Rolly Larabie de retour au conseil municipal
Isabel Mosseler
IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest
Après deux mandats consécutifs comme conseiller municipal du quartier 6 (River Valley/Kipling), puis une défaite électorale contre Anne Tessier en 2022, Roland ‘Rolly’ Larabie est de retour à la table du conseil de Nipissing Ouest. Il a été nommé pour terminer le mandat actuel après la démission de Mme Tessier en août. La candidature de M. Larabie n'a fait l'objet d'aucune opposition, car son rival Paul Finley, également ancien représentant du quartier 6, a retiré son nom juste avant la clôture des nominations.
Néanmoins, M. Larabie a dû vendre sa salade devant le conseil actuel, conformément au nouveau règlement sur les nominations en cours de mandat, car sa sélection n'était pas garantie. Il a été nommé à l'unanimité lors d'une réunion extraordinaire tenue le 12 septembre, après une présentation faisant état de son engagement communautaire, ses réalisations et son désir de contribuer au progrès de la municipalité.
M. Larabie a fait l'éloge du plan de mandat du conseil, et plus particulièrement des contributions de Mme Tessier, déclarant qu'il souhaitait poursuivre ce travail. «J’aimerais commencer par féliciter le conseil pour le travail qu'il a accompli jusqu'à présent. Le fait que ce conseil ait commencé avec un plan de mandat me dit que vous avez commencé avec une vision et une idée claire de ce que voulez accomplir pour le Nipissing Ouest (...) [Merci] à la conseillère Anne Tessier pour son travail.»
M. Larabie a parlé de sa carrière d'opérateur de machinerie lourde et de restaurateur et de ses nombreux engagements bénévoles auprès des Chevaliers de Colomb, des pompiers de River Valley, de l’équipe de recherche et sauvetage, du conseil paroissial, du Club d'âge d'or de River Valley et du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest entre autres. En tant que conseiller municipal pendant deux mandats, il a été président des services environnementaux de Nipissing Ouest et du comité d'accessibilité, ainsi que de plusieurs autres comités.
Notamment, M. Larabie a fait partie de plusieurs délégations auprès du ministère des Transports, revendiquant le remplacement du pont de River Valley et la réfection des routes 539 et 539A, maintenant en cours. Le candidat a expliqué au conseil que, de 1999 à 2022, sa participation au système de gestion des déchets de River Valley a permis à la municipalité d'économiser 1,2 million de dollars, grâce à la mise en place de ‘magasins gratuits’ pour le recyclage de biens usagés dans deux décharges locales. «Mon objectif était de faire en sorte que toutes les décharges de Nipissing Ouest soient équipées de ce système.» Au cours de son mandat, il a revendiqué l'accès fiable à l’Internet dans River Valley. «Nous avions un très mauvais accès à Internet et nous avons plaidé auprès du gouvernement, pour obtenir des subventions, et auprès du conseil scolaire (...) Imaginez des enfants qui vont à l'école sans Internet!»
Le conseil a suivi la même procédure et posé les mêmes questions que lorsqu'il a remplacé Jérôme Courchesne, ancien conseiller du quartier 8, plus tôt cette année, abordant la transparence et l'intégrité du conseil. M. Larabie a parlé de ses expériences au sein d'un conseil fonctionnel et au sein d'un conseil dysfonctionnel, évoquant plusieurs sujets controversés actuels, des logements locatifs à court terme et des poulets aux politiques sur l'intégrité et les médias sociaux. Il s’est dit d'accord sur le principe de réglementer les locations à court terme, tout en préconisant une révision de la distance nécessaire entre les logements locatifs, soit un kilomètre, qu’il juge «un peu raide.» Il avait d’autres pensées sur cette question, affirmant «j'aurais ajouté qu'il fallait être un résident de Nipissing Ouest pour posséder un Airbnb (...) parce que les gens du sud achètent des maisons et ils n'ont pas la moindre idée de ce qui se passe ici.»
En réponse à une question sur la transparence financière, M. Larabie a déclaré : «Vous devriez savoir exactement où va votre argent.» Il a nuancé sa réponse en ajoutant que les délibérations budgétaires, la procédure d'appel d'offres et l'audit financier annuel sont tous publics, mais qu'en ce qui concerne les dépenses quotidiennes, «c'est au conseil de fixer les orientations et à l'administration de faire les achats.»
En ce qui concerne les plaintes du public et des particuliers, M. Larabie a déclaré que les plaignants doivent être redirigés vers le département municipal approprié. Par contre «si, au bout d'un certain temps, le problème n'est pas résolu ou si vous n'avez pas reçu de réponse de la municipalité, je demanderais au résident de m'en faire part. J'en parlerais au directeur général, qui est l'employé du conseil. À partir de là, nous trouverions les failles.» Il a précisé qu’il défendrait toute idée ou tout projet bénéfique pour la municipalité.
Une chose que M. Larabie n'a pas mentionnée, et qui pourtant a eu un impact majeur sur tout le Nipissing Ouest, c’est la transition d'une agence de police locale à la Police provinciale de l'Ontario (PPO) – une transition initiée à sa demande. Lors d'un entretien avec la Tribune, M. Larabie a montré que cette question figurait dans ses notes, mais il a manqué de temps pour l’aborder. Au cours de son premier mandat, c'est lui qui avait recommandé à la ville de procéder à une analyse des coûts de la police. Les membres du conseil qui souhaitaient maintenir le service de police municipal se sont opposés farouchement à cette proposition, mais la majorité a voté en faveur d’une analyse des coûts. Ce fut non seulement le début d'une transition finalement réussie, mais aussi le début de toutes les tensions qui ont rendu le conseil inopérant dans des impasses perpétuelles, y compris l'incapacité de remplacer un conseiller sans l'intervention de la province.
Cette question a mené à une confrontation judiciaire qui a coûté à la municipalité environ 300 000$ en frais d'avocat et après tant de conflits, aucun conseiller du dernier mandat n’a été réélu en 2022. Or, malgré toute cette controverse, M. Larabie dit qu’il ne regrette rien. «Je suis très fier d'avoir accompli cela (...) Je suis fier du résultat parce que maintenant, la plupart des gens savent que c'était la meilleure façon d'aller de l'avant.» Il ajoute que la plupart des opposants étaient motivés par des raisons sentimentales, ce qu'il comprend et respecte, mais que le conseil devait être pragmatique. Aujourd'hui, il espère que la page est tournée. «C’est fait, nous l'avons obtenu, c'est terminé. Alors passons à autre chose.»
Cependant, M. Larabie reconnaît que même la PPO a des défis de taille à surmonter pour assurer l’ordre dans la municipalité, compte tenu des problèmes de drogue et de vols qui sévissent. Selon lui, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, et il aimerait que la collectivité s'implique davantage. «J’aimerais qu'il y ait des réunions communautaires. (...) Les gens se sont plaints que la police ne faisait rien [contre les vols à River Valley], mais nous devons nous rendre compte que la police ne peut pas intervenir avec force tant qu'elle n'est pas sûre (...), mais il se passe des choses en coulisses (...). Il y a beaucoup de facteurs. J'aimerais beaucoup siéger à la commission des services policiers,» dit-il.
L'un des sujets qui intéresse particulièrement M. Larabie, c’est le plan directeur du service de lutte contre les incendies. Il explique qu'à River Valley, la caserne des pompiers est le cœur de la communauté et que le plan directeur, une fois achevé, pourrait identifier certaines casernes comme redondantes. «Avec ce plan, nous ne serons peut-être pas garantie une caserne de pompiers à River Valley.» Il surveille attentivement la situation, car la distance entre une résidence et une caserne de pompiers peut influer sur les primes d'assurance. Cet examen pourrait donner lieu à des choix difficiles. Or, M. Larabie n'a aucune difficulté à traiter les sujets controversés, comme il l'a montré pour d'autres questions litigieuses, et il se dit prêt à défendre les intérêts de sa communauté.
Il aime également souligner que sa circonscription est mûre pour l'expansion économique, car elle est riche en ressources minérales et forestières, et que de bonnes routes - sa spécialité - sont essentielles à la croissance. Il est bien conscient du mécontentement de plusieurs résidents qui accusent le conseil actuel de réglementation abusive. M. Larabie rappelle que tous les règlements peuvent être modifiés au besoin, et qu’il recommanderait des changements si nécessaire. «Les règlements sont nécessaires. (...) Certaines personnes ont besoin de règlements pour encadrer leurs actions car elles n’ont pas assez de bon sens. C’est pourquoi il faut appliquer des lois. Mais il n’est pas bon de surréglementer quoi que ce soit. (...) Le personnel a la responsabilité de soulever les problèmes qui surviennent. C’est au conseil ensuite de prendre les décisions, de trouver une solution équilibrée (...), mais il n’a pas besoin de sauter sur tout ce que le personnel apporte (...) Quand nous [votons] sur une résolution, si elle ne passe pas, c’est beaucoup d’heures gaspillées.»
Il donne l'exemple de l'arrêté sur les caravanes, auquel les habitants se sont d'abord opposés, mais qui répondait à des préoccupations quant à l’environnement. «Personne ne veut voir des eaux usées brutes jetées dans des cours d’eau (...) Il faut donc trouver un équilibre et donner aux autorités le pouvoir d'agir si quelque chose ne va pas. Mais n’essayons pas de régler un problème qui n’existe pas.»
Après un mandat difficile et une défaite en 2022, on pourrait se demander pourquoi Rolly Larabie a choisi de servir à nouveau sa municipalité, mais c'est sa femme Hélène qui l'a encouragé. Il raconte qu'ils étaient à leur chalet lorsque sa femme a abordé le sujet. «La dernière fois que je me suis présenté, je m'étais engagé pour quatre ans (...) Je n'ai pas été retenu. (...) J'étais assis sur la terrasse, au camp, avec ma femme, en train de boire le café du matin en écoutant les huards. C'est tellement beau (...) Et elle m'a dit : «Il te manque quelque chose. Pourquoi ne remets-tu pas ton nom?» J'ai dit «Oui, mais regarde comme c'est beau.» [Elle a répondu] «Oui, mais je te connais, (...) il te manque quelque chose.» Alors, oui, je crois que je n'en ai pas fini (…) avec la politique (...). Il n'y a rien de plus agréable que de pouvoir contribuer.»
Rolly Larabie pense qu'il peut encore être utile au sein du conseil. Hélène et lui ont trois fils et six petits-enfants, tous au Nipissing Ouest, de sorte qu'il a un intérêt personnel à améliorer la vie communautaire. Il est ouvert au changement mais respectueux des efforts passés. «Nous devons adopter une attitude positive à l'égard des gouvernements provincial et fédéral [et du conseil municipal] (...) Il ne faut pas être conflictuel. J'aurais pu me présenter dans cette salle la semaine dernière et critiquer le conseil, mais ce n’est pas productif. Vous pouvez tout aussi bien faire des compliments sur les bonnes choses (...) Il y a toujours des mauvaises choses. Si vous voulez en trouver, vous en trouverez.» À 65 ans, Rolly Larabie est la seule personne aînée à siéger au conseil municipal, et il se dit assagi par l’expérience. Il a fait plusieurs fois le tour de la question et affirme qu'une attitude positive face à la résolution des problèmes est le meilleur moyen de faire avancer les choses.
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Photo :
Roland Larabie, nouvellement nommé conseiller municipal de Nipissing Ouest, en compagnie de son épouse Hélène, qui l'a encouragé à se lancer à nouveau dans la politique.
Crédit photo : Isabel Mosseler
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- Date de création 28 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 28 septembre, 2024