Un Colloque atlantique qui tombe à pic

La 7e édition du Colloque atlantique sur l'immigration francophone s’est déroulée au centre-ville de la capitale le 23 et le 24 octobre dernier, moment où le gouvernement fédéral annonce des changements notables dans l’immigration. Retour sur cet événement organisé par la Société Nationale de l’Acadie (SNA).

Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL

Le 23 octobre, sous un soleil radieux et une brise automnale fraîche, environ 70 participants des provinces atlantiques se sont réunis dans l’hôtel Delta à St. John's pour discuter le rôle des associations francophones en situation minoritaire dans l'accueil des nouveaux arrivants au Canada atlantique.

Cette rencontre a regroupé des représentants politiques et communautaires des quatre provinces atlantiques ainsi du ministre fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, parmi d’autres participants, et ce au moment où le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles cibles en immigration.

Si on réduit notablement d’immigrants permanents admis au pays, le gouvernement fédéral a haussé les pourcentages des cibles d’immigration francophone en situation minoritaire.

Le 24 octobre, on dévoile les nouveaux chiffres: ayant une cible initiale de 500 000 nouveaux immigrants permanents pour l’année 2025 et 2026, on prévoit maintenant accueillir 395 000 résidents permanents en 2025, 380 000 en 2026 et 365 000 en 2027- cette dernière cible représentant une diminution de 27%.

Le pourcentage de la cible pour les nouveaux résidents permanents francophones a d’ailleurs augmenté, de 6% à 8,5% pour l’année 2025. Les cibles fixées pour l’année 2026 et 2027 - auparavant 7% et 8% - sont maintenant 9,5% et 10%. Ces chiffres représentent une augmentation de 3575 francophones en 2025 et 1100 en 2026.

Si la SNA s'annonce «satisfaite» de ces cibles dans un communiqué de presse, la grande question du Colloque atlantique sur l'immigration francophone reste la même: comment peut-on réussir à atteindre tous ces objectifs?

Un partage d’exemples et d’expériences

Alexandre Joyce, animateur du Colloque, a ouvert le bal, suscitant un vif enthousiasme pour la collaboration parmi les participants. Après avoir invité Marc Humber, membre de la première Nation Qalipu, à réciter une prière, il accueille Carole Burton, directrice adjointe du réseau d’établissement de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), pour prendre la parole. «Je réjouis des discussions enrichissantes à venir et des solutions innovantes que nous allons explorer ensemble», dit-elle à l’ouverture de l’événement.

Le groupe a ensuite participé à divers ateliers avec monsieur Joyce et a discuté de thèmes précis liés à la croissance démographique francophone actuelle en Nouvelle-Écosse, le recrutement de personnel éducatif francophone à l’international et des enjeux de santé. Les participants ont également découvert le portail numérique www.regionevangeline.com, comme exemple d'un projet de la Communauté accueillante à l’Île-du-Prince-Édouard visant un espace numérique de bénévolat et d’engagement communautaire.

Le deuxième jour de rencontre, les membres participatifs ont discuté le Plan stratégique communautaire en immigration francophone et ont profité d'une session de réseautage et discussion avec Sarah Stoodley, ministre de l’immigration, de la Croissance démographique et des Compétences et ministre déléguée aux Affaires francophones de Terre-Neuve-et-Labrador.

L’événement a mis des organismes francophones de Terre-Neuve-et-Labrador sous la loupe avec des présentations de David Lapierre, coordonnateur du Réseau en immigration francophone de Terre-Neuve-et-Labrador de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), Régis Guyot, directeur général de Horizon TNL, et Karina Lamontagne, directrice générale du Centre de la petite enfance et famille «Les p’tits Cerfs-Volants».

Le Colloque s'est ensuite terminé avec un mot du commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, et une présentation de son rapport publié en octobre dernier, Un avenir commun: regard sur nos communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Un effort surtout communautaire

Si le Colloque elle-même est le fruit d’une concertation entre la SNA, la FFTNL et de divers partenaires, y compris l’IRCC et le Commissaire de langues officielles, les messages qui s’en sortent touchent la collaboration communautaire et interprovinciale pour maximiser autant que possible le taux de nouveaux arrivants francophones.

Malgré les moyens parfois limités dans les régions qui se trouvent en dehors des grandes villes du Canada, Martin Théberge, président de la SNA note «une réussite» en immigration francophone dans cette province, et ce, grâce surtout à une touche humaine vis-à-vis l’intégration de nouveaux arrivants.

«Le fait de se rencontrer ici, dit-il, est tout à fait symbolique [...]. Cet exemple et ses succès soulignent bien le rôle essentiel des organismes communautaires de notre Acadie dans la mise en œuvre des politiques d’immigration au pays.»

Dans une vidéo, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller partage l’enthousiasme pour la ville hôte du Colloque. Bien que l’anglais prédomine dans cette province, dit -il «Terre-Neuve-et-Labrador compte de nombreux francophones qui travaillent d’arrache-pied à la défense et à la promotion des droits et intérêts de nos communautés», citant le projet des Communautés francophones accueillantes comme exemple. En plus de l’initiative de l’Ouest du Labrador, le ministre souligne les dix nouvelles Communautés francophones accueillantes autour du pays qui s’ajoutent au programme - nouvelle annoncée en août dernier.

«C’est pourquoi St. John’s est un endroit idéal pour rassembler les experts, décideurs et membres des communautés francophones de toutes les provinces atlantiques», résume-t-il.

Dans son discours, le président de la SNA salue les communautés et individus qui «sont des ingrédients indispensables d’un parcours d’intégration réussie et [qui] sont des partenaires précieux du gouvernement fédéral.» Cette contribution communautaire est importante, dit-il, «mais tout particulièrement dans les petites communautés comme celles de Terre-Neuve-et-Labrador, où l’offre de services de qualité est un défi permanent.»

«Pour atteindre les résultats, entre autres, ceux du Plan d’action des langues officielles, il faut plus que de l’argent», résume Martin Théberge. «Il faut que les employés de ces organismes fournissent plus d’efforts que dans les grands centres. Il faut qu’ils s’engagent au plus près des nouveaux arrivants et qu’ils fassent preuve d'une belle persévérance. Bravo à vous.»

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Photo: Cody Broderick

Caption: Le Colloque atlantique sur l'immigration francophone a accueilli 70 participants des quatres provinces atlantiques à St. John’s le 23 et 24 octobre dernier.

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  • Date de création 5 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 6 novembre, 2024
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