Des municipalités demandent au gouvernement de leur céder des terrains pour 1 $
Des municipalités du Nouveau-Brunswick souhaitent développer une stratégie afin de convaincre le gouvernement du Nouveau-Brunswick de mettre un plus grand nombre de ses terrains à la disposition des communautés qui souhaitent y développer des projets.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Les municipalités membres de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick ont adopté une résolution en ce sens lors de la dernière assemblée générale annuelle de l’organisme.
C’est le conseiller municipal de Beaurivage, Roger Doiron, qui a fait cette proposition. Il estime que le gouvernement provincial pourrait donner certaines de ses propriétés à l’abandon depuis un certain temps pour la somme symbolique de 1$.
«Souvent, on a des bâtiments “à la valdrague” qui, à l’heure actuelle, pourraient très bien servir à toute communauté voulant développer quelque chose sur ces terrains. Malheureusement, la province essaie de tirer le maximum d’argent de ces terrains.»
Selon lui, il existe une multitude d’endroits qui sont disponibles un peu partout au Nouveau-Brunswick et qui pourraient être utilisés de façon plus profitable par les municipalités.
Le conseiller municipal de Haut-Madawaska, Réginald Nadeau, a appuyé cette proposition. Il a expliqué que sa communauté vivait aussi des défis en raison d’un grand nombre de terrains gouvernementaux qui ne servent à rien et qui ne peuvent être développés.
Il a notamment fait allusion aux nombreux bâtiments inesthétiques et dangereux qui ont été démolis au cours des deux dernières années. Comme les propriétaires de ces terrains n’ont pas payé la facture pour la démolition ni leurs taxes, ils ont été saisis par le gouvernement provincial.
«Compte tenu de notre manque de bâtiments pour loger nos résidents, on demande au gouvernement de nous transmettre ces propriétés le plus tôt possible pour que l’on puisse les développer.»
Les élus d’Edmundston ressentent encore certaines frustrations émanant de la lenteur du gouvernement à agir dans le cas de certains de ses terrains.
«Notre vision est de pousser la construction. On est très conscient que le gouvernement du Nouveau-Brunswick détient beaucoup de terrains et des bâtiments désaffectés. Si un bâtiment était fermé, mais qu’il demeure dans un bon état, ce serait vraiment intéressant qu’il soit offert à la municipalité pour la réalisation de nouveaux logements, par exemple», a raconté le maire d’Edmundston, Eric Marquis.
Il a notamment soulevé le cas de l’ancienne école Sacré-Coeur qui a été laissée à l’abandon pendant tellement d’années qu’il est devenu impossible d’y développer un projet sans démolir complètement le bâtiment.
«Le gouvernement a tellement pris son temps qu’il a été difficile par la suite de trouver des acheteurs.»
Malgré tout, des logements sociaux sont en construction sur le terrain de cette ancienne école. Le bâtiment sera vraisemblablement démoli éventuellement.
L’une des plus grosses histoires d’horreur par rapport à un bâtiment gouvernemental sur le territoire de la ville d’Edmundston demeure toutefois celle de l’ancien Collège communautaire du Nouveau-Brunswick qui est en train d’être démoli.
Il y a environ 10 ans, le gouvernement de l’époque a décidé de vendre la propriété à un entrepreneur privé. Celui-ci l’a ensuite revendu à un autre propriétaire qui a éventuellement décidé de louer le bâtiment à un présumé entrepreneur afin de développer une sorte de centre commercial. Cependant, les personnes chargées du projet n’ont fait que vider le bâtiment de ses composantes ayant le plus de valeur, ce qui a laissé l’ancien CCNB dans un état encore plus lamentable qu’auparavant.
Ce n’est qu’au cours de la dernière année que la démolition concrète de l’édifice a pu être entreprise.
«Le problème que l’on a avec ce genre de bâtiment, c’est le temps que ça prend pour les rendre disponibles, mais c’est aussi le fait qu’il n’y a pas nécessairement de conditions qui sont données, quand on vend au privé, pour son développement. On l’a très bien vu avec le CCNB.»
M. Marquis avoue qu’au cours des dernières années, des discussions sur le sujet ont eu lieu avec des représentants du gouvernement provincial.
«C’est sûr que le but de la province, c’est de vendre ces terrains, mais on aimerait qu’elle parle aux municipalités pour voir s’il y a un intérêt.»
De son côté, le maire de Haut-Madawaska, Jean-Pierre Ouellet, reconnaît que Fredericton pourrait faire preuve de plus de flexibilité avec certaines de ses propriétés. Il confirme par contre que le gouvernement a, à quelques occasions, offert de vendre ses terrains à la municipalité avant de les mettre à l’encan.
«Ce n’est pas nécessairement tous les terrains qui pourraient intéresser la Municipalité de Haut-Madawaska, mais ça pourrait l’être si on inclut des composantes comme les services d’eau et d’égouts.»
«Quand ils se retrouvent à l’encan, ils sont parfois achetés par des gens qui font de la spéculation et qui vont attendre avant de développer quelque chose.»
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Photo : L'ancien CCNB d'Edmundston. - Archives
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- Date de création 29 octobre, 2024
- Dernière mise à jour 29 octobre, 2024