Défis d’adaptation et rêves de réussite des étudiants étrangers francophones à Toronto
Le Canada continue de s'imposer comme une destination de choix pour les étudiants francophones internationaux, attirant chaque année un nombre croissant de jeunes venus du monde entier.
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Hamza Ziad
IJL – Réseau.Presse – l-express.ca
Selon la déclaration du 5 avril du ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, Marc Miller, l'Ontario se distingue parmi les provinces canadiennes, accueillant plus de 48% de l'ensemble des étudiants internationaux au pays.
La prédominance de l'Ontario est remarquable en raison de la qualité de ses établissements anglophones, mais également grâce à l'essor du réseau d'institutions francophones. Ce réseau attire un nombre croissant d'étudiants internationaux francophones, notamment issus de pays où le français est la langue principale.
Et tout récemment, le gouvernement fédéral a assoupli les règles d'admission des étudiants étrangers dans les établissements francophones à l'extérieur du Québec.
Le système canadien a bonne réputation
Rosaire, une étudiante en 4e année en économie et innovation sociale à l’Université de l’Ontario français (UOF), partage son expérience avec l-express.ca.
Originaire de la République démocratique du Congo, elle explique que son choix d'étudier au Canada a été grandement influencé par son père. Ce dernier a vu dans le système éducatif canadien une garantie de qualité et de fiabilité, surpassant les opportunités disponibles dans leur pays d'origine.
« L'UOF correspondait tout à fait à ce que je cherchais: un parcours universitaire en français, dans un environnement bilingue et une ville plutôt anglophone», explique Rosaire.
L'anglais nécessaire, le français utile
La maîtrise de l'anglais et du français est un atout pour les étudiants francophones internationaux à Toronto, selon Cynthia Dagher, membre de l'équipe immigration du Collège Boréal à Mississauga.
«Les bilingues trouvent plus facilement leur place, que ce soit dans leur vie quotidienne ou sur le marché du travail», dit-elle. «La capacité à naviguer entre les deux langues leur permet de s'intégrer plus rapidement et d'accéder à un plus large éventail d'opportunités professionnelles.»
En revanche, les étudiants qui ne maîtrisent pas l'anglais se heurtent à une barrière linguistique importante, ce qui complique leur intégration et limite leurs chances de réussite dans un environnement majoritairement anglophone.
«J'ai opté pour Toronto, car je maîtrise déjà l'anglais, et ici, la connaissance du français est hautement valorisée, contrairement au Québec où tout le monde parle déjà français», confie Noure, récemment diplômée en administration des affaires du Collège Boréal.
Toronto trois fois plus cher qu’ailleurs
Étudier au Canada représente un investissement financier considérable pour les étudiants internationaux, en particulier à Toronto, où le coût de la vie est particulièrement élevé.
Les frais de scolarité dans les collèges et universités canadiennes pour les étudiants internationaux peuvent aller jusqu’à 30 000 $ par an, selon le programme. À ces frais s’ajoutent les dépenses de logement, de transport et de subsistance, qui peuvent facilement dépasser les 15 000 $ annuels dans la ville reine, l'une des plus chère du pays.
«En comparaison, au Maroc, les frais de scolarité dans les universités publiques sont généralement modérés, voire symboliques, tandis que ceux des universités privées varient entre environ 4 000 et 9 000 $ par an», précise Noure.
«Cette différence de prix s'explique par la qualité exceptionnelle du système éducatif canadien, qui est parmi les meilleurs au monde.»
Défis culturels, climatiques et financiers
Les étudiants francophones internationaux à Toronto rencontrent divers défis en s'installant dans leur nouveau bercail.
L'adaptation à une nouvelle culture et à un mode de vie différent est souvent le premier obstacle, entraînant un sentiment de dépaysement et d'isolement social. Bien que maîtrisant le français, les étudiants doivent naviguer dans un environnement majoritairement anglophone, ce qui complique leur intégration.
Le climat froid du Canada représente un autre défi majeur, surtout pour ceux venant de régions plus chaudes.
En plus de ces difficultés, les étudiants doivent se familiariser avec un système éducatif et administratif différent.
« Les débuts à Toronto étaient très difficiles. Si je n'avais pas eu le soutien de mes amis et de ma famille, je serais sans doute rentrée au Congo», souligne Rosaire.
Après les études?
Aminata, fraîchement diplômée du Collège Boréal en entrepreneuriat social, révèle à l-express.ca que son objectif principal à court terme est de décrocher un emploi qui lui permettra de faire une demande de résidence permanente et d’explorer le Canada.
«À moyen terme, je souhaite acquérir une expérience professionnelle canadienne et obtenir ma citoyenneté. Cela me donnera la flexibilité nécessaire pour explorer divers pays et réaliser mon rêve de faire le tour du monde», explique Aminata.
De son côté, Noure souligne qu'il serait très regrettable de retourner dans son pays d'origine sans avoir atteint des objectifs importants, tels qu'obtenir la résidence permanente, développer ses compétences professionnelles, et acquérir une expertise précieuse dans un pays comme le Canada.
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Photos
Titre : etudiants Boreal
Légende : Des diplômés du Collège Boréal.
Crédit : archives l-express.ca
Titre : etudiants Glendon
Légende : Des étudiants du campus bilingue Glendon de l'Université York.
Crédit : courtoisie
Titre : etudiants Rosaire
Légende : Rosaire, étudiante congolaise à l’UOF, programme économie et innovation sociale.
Crédit : courtoisie
Titre : etudiants Noure
Légende : Noure, diplômée du Collège Boréal en administration des affaires.
Crédit : courtoisie
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- Date de création 20 août, 2024
- Dernière mise à jour 20 août, 2024