L’Atelier RADO vogue dans des eaux de plus en plus calmes
Malgré la tempête qui l’a frappé au début de l’année, l’Atelier RADO redresse la barre petit à petit.
_______________________
Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
En mars, le conseil d’administration de l’organisme voué au bien-être des plus démunis dans la région d’Edmundston et de ses environs a fait une annonce choc. Il a confirmé avoir limogé son directeur général, Yves Sévigny, à la suite de la découverte d’irrégularités financières.
Celui-ci fait d’ailleurs face à une accusation de fraude pour une somme de plus de 5000$. Le porte-parole du conseil d’administration de RADO, Michel Carrier, avait déjà reconnu que le groupe avait été induit en erreur sur les fonds que l’organisme avait à sa disponibilité.
Ces faits n’ont pas été prouvés en cour.
Quelques mois plus tard, l’organisme qui gère une banque alimentaire, une cuisine communautaire et une friperie voit la lumière au bout du tunnel, mais n’est pas encore sorti de l’auberge.
«Côté financier, on travaille encore à redresser la barre. On a fait un bon bout, mais il en reste un autre à faire. À un moment donné on s’est dit que l’on allait voir la lumière au bout du tunnel. Ensuite, on a commencé à la voir, mais elle était loin et là on a commencé à se rapprocher», a illustré Michel Carrier.
Le conseil d’administration est notamment dans le processus d’embauche d’un nouveau directeur général. Il a aussi réduit certaines dépenses, en plus d’effectuer des démarches supplémentaires afin d’obtenir du financement autre que celui que RADO obtient habituellement.
«La friperie nous aide beaucoup, alors on travaille là-dedans. Ça va bien, mais on essaie toujours d’aller chercher plus de revenus avec la friperie. On invite les gens à magasiner chez nous pour nous encourager», a ajouté Michel Carrier.
Depuis le début de l’année, les bénévoles et les employés se relaient afin de permettre à l’Atelier RADO de rester à flot.
«Tout le monde met beaucoup d’efforts. On a récemment perdu un employé pour deux mois, ce qui s’est rajouté à nos petits problèmes, mais on a quand même de bonnes nouvelles à travers tout ça.»
«Tous les bénévoles sont restés. Il y en a qui donnent beaucoup plus de temps qu’ils en donnaient avant. On a aussi eu des gens qui sont venus nous voir pour nous proposer leur aide. On va les contacter, car, oui, on a besoin d’aide.»
M. Carrier assure qu’aucun service n’a été éliminé et que le conseil ne prévoit pas en supprimer.
«À moins que l’on ait une autre grosse tuile qui nous tombe sur la tête, tout devrait se poursuivre normalement.»
Malgré la tourmente, le porte-parole du conseil d’administration de RADO estime que la population a continué de soutenir l’organisme.
«Il y a une très bonne partie de la population qui a su faire la différence entre le service que RADO offre et l’individu qui a pu causer les problèmes. Beaucoup de gens ont fait la part des choses et ont compris que l’on avait besoin d’aide. On a été chanceux de ce côté-là.»
«On a aussi des choses qui s’en viennent comme notre guignolée, la vente de biscuits sourires chez Tim Hortons et d’autres activités qui vont nous aider à redresser la barre.»
À l’approche de l’hiver et de la période des Fêtes, Michel Carrier n’a pas plus d’appréhension que pendant le reste de l’année. Vu le contexte actuel (inflation, nouveaux arrivants, etc.), il croit que les gens ont besoin de RADO pendant l’ensemble de l’année.
«Il ne faut pas oublier que la vague de Noël est plus émotionnelle que réelle, car les gens ont besoin de RADO à longueur d’année. La période des Fêtes est peut-être un moment plus nostalgique au cours duquel les gens aiment donner des cadeaux, alors il est normal de voir une pointe à ce niveau-là. Cependant, la pauvreté ne dure pas juste le temps de Noël, mais bien 12 mois par année.»
Michel Carrier a bon espoir que RADO passe à travers cette épreuve, notamment grâce à la générosité des gens de la région.
«On devrait pouvoir servir nos clients comme d’habitude et les défis ne paraîtront pas trop. On commence déjà à contacter nos commanditaires, organismes et personnes-ressources qui nous aident dans le temps des Fêtes.»
«Ce n’est pas quelque chose de nouveau pour nous, alors on a déjà mis beaucoup de choses en marche, notamment du côté de la banque alimentaire. Ça commence à prendre forme.»
Bien qu’il n’ait pas osé s’avancer sur un nombre précis, M. Carrier estime que RADO dessert une importante clientèle qui a d’ailleurs connu une augmentation importante au printemps. La situation s’est toutefois stabilisée au cours de l’été.
«Une chose est certaine, notre clientèle n’a pas diminué. On a des demandes qui s’ajoutent régulièrement. L’augmentation est moins forte qu’elle ne l’était il y a quelques mois, mais il y en a une quand même. Ça peut toutefois changer du jour au lendemain.»
-30-
Photo : L'Atelier Rado, d'Edmundston. - Archives
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 30 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 30 septembre, 2024