La Flamme de l'espoir met en lumière le suicide

Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest

Le 10 septembre était la Journée mondiale de la prévention du suicide, et une petite foule s’est rassemblée à la baie Minnehaha à Sturgeon Falls pour l’occasion, assistant à l'allumage annuel de la Flamme de l'espoir, organisé par le groupe de prévention du suicide de Nipissing Ouest. La flamme est destinée à servir de phare aux personnes qui luttent contre la dépression et les pensées suicidaires, ainsi qu'aux familles qui doivent faire face aux conséquences d'un suicide, afin de leur rappeler qu'ils ne sont pas seuls. La flamme restera allumée au bord de la rivière Sturgeon jusqu'au dimanche 15 septembre.

La cérémonie a débuté par un tambour et un chant par Marianne Van Beek, aînée de la Première nation Nipissing, suivis de deux prières, l'une en ojibway et l'autre en anglais. Thomas Lambert, membre de la PNN, et Lynn Perrault, directrice du Centre Alliance pour la santé mentale, ont chacun parlé de leurs expériences personnelles.

M. Lambert a raconté l'histoire d'un jeune autochtone qui, à l’âge de 13 ans, a perdu son frère au suicide en 1979. «Quinze ans plus tard, la famille a été frappée à nouveau de ce fléau, perdant cette fois-ci une sœur, une fille. Une fois de plus, elle a dû essayer de comprendre pourquoi, et faire un long travail de guérison,» a-t-il poursuivi. Puis, il a raconté qu’un troisième membre de cette même famille s’est suicidé. Enfin, M. Lambert a révélé que le garçon en question, c’était lui, et tous qui écoutaient son parcours déchirant s'émerveillaient de sa résilience. «On ne peut pas répondre à la question «pourquoi», ni se dire «si ceci» ou «si cela». On n’aura jamais les réponses,» a-t-il déclaré, conseillant aux gens de se concentrer «sur l'acceptation de la décision de la personne qui a choisi cette voie pour traverser vers le monde des esprits.» M. Lambert a également parlé de son propre processus de guérison, dont une grande partie consiste à aller dans la nature et se connecter avec la Terre mère. La beauté de la faune et de la flore renforce son propre lien avec la Terre, source de vie, dit-il.

Après la cérémonie, M. Lambert a expliqué ce qui l'avait poussé à partager son histoire très personnelle. Il a admis qu'au départ, il n’en parlait jamais, mais qu'il a fini par se sentir responsable de la partager avec d'autres personnes qui pourraient être en difficulté. «Si je peux aider une personne, j'ai fait mon travail, mais j'espère pouvoir en aider plus,» dit-il, ajoutant que c’est aussi une forme d'autoguérison qui lui permet «de libérer une mauvaise énergie.»

Mme Van Beek a ajouté que de nombreuses familles de sa communauté vivent toujours avec les séquelles des pensionnats autochtones, ce qui se manifeste en problèmes de santé mentale et de dépression sur plusieurs générations, d'où le besoin de faire de la sensibilisation et de la prévention.

Mme Perreault a évoqué sa longue carrière santé mentale et en toxicomanie. «Dans les nombreuses conversations que j'ai eues au fil des ans avec des clients, des membres de la famille, des collègues et des amis, il m'est toujours apparu clairement que, le plus souvent, les personnes qui envisagent de mettre fin à leurs jours ne veulent pas vraiment mourir. Ils cherchent plutôt désespérément un moyen d'arrêter leur souffrance,» a-t-elle expliqué. Mme Perreault a souligné l'importance de la sensibilisation pour que les gens sachent qu'il existe des alternatives et de l'aide.

Elle a reconnu que les conversations sur le suicide sont difficiles, mais a exhorté les gens à avoir ces conversations même s'ils se sentent mal à l'aise. «Je vous promets que cela n'encouragera pas la personne à aller jusqu'au bout de son plan. Cela ne plantera pas la graine, comme je l'ai souvent entendu au cours de ma carrière. Étant moi-même passée par là, je peux honnêtement vous dire aujourd'hui qu'il y a beaucoup d’avantages à poser la question. Il est très positif de prendre le temps de s'asseoir avec quelqu'un et de l'écouter vraiment, de lui permettre d'être entendu et de se sentir compris,» a-t-elle conseillé. Elle a insisté sur le fait que de telles conversations peuvent aider une personne à trouver de l'aide professionnelle, comme celle proposée localement par le Centre Alliance.

Selon Tina Bouffard, présidente du groupe de prévention du suicide, le comité a décidé il y a neuf ans que la présence physique d'une flamme de l'espoir dans la communauté «agit comme un phare pour ceux qui luttent contre les pensées suicidaires, ceux qui ont perdu quelqu'un à cause du suicide.» Le groupe espère que cette flamme enverra un message clair : «vous n'êtes pas seuls.»

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Une petite foule à la baie Minnehaha a assisté à l'allumage de la Flamme de l'espoir à l'occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, le 10 septembre. Près de la flamme, les invités Lynn Perreault et Thomas Lambert ont prononcé des discours personnels et touchants.

Crédit photo : Christian Gammon-Roy

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  • Date de création 15 septembre, 2024
  • Dernière mise à jour 15 septembre, 2024
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