Nord-Ouest: près de 1000 nouvelles unités de logement sont nécessaires

L’ensemble des municipalités du Nord-Ouest en savent maintenant davantage par rapport aux besoins en logements dans la région. Les résultats d’une étude commandée par la Commission des services régionaux du Nord-Ouest ont été dévoilés, mercredi.

_______________________

Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Selon la stratège régionale à la CSRNO, Mélanie Ruest, le rapport sert notamment à faire un portrait de la situation pour les municipalités de Grand-Sault, Saint-Quentin, Vallée-des-Rivières et Haut-Madawaska, en plus de cibler les besoins en logement pour les cinq prochaines années. L’aspect logement n’inclut pas Edmundston qui a fait un exercice similaire il y a environ un an et demi.

«Afin d’avoir les outils et faire en sorte que ce soit utile, il fallait bien comprendre. Ce n’est pas un processus que l’on pouvait prendre à la légère. On sait que, maintenant que l’étude est soumise, les gens pourront faire des demandes de soutien financier pour développer des initiatives.»

Elle ajoute que cette étude s’arrime à celle qui a été réalisée à Edmundston, dont les résultats ont été dévoilés en janvier 2023. Mme Ruest juge que des initiatives semblables à ce qui a été présenté à Edmundston pourraient être développées ailleurs au Nord-Ouest.

«Nous, on leur a apporté les outils pour les épauler dans leurs demandes. À partir de là, il faudra trouver des projets et regarder ce qui peut être fait. L’étude nous montre beaucoup plus de places dans lesquelles la CSRNO, le gouvernement, les municipalités et les promoteurs peuvent agir.»

Au lieu de viser le long terme, l’étude de la CSRNO s’est contentée de dresser un portrait sur cinq ans. Selon Mme Ruest, il était plus facile de planifier à court terme.

«C’est tout de suite qu’il faut agir. Les choses peuvent changer tellement rapidement que l’on a décidé de se concentrer sur le court et moyen terme.»

Pour sa part, le maire de la Municipalité régionale de Grand-Sault, Bertrand Beaulieu, estime que sa municipalité pourra enfin y voir plus clair.

«On a maintenant des données avec lesquelles travailler (…) On va pouvoir s’asseoir avec les entrepreneurs et leur présenter nos données et voir ce que l’on peut faire ensemble pour répondre à ce besoin.»

Faits saillants de l’étude 

D’ici cinq ans, 955 unités supplémentaires seront requises sur le territoire ciblé par l’étude de la CSRNO, soit 387 à Grand-Sault, 236 à Vallée-des-Rivières, 163 à Saint-Quentin et 169 à Haut-Madawaska.

En prenant en compte les projets de construction de logements qui ont été confirmés, il existe, selon l’étude, un manque à gagner de 79 logements dans le Haut-Madawaska, de 227 à Vallée-des-Rivières, de 227 à Grand-Sault et de 148 à Saint-Quentin.

Le maire de Grand-Sault, Bertrand Beaulieu, s’est d’ailleurs dit surpris d’un besoin si élevé.

«Dans les quatre ou cinq dernières années, environ 125 unités ont été construites. On pensait que le chiffre était un peu moins grand.»

Les défis varient également d’un endroit à l’autre, selon l’étude. Dans le Haut-Madawaska, les infrastructures municipales désuètes sont un frein au développement. À Vallée-des-Rivière, il s’agit plutôt du manque de terrains municipaux à développer. À Grand-Sault, on note un manque d’intérêt des promoteurs envers le logement abordable. À Saint-Quentin, la capacité financière limitée de la Municipalité et le manque de subvention sont des obstacles.

«Chaque municipalité à ses propres particularités et besoins. Il y a des similitudes, mais ce n’est pas tout à fait pareil partout», a mentionné Mélanie Ruest.

Pour ce qui est des enjeux importants en lien à la pénurie de logements dans la région du Nord-Ouest, l’étude en a soulevé quelques-uns.

Il y a tout d’abord les effets néfastes sur les entreprises qui ne peuvent recruter efficacement de la main-d’œuvre pour accomplir leur vision de croissance. Selon l’étude, les familles sont aussi les grandes perdantes, car il existe une grande préférence pour les locataires seuls, plus tranquilles. Il existe aussi un manque de logements à proximité des services et de logement abordables.

La maire de Vallée-des-Rivières, Lise Roussel, a indiqué que la majorité des gens de sa communauté sont des propriétaires de résidences. Ce qui manque, selon elle, ce sont les logements abordables pour le reste de la population.

L’étude a même dévoilé qu’au sein des municipalités de la CSRNO et même à l’échelle des communautés rurales du Nouveau-Brunswick, il existe un préjugé envers les logements abordables.

«Dans l’esprit de plusieurs, ces appartements sont associés à la pauvreté ou à des difficultés sociales, ce qui peut conduire à une certaine forme de discrimination ou de réticence de la part de la communauté environnante. Ainsi, en raison de cette stigmatisation, la création d’unités sociales amène des défis supplémentaires, puisque la population a tendance à s’opposer aux projets d’unités abordables. Il s’agit du syndrome du “pas dans ma cour”», peut-on lire dans l’étude.

Selon d’autres données retrouvées dans l’étude, la moyenne d’âge de la population du Nord-Ouest (47,6 ans) est plus élevée que la moyenne provinciale (44,6 ans).

De plus, 73% des ménages comptent deux personnes ou moins. Le revenu de ces ménages est d’ailleurs inférieur à la moyenne du Nouveau-Brunswick (12% de moins). De plus, la proportion des ménages ayant un revenu inférieur à 60 000$ est de 53% sur le territoire de la CSRNO, alors qu’elle est de 42% pour l’ensemble du Nouveau-Brunswick.

Le parc immobilier dans la région est également plus vieux comparé à la province dans son ensemble. Environ 60% des habitations ont été construites avant 1980 au Nord-Ouest, alors que le pourcentage s’élève à 50% à l’échelle provinciale.

Dans cette optique, l’étude a aussi déterminé qu’un logement sur 10 doit recevoir des réparations majeures.

-30-

Photo : -----

 

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 23 septembre, 2024
  • Dernière mise à jour 23 septembre, 2024
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article