Anciens Combattants Canada, depuis 40 ans à l’Île-du-Prince-Édouard

La Voix acadienne - Le ministère Anciens Combattants Canada a ouvert son siège social à Charlottetown en 1984. L’arrivée du fédéral dans la province a bouleversé le paysage de l’île. Deux francophones qui ont travaillé durant des décennies pour le ministère témoignent de leur expérience et des changements intervenus au cours de toutes ces années.

  

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

«L’arrivée du ministère a contribué au développement économique de Charlottetown et a permis à la communauté francophone de s’épanouir», se souvient Emile Gallant, qui a travaillé durant vingt ans pour Anciens Combattants Canada. 

Le siège social du ministère fédéral est implanté dans la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1984. À l’époque, l’ouverture des nouveaux bureaux a attiré de nombreux francophones bilingues des quatre coins du pays. 

Leur arrivée a notamment permis la création de l’école française François-Buote et celle du centre communautaire le Carrefour de l’Isle-Saint-Jean. 

«Beaucoup de francophones ont également quitté la région Évangéline pour s’installer à Charlottetown», précise Emile Gallant.

Charles Duguay fait partie de ces francophones venus dans la province pour travailler au sein du ministère. L’avocat est arrivé de Shippagan, au Nouveau-Brunswick, en février 1988. 

Défendre des vétérans de la Seconde Guerre mondiale

Il a travaillé jusqu’en 2018 pour le Bureau des services juridiques des pensions. Au côté d’une petite dizaine d’avocats, il plaidait en français devant letribunal administratif des anciens combattants (révision et appel). 

«C’est un genre d’aide juridique, mon rôle était de représenter les vétérans et les membres de la Gendarmerie royale du Canada qui faisaient des demandes d’indemnisation, explique Charles Duguay. C’était une grosse machine, on traitait des milliers de demandes.»

Il s’agissait de procédures non contradictoires, c’est-à-dire que personne ne s’opposait aux réclamations, mais Charles Duguay devait tout de même démontrer que les invalidités ou les affections de ses clients étaient liées à leur service sur le terrain.

«On avait une certaine indépendance, on pouvait aller à l’encontre des politiques du ministère, car notre but était d’aller chercher le plus d’argent possible pour nos clients», observe l’ancien avocat.

À ses débuts, Charles Duguay a défendu de nombreux vétérans de la Seconde Guerre mondiale : «C’était marquant, ces hommes ont abandonné leur carrière, leurs proches pour aller servir leur pays, ils ont risqué leur vie pour la paix dans le monde.»

Au début de sa carrière, Emile Gallant aidait, lui, les communautés à entretenir leurs monuments commémoratifs. Par la suite, il a géré des programmes de financement afin d’offrir aux vétérans des funérailles «dignes de leurs mérites». 

Bien-être des anciens soldats

Avec une équipe de plusieurs employés, il a par ailleurs contribué à l’entretien des quelque 250 000 sépultures d’anciens membres des Forces armées canadiennes. 

«On offrait parfois une nouvelle stèle funéraire à un vétéran qui n’avait pas eu de pierre tombale militaire, on recevait alors des messages de familles très émues que leurs proches soient reconnus pour leur service», partage Emile Gallant. 

L’Acadien reste également marqué par ses derniers mois de sa carrière au Mémorial national du Canada à Vimy, en France. Il organisait, entre autres, des visites guidées du site historique, qui honore la mémoire des soldats canadiens morts en France pendant la Première Guerre mondiale. 

«C’était impressionnant d’être dans ces tunnels où les soldats avaient vécu, de voir les messages à leurs familles, ça m’a beaucoup touché», confie-t-il.

De son côté, Charles Duguay observe un vrai «changement de mentalité» au sein du ministère entre les années 1980 et aujourd’hui. 

«L’interprétation de la loi a changé, on est plus généreux envers les vétérans qui font des demandes de pensions. Avant, moins de vétérans obtenaient des indemnisations», affirme-t-il. 

Le juriste estime par ailleurs que le ministère met désormais davantage l’accent sur le bien-être des anciens soldats : «Il existe beaucoup plus de programmes pour accompagner celles et ceux qui veulent re-tourner à la vie civile, les aider à retrouver des repères.»  

  

   

PHOTOS :  

1- Emile Gallant a notamment contribué à l’entretien et à la réparation des quelque 250 000 sépultures d’anciens membres des Forces armées canadiennes. (Photo : Gracieuseté)

2- Charles Duguay a travaillé durant 30 ans aux Anciens combattants Canada comme avocat.  (Photo : Marine Ernoult)

 

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  • Date de création 6 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 6 novembre, 2024
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