Quand un collège québécois fait appel à des Terre-Neuviennes
Depuis plusieurs années, le Collège St-Charles-Garnier de Québec propose son programme En français à Québec. Un mélange de cours de français et d’activités en français avec des animateurs francophones en provenance notamment de Terre-Neuve-et-Labrador.
André Magny
IJL – Réseau.Presse – Le Gaboteur
Cette année, c’est plus de 350 jeunes âgés entre 14 et 17 ans qui sont venus passer tout le mois de juillet sur le campus de l’Université Laval. Des jeunes venus dans la capitale québécoise grâce notamment à des programmes de subvention comme Explore, financé par le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC) ou encore Adventure, subventionné par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.
Et pour s’occuper de tous ces francophiles en devenir, il faut, certes des enseignants de français le matin, mais le reste du temps, l’après-midi, le soir et même la nuit, il faut toute une cohorte d’animateurs. Il y en avait 22 cette année.
Si une bonne douzaine provenait du Québec, les dix autres étaient issus de quatre provinces canadiennes: la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario et Terre-Neuve. Avec l’Ontario, c’était Terre-Neuve-et-Labrador qui avait le plus de représentantes au sein du groupe d’animateurs, soit quatre.
Pour Maude-Émilie Têtu, conseillère aux cours privés et en entreprise au Collège St-Charles-Garnier, les animatrices terre-neuviennes étaient «des personnes très ouvertes, accueillantes et elles connaissaient bien le programme En français à Québec.» Certaines en étaient à leur 2e ou même leur 3e année au sein du programme. «Comme nous recevons environ 80 boursiers Terre-Neuviens pendant l’été, poursuit Mme Têtu, il est important pour nous qu’ils se sentent représentés par l’équipe d’animation et je crois que ça a effectivement été le cas. Ces jeunes filles sont un beau modèle pour les élèves. Comme leur français est vraiment impeccable, cela démontre aux élèves que s’ils font des efforts pour apprendre la langue, ils peuvent réellement apprendre et devenir meilleurs.»
Le Gaboteur a discuté avec deux de celles-ci.
De participantes à animatrices
Carly Clifford et Lindsay Payton ont toutes deux été étudiantes avant de devenir animatrices. Dans les deux cas, c’était en 2018. Quant à leur expérience en tant qu’animatrice, c’était la deuxième fois pour Carly et la troisième pour Lindsay.
Pour Carly Clifford, qui anime des cours de conversation à St. John’s, ce deuxième mois de juillet lui a été encore plus profitable que le premier: «J’étais plus à l’aise avec l’équipe ainsi qu’avec le concept du programme. À l’époque, en 2018, quand j’avais 16 ans, je n’étais même pas capable d’imaginer que je deviendrais animatrice!»
Ce que sa collègue Lindsay de Paradise apprécie particulièrement en tant qu’animatrice, c’est «d’être le témoin direct de l'apprentissage qui se produit au cours des quatre ou cinq semaines. Il est très encourageant de voir les progrès et la résilience dont font preuve de nombreux élèves. Tout le monde, l’équipe comme les élèves, est là pour apprendre et progresser ensemble.»
Aux côtés de deux autres Terre-Neuviennes, Claire Hatcher et Joey Champdoizeau, le groupe des Maritimes a pu expérimenter ce que Lindsay Payton appelle le fait d’être une «parleuse de français langue seconde», qui apprend encore du vocabulaire dans un contexte autre qu’une salle de classe.
L’amour du français
Le grand-père paternel de Carly serait assurément fier de sa petite-fille. Née de parents anglophones, ce sont eux qui ont insisté pour que leur fille soit inscrite en immersion. C’est à compter de la 7e année qu’elle s’est aperçue de la chance de parler en français. Si elle a fait un bac en français, elle a l’intention de poursuivre ses études universitaires en droit, histoire d’avoir plus d’une corde à son arc. Une chose est sûre, elle a bien l’intention de vivre dans une région où on entend le français comme Montréal, Québec ou Ottawa. «Je serais très triste de ne pas parler en français.»
Pour Lindsay, elle affirme que, selon elle, c'est sa participation au programme qui l'a fait «vraiment tomber amoureuse du français » et décider d’en faire éventuellement une carrière «qui me permettrait de l'utiliser tous les jours. J'ai adoré mes cours, mes ateliers et la culture et mon expérience vécue m'a vraiment motivé à continuer.» Après un baccalauréat ès arts en français et linguistique, elle terminera en juin 2025 un deuxième diplôme, un baccalauréat en éducation (primaire, français langue seconde) à l'Université d'Ottawa. Elle se réjouit d’ailleurs que l'Université Memorial ait lancé «un programme pilote semblable à celui que je fais à l'Université d'Ottawa», ce qui permettra «aux futurs enseignants de français à Terre-Neuve d'obtenir une formation plus approfondie.»
Enfin, ses séjours au Québec lui ont permis aussi de constater les liens entre les Québécois et les Terre-Neuviens. «Que ce soit à travers les défis économiques, comme l'effondrement des pêches à Terre-Neuve, ou les luttes politiques et économiques au Québec, les habitants de ces deux provinces font preuve d'une grande résilience face à l'adversité. Tout comme les Québécois sont fiers de leur langue et de leur culture, les Terre-Neuviens sont également très attachés à leur identité unique, forgée par leur histoire et leur culture distinctes dans le contexte canadien.»
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Photo: Courtoisie
Caption: Lindsay Payton porte fièrement le t-shirt du programme En français à Québec du Collège Saint-Charles-Garnier: «Le français pour tous – Tous pour le français!»
Photo: CarlyClifford
Photo: Courtoisie
Caption: Le programme En français à Québec permet aux jeunes de 14 à 17 ans et à des animatrices comme Carly Clifford de visiter certains attraits de la région de la capitale nationale du Québec, comme ici au Canyon Sainte-Anne.
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- Date de création 23 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 20 septembre, 2024