Quoisse t’en penses : l’identité acadienne et la langue française sur la table

L’évènement quinquennal des États généraux, autour de la grande question «Quoisse ten penses», a attiré à lUniversité Sainte-Anne plus dune centaine de personnes de divers horizons pour se pencher sur lavenir de lAcadie. 

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Sous la direction de la Société Nationale de lAcadie, la conférence d'ouverture et les grandes consultations qui ont suivi ont permis aux participants d'explorer les préoccupations les plus communes auxquelles font face les communautés acadiennes aujourdhui.

Ce fut le bilan des dernières consultations de la SNA, qui a organisé une quinzaine de consultations à travers la diaspora acadienne auxquelles plus de 150 personnes se sont prêtées au jeu.

Les deux inquiétudes majeures ont été évoquées, soit lidentité acadienne et le futur de la langue française, les thèmes de la conférence douverture.

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Organiser une réflexion collective sur deux jours lors dune occasion festive na pas été chose facile, a déclaré Martin Théberge, président de la SNA. «On nous a souvent reproché de vouloir réfléchir à notre avenir, au beau milieu dune grande célébration. Dautres voudraient, au contraire, y consacrer plus de temps.»

L’édition de 2024 est une façon de concilier ces deux divergences, a informé le président.

Linclusion au cœur du débat

Linvité dhonneur Zachary Richard, un défenseur du français en Louisiane, a souligné le fait que la notion de linclusion est fondamentale à lAcadie et une piste importante pour son avenir.

Selon M. Richard, «les Acadiens, par leur nature, par leur histoire, sont particulièrement bien équipés pour évoquer une histoire dinclusion». Par exemple, en Louisiane, il y a un développement de lidentité franco-louisianaise, qui comprend les gens de diverses nationalités.

Il a fait le parallèle avec son dernier voyage à Caraquet, durant lequel il a découvert une plus grande présence des Afro-Acadiens. «Il faut insérer les immigrants dans nos communautés et leur donner la notion de cette fierté qui nous fait vibrer.»

Dans le travail du Commissaire aux langues officielles, au-delà de la promotion et la protection du français, il y a divers engagements dans la Loi sur les langues officielles modifiée, dont l'épanouissement et le développement des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire, de la petite enfance jusquau postsecondaire.

«À tout moment, si les services ne sont pas offerts, si on na pas accès à des institutions, bien, cest des moments où les gens décrochent», commente Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada.

Il est optimiste que ladite loi aura une influence positive sur les communautés, si elle est bien appliquée. Il est mentionné quon doit faire une révision périodique dici 10 ans.

M. Théberge a recommandé au ministère de Patrimoine canadien de mettre en place un cadre danalyse dimpact de la Loi sur les communautés minoritaires pour mieux comprendre son effet, mais aussi pour apporter des changements et des modifications pour combler les lacunes.

Le français comme point rassembleur

Zachary Richard a mentionné à deux reprises que le maillon faible en Louisiane est la langue française, en danger auprès de la nouvelle génération. Si la musique et les traditions culinaires sont vivantes, il se questionne sur la façon de transmettre lidentité linguistique.

Le ministre québécois de la Langue française Jean-François Roberge, lun des panélistes de la discussion, précise que la position du Québec, soit de défendre la promotion de la langue française sur son territoire, coïncide avec la place que prend lAcadie dans les décisions de son gouvernement.

«Même si le français est largement majoritaire au Québec, il lest moins que lan passé», a rappelé le ministre.

Durant le panel, il a ajouté quil faut agir pour freiner le déclin du français au Québec. Cest pour cette raison quun groupe daction a été créé afin de mettre en œuvre le Plan pour la langue française, dont lun des objectifs est de renforcer et soutenir les communautés francophones du Canada.

Lors dun entretien avec Le Courrier, le ministre Roberge a mentionné que, lors de son passage en Nouvelle-Écosse pour la Rencontre annuelle du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne, les ministres ont travaillé sur, entre autres, la pénurie des enseignants de langue française et la découvrabilité pour les médias et les contenus culturels.

Lannée dernière, Statistique Canada a révélé des données linguistiques de chacune des provinces. En Nouvelle-Écosse, on a constaté une hausse du nombre de personnes pouvant converser en français, mais également une baisse de la population dont le français est la première langue parlée.

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Selon M. Roberge, chaque indicateur sur la langue mérite sa politique et ses actions. «Il y a des gens, je vais le dire sincèrement, qui essaie de nous endormir, qui essaie de dire, tout va bien, fais dodo, inquiète-toi pas”. Cest pas vrai. Il faut être vigilant.»

Le pouvoir politique 

Lune des consultations du 12 aout portait sur le pouvoir politique des Acadiens à l’échelle fédérale, en présentant un sommaire dun rapport préliminaire.

Accompagné des panélistes et chercheurs Michelle Landry et Rémi Léger, on sest demandé de quelle manière lon peut renforcer le pouvoir des peuples acadiens sur la colline parlementaire.

Le sentiment était partagé par plusieurs participants dans la salle. «Je crois que les gens ont bien apprécié le fait quils ont pu voir que, nous, on essaie de se donner des objectifs, mais quon veut que la communauté nous aide à établir des objectifs afin qu'on puisse aider nos communautés», explique Darrell Samson, député fédéral de Sackville—Preston—Chezzetcook.

La discussion a été organisée par des parlementaires acadiens, dont le député fédéral de Nova-Ouest, Chris dEntremont, qui a regroupé il y a quelques mois ses collègues acadiens, Mme Landry et M. Léger, afin de préparer l’étude pour la consultation.

Le consensus est quil faudrait créer un caucus acadien transpartisan dont le but serait de faire avancer les intérêts des communautés acadiennes et de mieux représenter les Acadiens dans les structures fédérales.

«On va vraiment regarder de proche la décision, les questions qui ont été remises à matin», déclare M. d'Entremont.

«Cest le début d'une discussion dun projet quon continue à Ottawa, entre sénateurs et députés, pour voir comment est-ce quon peut mieux travailler ensemble», renchérit le sénateur Réjean Aucoin.

M. dEntremont a mentionné quil espère quun plan plus concret sera prêt dici octobre.

Les autres consultations des États généraux ont permis de toucher à dautres problèmes soulevés lors des rencontres de cuisines de la SNA, dont limmigration et lintégration des nouveaux arrivants, linclusion des jeunes et linsécurité linguistique.

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  • Date de création 14 août, 2024
  • Dernière mise à jour 13 août, 2024
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