Une célébration grandissante des racines africaines

L’édition 2024 du SARFest a enflammé Bannerman Park avec des concerts vibrants, des ateliers et des célébrations communautaires. Ce festival évolue au fur et à mesure pour mettre en vedette de plus en plus de cultures africaines qu’on retrouve sur le vieux Rocher.

Yashvi Ramsarran

IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur

Fin août, Bannerman Park s’est transformé en une véritable fête des couleurs et des rythmes africains avec l’édition 2024 du SARFest, qui a offert un mélange vibrant de musique, danse et ateliers, célébrant la richesse des cultures africaines et afrodescendantes. Organisé par Navel Sarr, fondateur et président depuis 2019, aux côtés de sa femme Geneviève Vallée, le festival de cette année a vu se réunir des centaines d’artistes, de bénévoles et de spectateurs dans le cadre de cette célébration grandissante de racines africaines.

Originaire de Mauritanie et résidant de St. John’s depuis plusieurs années, Navel Sarr a témoigné la croissance du festival, qui est passé d'un simple événement organisé à l’École des Grands-Vents en 2019 à une célébration tenue dans l'un des plus grands parcs de la ville. S’il est fier de cette évolution, il admet que l'édition de cette année n’a pas été sans difficultés.

Un festival pas sans défi

L’obtention des permis pour servir de la nourriture et des boissons dans le parc a été particulièrement laborieuse et a nécessité de longues négociations avant d’être finalement accordée. L’année dernière, quand le festival a officiellement déménagé au parc, il y avait même un souci pour la permission d’y mettre une scène.

Réglé bien à temps, l’édition 2024 SARfest a pu finalement offrir un grand festival dans les deux langues officielles, mettant en vedette 11 artistes d’expression française, dont Ben’s Ekman Spiral, Amidou Koïta, Zale Sissokho, DJ Sniper, MADO et les quatre membres du groupe Koné Kan. Dans la zone familiale, le Mini-SARfest, deux francophones, Effie Tsobgni et ALjou FIT, ont également animé des ateliers d'activités sportives.

Benjamin James, artiste originaire de France derrière le projet local Ben’s Ekman Spiral, a expliqué que le SARFest offrait une plateforme unique pour mettre en avant ces cultures sous-représentées. «J’ai été motivé par l’occasion de partager ma musique et mes influences nord-africaines dans un festival qui met à l’honneur la diversité culturelle. Le SARFest promeut des cultures souvent sous-représentées, et y participer me permet de contribuer à la valorisation des cultures africaines, qui me sont chères.» Il a également exprimé son enthousiasme à l’idée de faire découvrir au public local la mandole, un instrument traditionnel algérien rarement entendu à Terre-Neuve-et-Labrador.

Soulignant l’atmosphère «vibrante et inclusive», l’artiste explique que le festival «parvient à rassembler des personnes de tous horizons en leur offrant un espace où la musique, la danse et l’art servent de moyens pour se connecter les uns aux autres.» Cet esprit inclusif reflète la demande croissante de tels événements culturels dans la province, qui ont historiquement été davantage associée aux traditions folk terre-neuvienne-irlandaises.

Le festival, pour Benjamin James, «offre un espace de dialogue culturel, de partage et d’appréciation, tout en sensibilisant le public à la richesse des patrimoines africains et afrodescendants. L’ajout d’ateliers cette année a été une initiative remarquable, permettant au public de se rapprocher davantage de ces cultures et de mieux les comprendre». À travers ses propres performances, par exemple, l’artiste emmène son public dans un voyage introspectif, en mélangeant des sonorités traditionnelles algériennes avec des éléments contemporains.

Cependant, sur le plan financier, organiser un événement d'une telle envergure n'est pas sans défis. Bien que le gouvernement fournisse un financement essentiel pour le festival, cela ne suffit pas à couvrir tous les coûts. Navel Sarr doit donc régulièrement solliciter des entreprises privées et d'autres sources de financement pour garantir la réussite de SARFest. Chaque année, il lutte pour trouver de nouveaux commanditaires, mais il collabore régulièrement dans le cadre d’autres événements culturels comme le NL Folk Festival et le festival d’art nocturne de Corner Brook, CB Nuit, afin de mieux planifier et coordonner le festival.

Les évolutions à venir

En regardant vers l'avenir, Benjamin James s’est montré optimiste quant à l'évolution du festival. «Je vois un avenir brillant pour le SARFest, avec plus de collaborations interculturelles et l’intégration de nouveaux éléments, comme des conférences et des discussions éducatives autour de la musique et des cultures africaines.»

Navel Sarr, quant à lui, prépare déjà le prochain festival, édition qui coïncidera avec les Jeux d'été du Canada 2025. Il espère que cet événement attirera encore plus de participants et prévoit d'organiser davantage d'ateliers et de formations culturelles dont Benjamin James parle pour enrichir l’expérience du festival.

Le SARFest continue de servir de plateforme essentielle pour la promotion de la visibilité et de la représentation des cultures africaines et afro-descendantes à St. John’s, tout en favorisant une atmosphère d’inclusion et d’éducation. Au fil de son évolution, le festival promet d’introduire encore plus de moyens pour engager le public avec la diversité culturelle qui fait son succès.

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Photo: souslatenteSARfest

Photo: Cody Broderick

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  • Date de création 7 octobre, 2024
  • Dernière mise à jour 3 octobre, 2024
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