Des légendes fantastiques acadiennes pour l’Halloween
L’an dernier, à l’occasion de la fête d’Halloween, l’Acadie Nouvelle avait présenté quelques légendes acadiennes, dont certaines qui donnaient froid dans le dos. Le journal récidive cette année avec d’autres histoires associées au folklore de l’Acadie.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Le feu du mauvais temps
Aux abords de la baie de Caraquet, le phénomène du «feu du mauvais temps» a été popularisé par l’écrivain Claude Le Bouthillier, selon l’historien Philippe Basque. Pourtant, ce mystère alimente les discussions depuis la fin des années 1800, et de nombreux témoignages anciens en font état.
Essentiellement, il s’agit d’une boule de feu qui se promène de l’île de Caraquet jusqu’à la pointe de Maisonnette et qui change de direction et de taille.
«À l’époque, on s’imaginait que c’était l’œuvre du Diable. On entendait parfois des bruits de chaînes lorsqu’on voyait ce feu. On l’associe parfois à la légende du bateau fantôme, mais on disait que c’était surtout un feu qui annonçait le mauvais temps (…) Les gens avaient donc une certaine frayeur associée à ce feu», raconte Philippe Basque.
Les lutins
La légende des lutins qui habitaient dans les granges un peu partout en Acadie est somme toute bien connue des personnes d’un certain âge.
Ces créatures fantastiques que l’on retrouve aussi dans d’autres cultures avaient la particularité de s’emparer des chevaux pendant la nuit pour les faire courir. Ils avaient aussi l’habitude de faire des tresses dans leur crinière.
«Quand le propriétaire du cheval voulait l’utiliser le lendemain, comme moyen de transport ou pour labourer la terre, il ne pouvait pas parce qu’il était épuisé. Les gens croyaient vraiment à ça, car ce sont des témoignages que l’on a souvent lus», a expliqué M. Basque.
Les marionnettes
La légende des marionnettes, dans certaines régions acadiennes, est l’une de ces situations où un phénomène scientifique se voit attribuer une explication fantastique.. Dans ce cas-ci, ce sont les aurores boréales.
Selon Philippe Basque, les aurores boréales engendraient certaines craintes chez les gens, dans un passé aussi rapproché que les années 1950 et 1960.
Certains croyaient que ces «marionnettes», à l’instar du Bonhomme Sept Heures dans le folklore canadien-français, pouvaient kidnapper les enfants et tous ceux qui s’aventuraient un peu trop tard la nuit.
Le diable et les possessions
Dans une culture longtemps définie par la religion, les Acadiens avaient évidemment une crainte du diable. Les histoires liées à des cas de possessions de cet être malin sont ressorties, à l’occasion, dans le passé.
«Dans toutes les régions acadiennes, on a ce genre d’histoires de possession. Le diable est très présent dans les légendes acadiennes. Si on croyait au paradis, on croyait nécessairement à l’enfer et ça revenait dans les conversations hebdomadaires à l’église, par exemple», indique Philippe Basque.
Des prêtres comme Théophile Allard, curé à Caraquet au tournant du 20e siècle, avaient, selon certains écrits, exorcisé des gens possédés par le diable ou un quelconque esprit malveillant.
«On a au moins deux cas répertoriés de gens qui auraient été possédés et qui ont été envoyés au presbytère avec Mgr Allard qui les aurait délivrés de cette possession.»
Une pierre tombale magique
À Saint-Isidore, la pierre tombale du père Louis Gagnon a, selon la croyance populaire, des propriétés surnaturelles. Selon Philippe Basque, les gens croyaient que le fait de toucher à cette pierre avait le pouvoir de les guérir ou de les protéger de certaines maladies.
Le prêtre a parcouru le nord du Nouveau-Brunswick, du Madawaska à la Péninsule acadienne. Il a participé à la fondation de la communauté de Saint-Isidore et y a agi comme curé pendant plus d’une trentaine d’années.
Selon l’historien, il existe, en Acadie, plusieurs histoires de prêtres ayant cette capacité extraordinaire de guérir les gens.
La Gougou
Bien qu’elle ne soit pas d’origine acadienne, la Gougou est une vieille légende d’origine micmaque racontant l’histoire d’une ogresse vivant dans la plaine de Miscou et qui dévorait les Autochtones.
La légende a fait son apparition par l’entremise de l’explorateur Samuel de Champlain qui a mentionné la Gougou dans ses récits de voyage en Gaspésie et dans la baie des Chaleurs. C’est lors d’une interaction avec les Mi’kmaqs habitant sur le territoire qu’il a entendu parler de ce monstre effrayant.
«Ça remonte à une époque très lointaine, alors les Acadiens n’ont pas été élevés avec cette histoire, mais ils en ont entendu parler. Je ne crois pas qu’ils y ont tellement cru, car c’était moins proche de leur culture.»
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Photo : Des légendes fantastiques acadiennes pour l’Halloween
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- Date de création 31 octobre, 2024
- Dernière mise à jour 31 octobre, 2024