sur nos communautés de langue officielle en situation minoritaire, et de la gamme d’initiatives francophones qui voient le jour dans la province avec Le Gaboteur.

Éducation, immigration, innovation

Après l'accueil officiel des organisateurs, des étudiants et des professeurs impliqués dans la CVAF de MUN, c'est au cours d'un déjeuner énergique, avec de la musique et une mer de fiers francophones se serrant la main et célébrant au fond, que monsieur Théberge a pris le temps de s'asseoir avec Le Gaboteur. S’il s’est présenté à MUN et au Colloque atlantique sur l’immigration francophone, c’est surtout ces deux domaines sur lesquels son nouveau rapport est axé: soit l’éducation et l’immigration.

Le lancement de la CVAF, par exemple, «est vraiment excitant», dit-il en notant que Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province sans établissement d’éducation postsecondaire en français. «C’est un début - je suis convaincu que ça va agrandir avec le temps».

«C’est une journée importante pour l’histoire de l’éducation», résume-t-il, ajoutant que «cela va bien avec ce que je propose [dans le rapport].»

Il cite ensuite un chiffre tiré de son dernier rapport: 54,2% des ayants droit dans la province fréquentent une école francophone. Derrière Alberta, c’est la deuxième province avec le plus bas ratio dans tout le pays. «Il y a un bassin vraiment intéressant pour les écoles», dit-il. «Aussi, on sait très bien que le continuum de l’éducation est très très important, de la petite enfance jusqu’au postsecondaire, et si des gens n’y ont pas accès, ils vont aller dans les institutions anglophones et cela va probablement engendrer une assimilation.»

La modernisation de la Loi sur les langues officielles permettant une collecte de données plus fréquente sur la population d’ayants droit dans le pays, il espère que «des données plus complètes brosseront un portrait détaillé de la situation des ayants droit relativement à l’admissibilité de leurs enfants dans les établissements d’apprentissage de la minorité, notamment pour permettre aux gouvernements provinciaux et territoriaux de prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à l’octroi des enveloppes dans ce domaine.» Dans les écoles anglophones, il espère que les programmes d'immersion en français seront moins perçus comme une option et plus comme une nécessité.

Publié en octobre, le rapport Un avenir commun: regard sur nos communautés de langue officielle en situation minoritaire, analyse non seulement l’apprentissage, mais également les ententes intergouvernementales, l’immigration, les services fédérales et le financement pour les organismes communautaires francophones en situation minoritaire dans tout le pays, faisant état des défis, besoins et accomplissements. Les services anglophones du Québec sont également inclus dans le rapport. Dans un contexte francophone en situation minoritaire, sans accès à l’éducation en français, dit-il en exemple, «on ne pourra pas contribuer autant à l'épanouissement de la communauté.»

Enjeu qui se présentent partout dans le pays, la demande de garderies francophones en milieu minoritaire dépasse la capacité de services offerts. Le commissaire note pourtant dans son rapport que Terre-Neuve-et-Labrador mène le pays en ce qui concerne l’éducation de la petite enfance, félicitant les primes de plus de 5100$ par année aux personnes éducatrices certifiées du Centre de la Petite Enfance et Famille «Les P’tits Cerfs Volants».

Présent sur le vieux Rocher quand le gouvernement fédéral a annoncé la réduction de la cible d’immigration totale dans le pays et une plus grande cible d’immigration francophone, monsieur Théberge y réagit positivement. «Tout grossissement de la cible est bienvenu, en espérant qu’on sera en mesure d’atteindre les cibles». Par le passé, nous rappelle-t-il, le Canada a déjà vu «beaucoup de difficultés, beaucoup de défis» pour atteindre la cible. Entre 2003 et 2023, l’IRCC a atteint la cible qu’une seule fois, et ce, en 2003. «Les annonces, c’est bien, mais il faut s’assurer qu’on ait des outils pour non seulement choisir les candidats et les candidates, mais pour les accueillir, les introduire dans une communauté. Il y a beaucoup de travail à faire dans ce sens-là.»

«J’ai beaucoup d’espoir pour la communauté francophone ici à Terre-Neuve-et-Labrador. Comme je dis à tout le monde, les communautés existent et autant qu'elles existent, elles vont exister pour beaucoup plus longtemps.»

Ayant visité le quartier de Quidi Vidi lors de son passage dans la capitale, monsieur Théberge a bien profité de sa visite. Il raconte également de beaux souvenirs de son passage dans la province en 1997, lors des célébrations du 500e anniversaire du voyage de Jean Cabot. Étant réparti de la province le lendemain de la conférence, le commissaire aux langues officielles compte continuer à visiter d’autres régions au Canada pour présenter son nouveau rapport.

S'agit-il de sa dernière visite dans la province dans le cadre de ses fonctions actuelles? Il ne faut jamais dire jamais, dit-il en riant.

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Photo: Conferencedeslanguesofficielles

Photo: Cody Broderick

Caption: Qu'est-ce qui a été modernisé dans la loi et pourquoi? Organisée de manière hybride pour accueillir les questions d'un public en ligne, la conférence «Une nouvelle loi sur les langues officielles, et maintenant?» a accueilli une quarantaine de personnes du grand public sur place et environ 120 visiteurs sur la page YouTube de la FFTNL, où l’organisme a diffusé la conférence en live. Pour rattraper la conférence, rendez-vous ici: https://www.youtube.com/watch?v=0Z4Q3gNVeL4

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  • Date de création 19 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 18 novembre, 2024
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