Le Centre Jean-Daigle d’Edmundston est-il utilisé à son plein potentiel?

Le Centre Jean-Daigle est, pendant la saison hivernale, un lieu de rassemblement incontournable, en partie en raison des rencontres de Blizzard d’Edmundston. Certains s’interrogent toutefois à savoir si l’amphithéâtre communautaire atteint son plein potentiel.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Il y a environ deux semaines, l’artiste Luc A. Charette a partagé un message sur les réseaux sociaux afin de partager son avis sur la question.

Dans quelques paragraphes, celui-ci se demande pourquoi une infrastructure pouvant accueillir plus de 3000 personnes n’a pas été en mesure d’accueillir des événements ayant le potentiel d’attirer davantage de touristes au Madawaska.

«(Ça) fait pratiquement trois ans que je suis de retour dans la région. La seule occasion que j’ai eu d’approcher le Centre Jean Daigle c’est lors du «Diner en blanc» l’an dernier. Pas à l’intérieur du bâtiment, plutôt dans le stationnement combiné du Centre Jean-Daigle et du CCNB.»

«(C’est) bien beau avoir les infrastructures. Ça prend des visionnaires et des promoteurs qui ont de l’imagination et de la créativité pour orchestrer ou attirer des événements. (Ce ne sont) pas les artistes qui manquent pour créer un spectacle pourtant, pas les mordus de motocross et de vieilles bagnoles, pas les grandes vedettes de ce monde.»

Bien plus que du hockey, selon le maire

Le maire d’Edmundston, Eric Marquis, s’est dit satisfait de l’achalandage jusqu’à maintenant, ajoutant que plus de 100 000 personnes ont franchi les portes de l’amphithéâtre l’an dernier.

«Il y en a beaucoup d’entre eux qui sont venus pour les sports de glace, mais il reste que le Centre Jean-Daigle revêt une très grande importance dans notre communauté. Les gens viennent pour toutes sortes d’occasions. Il a vraiment une vocation multifonctionnelle.»

Il estime qu’il est faux de croire que l’achalandage du Centre Jean-Daigle ne se résume qu’aux parties de hockey, que ce soit du Blizzard ou des autres équipes.

«Il est clair que si quelqu’un considère le Centre Jean-Daigle uniquement comme un aréna avec une surface de glace, il va seulement voir une surface de glace et ne verra pas les autres activités.»

«Juste dans la dernière année, il y a eu des activités qui ont eu lieu entre le mois d’avril et la réouverture de la surface glacée en août. On n’a qu’à penser au Gala de la PME, aux activités dans le cadre de la Journée de la famille, le Souper Richelieu. Il y a aussi les événements annuels comme les collations de diplômes, des congrès, des salons. On a cette possibilité-là, mais il y a encore la possibilité d’aller en chercher encore plus.»

Même si ces événements attirent une proportion importante de gens de la région, M. Marquis soutient que certains d’entre eux ratissent plus large.

«Ça dépasse les limites d’Edmundston et même du Nord-Ouest. On a eu des gens du Témiscouata, de Saint-Quentin, de Perth-Andover ou du Maine. C’est quelque chose d’intéressant, car ça ouvre la porte à un groupe plus élargi et à d’autres événements.»

Il reconnaît qu’il reste du travail à faire afin de bonifier davantage l’offre disponible dans l’amphithéâtre, construit au coût de plus de 20 millions$, qui a ouvert ses portes en 2017.

La Ville d’Edmundston indique d’ailleurs sur son site web que l’endroit comprend 2400 places en mode glace et 3700 places en mode spectacle.

«En raison de sa conception technique et scénique, l’amphithéâtre sera en mesure d’accueillir des spectacles majeurs, des salons et divers événements culturels et communautaires ainsi que des événements sportifs et des activités sur glace», peut-on aussi lire.

Difficile après-pandémie

L’ouverture officielle du Centre Jean Daigle avait donné lieu à des spectacles d’envergure à l’époque. Gregory Charles et Marie-Mai avaient notamment offert des prestations. Quelques spectacles musicaux et d’humour ont eu lieu lors des dernières éditions de la Foire Brayonne. La Soirée des Éloizes 2018 a aussi eu lieu dans l’enceinte du Centre Jean-Daigle.

La COVID-19 est toutefois venue freiner cet élan et, depuis, il y a eu peu d’événements du genre à cet endroit.

«Il ne faut pas oublier que le Centre Jean-Daigle a ouvert à la fin de 2017. À partir de 2020, on a passé deux ans et demi à ne pouvoir rien faire. Ç’a été un défi de trouver des promoteurs qui ont survécu à la pandémie ou des promoteurs qui ne cherchent pas que les gros marchés.»

Spectacles d’amphithéâtre

Le maire Marquis confirme que la Municipalité évalue ses options quant à l’organisation d’événements de grande envergure à l’intérieur de l’amphithéâtre communautaire. Ce travail n’est toutefois pas sans défis.

Selon Eric Marquis, il peut être difficile de trouver des promoteurs qui sont prêts à produire des spectacles dans un amphithéâtre qui n’a pas les mêmes dimensions que ceux que l’on retrouve dans les grandes villes du Canada, et même celles du Nouveau-Brunswick, comme à Moncton.

«Notre objectif n’est pas de nous comparer aux grandes villes comme Québec, mais on est capable de tirer notre épingle du jeu en allant chercher quelque chose d’intéressant pour le Centre Jean-Daigle en dehors des sports de glace.»

Le maire d’Edmundston souhaite que la présentation de Martin Levac et son spectacle hommage à Phil Collins et Genesis, en juin, relance cette tendance qui s’était estompée depuis quelques années.

«Ce sera un spectacle de haut niveau et qui ne sera pas très dispendieux. En ayant un spectacle comme celui-là, il pourrait y en avoir d’autres par la suite. Cependant, les gens cherchent beaucoup de choses à l’extérieur pendant la période estivale, alors il faut être capable de balancer tout ça. On ne veut pas passer par-dessus des organisations qui offrent déjà des spectacles en été.»

Il a aussi confirmé qu’en raison de la présentation de ce spectacle, d’autres promoteurs commencent, petit à petit, à développer un intérêt pour la région d’Edmundston.

«On a les éléments en place, on a l’infrastructure pour le faire, alors je ne verrais pas pourquoi on ne pourrait pas aller plus loin.»

Outre les spectacles, la Ville d’Edmundston souhaite le retour du Salon de l’auto, qui existait avant la pandémie, et d’autres événements du genre.

Selon M. Marquis, Edmundston est aussi bien desservie par ses autres salles de spectacle, que ce soit la Salle Léo-Poulin ou le Centre des arts de la Petite église, qui offrent une variété d’événements.

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Photo : Le Centre Jean-Daigle d'Edmundston. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

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  • Date de création 5 septembre, 2024
  • Dernière mise à jour 5 septembre, 2024
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