Quels défis pour l’immigration dans le Nord?

Le Sommet nordique d’immigration s’est tenu les 24 et 25 septembre dernier à Whitehorse. Les organisations fournissant des services d’immigration dans les trois territoires nordiques ont pu échanger sur les défis liés à l’immigration, l’établissement et l’intégration. — Photo : AFY
Le Sommet nordique d’immigration s’est tenu les 24 et 25 septembre dernier à Whitehorse. Les organisations fournissant des services d’immigration dans les trois territoires nordiques ont pu échanger sur les défis liés à l’immigration, l’établissement et l’intégration.
Photo : AFY
Le Sommet nordique en immigration, regroupant les trois territoires canadiens, a eu lieu à Whitehorse les 24 et 25 septembre dernier. Cet événement annuel est l’occasion de discuter entre fournisseur.e.s de services dans les territoires du Nord, d’apprendre et d’échanger des idées.

Organisé par le Partenariat nordique en immigration et intégration (PNII), le Sommet permet de discuter des réalités et des défis propres aux territoires du Nord, comme la crise du logement.

Cette année, plusieurs thèmes ont été abordés tels que la reconnaissance des diplômes étrangers.

« Il y avait aussi un atelier de compétences interculturelles pour mieux servir la clientèle issue de l’immigration et de la diversité », partage Diana Romero, gestionnaire en immigration à l’Association franco-yukonnaise (AFY).

Le Sommet a également été l’occasion pour l’AFY de présenter sa stratégie de rapprochement avec les Premières Nations et les actions réalisées jusqu’à maintenant. « Ça a pu inspirer les deux autres territoires à développer des stratégies. L’AFY est le seul organisme, parmi les trois territoires, qui en possède une. C’était très inspirant pour les autres organismes qui étaient présents », rappelle la gestionnaire.

Le Sommet a été l’occasion d’annoncer qu’un bureau d’immigration va ouvrir prochainement au Nunavut. Pour cela, un conseiller en immigration a été engagé. Jusque-là, le Nunavut était le seul territoire au Canada à ne pas disposer de son propre programme d’immigration.

Des enjeux multiples

Diana Romero fait part de plusieurs défis pour atteindre les communautés éloignées. « Il y a une méconnaissance de services partout dans les trois territoires », constate-t-elle. Il faut donc se montrer plus créatif dans la livraison des services et pour multiplier les sources de financement, explique-t-elle.

« Le roulement du personnel dans les communautés éloignées est une réalité partagée par les trois territoires. Il est donc très difficile de garder une mémoire concernant, par exemple, les services offerts aux nouveaux arrivants. Donc, si aujourd’hui l’AFY va à Dawson pour présenter le service auquel les résidents de Dawson ont droit, et si le mois prochain, la personne qui travaille à Dawson part, les nouvelles personnes qui arriveront après ne connaîtront pas nécessairement les services qui s’offrent à Dawson, parce que c’est une communauté éloignée et il n’y a pas de mémoire », explique la gestionnaire.

Autre défi, l’admissibilité des clients et clientes aux services d’immigration. « Les services d’IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] sont financés que pour les résidents permanents. Donc, il faut diversifier les sources de financement pour pouvoir les servir, parce que dans les communautés éloignées et au Nord, souvent, on voit plus de travailleurs temporaires qui ne sont pas admissibles au financement d’IRCC. »

De plus, « dans les communautés éloignées et rurales, on n’a pas toujours accès à Internet. Une personne qui travaille ou qui habite à Dawson n’a parfois pas de connexion au réseau. Donc, même offrir des services en ligne, à distance, ce n’est pas toujours accessible dans les communautés du Nord. »

« C’est donc à nous, fournisseurs de services, de trouver des moyens d’informer la population et d’accompagner les personnes immigrantes dans l’établissement. Et que ça soit accessible à tout le monde. Qu’il soit résidents permanents ou pas », conclut Diana Romero.

Discuter des défis

Lors du Sommet, la sous-ministre adjointe d’IRCC, Catherine Scott, s’est rendue dans les locaux du Centre de la francophonie. Ce fut alors l’occasion pour plusieurs employé.e.s de l’AFY de discuter des défis que rencontrent les personnes immigrantes francophones.

« On lui a parlé de nos défis, nos enjeux, nos bons coups, ce qui fonctionne bien, la bonne collaboration qu’on a avec l’IRCC pour faire avancer les projets », rapporte Édith Bélanger, directrice au Service du développement économique à l’AFY.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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  • Date de création 10 octobre, 2024
  • Dernière mise à jour 15 octobre, 2024
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