L'impro, bonne pour l'estime de soi et le français
Depuis 2008, la ligue d’improvisation pour adultes l’Acronyme sillonne Ottawa et Orléans. D’une improvisation mixte à une impro comparée, c’est aussi l’estime de soi qui se développe au détour des rires et des applaudissements.
_______________________
André Magny
IJL – Réseau.Presse – L’Orléanais
Lorsque joint au téléphone, Frédéric Lalonde, improvisateur de longue date et responsable du communautaire et des relations avec les organismes, préparait fébrilement le camp de recrutement de l’Acronyme, qui s’est tenu le 7 septembre. Tout comme l’an dernier, il s’attendait à ce qu’une quarantaine d’improvisateurs tentent de se tailler une place au sein des quatre équipes que compte la ligue. Résultat, pour cette 15e saison, chaque équipe comprendra cinq joueurs et joueuses, revêtant leur chandail entre les murs de l’Institut canadien-français d’Ottawa, au Marché By.
Animateur culturel au sein du Collège catholique Franco-Ouest, M. Lalonde précise que l’Acronyme assure l’arbitrage lorsque le MIFO programme des matchs d’impro comme ce sera le cas le 24 septembre, lors de la journée pour souligner les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, ou lors de la saison régulière d’impro du MIFO. Non seulement sa ligue s’occupe-t-elle de l’arbitrage, mais elle assure également une formation auprès des élèves du secondaire avant les rencontres mensuelles du MIFO.
Jouant souvent devant des salles de 75 personnes, Frédéric estime que l’improvisation permet de se regrouper et d’avoir un impact sur la langue de Robert Gravel. « Ici, il n’y a pas de combat pour la langue. La majorité des joueurs se sentent épanouis grâce à l’impro. »
Le français dans un cadre divertissant
Professeure titulaire à l’Université d’Ottawa et vice-doyenne aux études, Christine Dallaire s’est particulièrement intéressée au cours des dernières années au rôle du sport et de l’activité physique dans une perspective socioculturelle et dans la construction identitaire des jeunes francophones en milieu minoritaire.
Elle trace facilement un parallèle avec l’improvisation. « Que ce soit la pratique d’un sport, être membre dans une chorale ou faire de l’improvisation, l’important, c’est la pratique régulière d’une langue dans un milieu divertissant. Ça permet de tisser des liens dans un contexte agréable. » Elle ajoute même que la pratique d’une activité comme l’impro permet « de développer des talents, non seulement pour soi, mais aussi pour les autres. C’est bon pour l’estime de soi. »
Patrik Guillotte, animateur culturel à l’école secondaire catholique Paul-Desmarais, abonde dans le même sens. L’impro s’est accrochée à ses baskets en 2001, alors qu’il était au secondaire. Il estime que pour lui, cet art de la scène est devenu « un moyen social et une échappatoire. Cependant, pour les jeunes, c’est un art incroyablement formateur. L’impro permet de développer des compétences essentielles pour le monde professionnel, telles que l’écoute active, la rapidité d’esprit, la confiance en soi, l’ouverture d’esprit, ainsi que le vocabulaire et la culture générale. » Il a la chance de s’en rendre compte au MIFO ainsi que lors des rencontres de la nouvelle ligue estivale d’impro au club de golf de Hammond dans l’Est ontarien.
Les improvisateurs le disent, cette forme théâtrale est éminemment rassembleuse. En s’entraînant en français, « on vit des émotions très fortes », comme l’affirme Christine Dallaire. « Contrairement aux sports, en impro, nous coconstruisons des histoires avec des inconnus, ce qui favorise la proximité et un sentiment d’appartenance plus facilement », de renchérir Patrik Guillotte.
-30-
Titre : L'Acronyme avec l'Impronet de France
Légende : En 2023, l'équipe des Alchimistes de la troupe française d'improvisation IMPRONET est venue jouer avec les joueurs de l'Acronyme.
Crédit : gracieuseté de l'Acronyme
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 16 septembre, 2024
- Dernière mise à jour 16 septembre, 2024