Demandeurs d’asile: les libéraux et les verts critiquent Higgs
Le Parti vert et le Parti libéral affirment que Blaine Higgs tente de semer la peur par rapport à un plan d’Ottawa de confier davantage de demandeurs d’asile aux provinces.
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Alexandre Boudreau
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl
Blaine Higgs a affirmé cette semaine, à quelques jours du déclenchement de l’élection provinciale, qu’Ottawa enverrait 4600 demandeurs d’asile au Nouveau-Brunswick sans fournir d’aide financière et qu’il s’agissait d’une décision unilatérale du gouvernement Trudeau. Il s’agit d’environ dix fois le nombre de demandeurs d’asile qui ont été acceptés au N.-B. par le passé.
Le ministère de l’Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté du Canada a contredit Blaine Higgs le soir même, affirmant que le transfert ne se ferait pas sans le consentement des provinces et que de l’aide financière serait fournie le cas échéant.
David Coon a dénoncé les propos du premier ministre en l’accusant d’avoir déformé la proposition d’Ottawa.
«Ce n’est pas la vérité, il ment. C’est une stratégie électorale de créer un bouc émissaire pour les électeurs. Au début, c’était les [personnes vivant avec] une dépendance, maintenant, ce sont les personnes qui viennent de l’extérieur du Canada. Ce n’est pas acceptable, ça représente une tactique trumpienne afin de mettre un peu de peur dans la population.»
Le Parti libéral du N.-B. juge lui aussi que le premier ministre Blaine Higgs «exagère les faits».
«Le premier ministre Higgs se montre une fois de plus imprudent et exagère les faits tout en essayant de créer la division et la peur à propos de cette nouvelle. Chacune de ces distractions permet à M. Higgs de se soustraire à la crise des soins de santé et de l’abordabilité tout en faisant de la politique avec la vie des personnes vulnérables», a indiqué le parti par courriel.
Le bureau du premier ministre n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue jeudi, mais a fourni une partie d’une diapositive du gouvernement fédéral montrant que la part des demandeurs d’asile qui seraient transférés au N.-B. serait dans l’ordre de ce qu’a affirmé le premier ministre, soit 4568.
Aissa Diop, directrice des communications du bureau de Marc Miller, ministre de l’Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté, affirme que le chiffre de 4568 représente le «scénario idéal», soit la proportion de demandeurs d’asile qui pourraient être transférés au N.-B. si la province l’acceptait.
«Mais ce scénario-là ne va pas se réaliser parce que, comme on le sait tous, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick sont sorties pour dire non», dit-elle.
Le gouvernement fédéral avait d’abord affirmé que la Nouvelle-Écosse était l’une des provinces qui avaient accepté d’accueillir davantage de demandeurs d’asile. Mais le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a emboîté le pas à son homologue du Nouveau-Brunswick sur X, anciennement Twitter, jeudi.
«Il est tout simplement inacceptable que le gouvernement Trudeau tente d’imposer des milliers de demandeurs d’asile à notre province en ce moment.»
«C’était une grande surprise, parce qu’il (M. Houston) est coprésident de cette table de discussion», dit Aissa Diop, en ajoutant que jusqu’à maintenant, les discussions avec la ministre de l’Immigration de la Nouvelle-Écosse étaient «amicales».
Désaccord sur le financement
En conférence de presse jeudi, Blaine Higgs a répété que l’aspect financier de cet échange de demandeurs d’asile n’avait jamais fait partie des discussions.
«Il n’y a eu aucune confirmation de ressources quelconques qui suivraient ceci, rien du tout», a-t-il affirmé.
Mme Diop a affirmé que la contribution financière d’Ottawa a toujours été sur la table, mais qu’il est trop tôt pour préciser ce financement sans savoir combien de gens les provinces peuvent accueillir.
«On leur a dit oui, on peut vous donner de l’argent, mais est-ce qu’on peut être d’accord depuis le début que vous êtes disposés à faire partie de ce modèle de distribution? Nous, on avait l’impression que la discussion allait bien, mais on ne peut pas parler de 10 millions $ ou de 20 millions $ sans pour autant qu’ils nous disent le nombre de personnes qu’ils sont disposés à accueillir.»
Jeudi, M. Higgs a toutefois indiqué que même accompagnée d’une aide financière, l’arrivée de milliers de nouveaux arrivants poserait problème en raison du manque de logement dans la province.
«Nous devons simplement avoir un processus bien géré. C’est tout ce que nous demandons.»
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Photo : La chef libérale Susan Holt - Archives
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- Date de création 18 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 18 septembre, 2024