Grève à la LCBO: accord de principe «en péril»
La Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) et le syndicat qui représente ses employés en grève affirmaient avoir conclu une entente de principe, vendredi, mais les choses ont rapidement dérapé, quelques instants plus tard.
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Émilie Gougeon-Pelletier
IJL – Réseau.Presse – Le Droit
La LCBO a annoncé vendredi être parvenue à cette entente de principe avec le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), dans un communiqué.
Le syndicat avait prévu une conférence de presse, à 15h, pour en faire l’annonce, mais au moment de se présenter devant les journalistes, une porte-parole a affirmé que la partie patronale refusait de signer le protocole de retour au travail et que l’entente était «en péril».
Le syndicat a ensuite refusé de répondre aux questions des journalistes, et n’a pas expliqué en quoi consiste ce «protocole de retour au travail».
la LCBO a ensuite publié un second communiqué, accusant le SEFPO de «mauvaise foi».
Peu après avoir accepté l’accord de principe, le syndicat a depuis «introduit de nouvelles revendications monétaires importantes qui auraient dû être traitées à la table de négociation», accuse l’employeur.
La société d’État dit maintenant avoir l’intention de déposer une plainte pour pratique déloyale.
Peu après 16h, le syndicat s’est à nouveau présenté devant les journalistes.
«À 2h du matin, vendredi, nous avions indiqué à la LCBO que nous allions préparer un document de protocole de retour au travail», a affirmé JP Hornick, qui préside le SEFPO.
«C’est une façon normale de mettre fin à une grève, a noté JP Hornick. L’employeur nous avait demandé d’envoyer le document, et c’est ce que nous avons fait. Depuis, nous attendons toujours une réponse.»
Ouverture des magasins mardi?
Si l’entente est signée, la grève prendrait fin le 22 juillet, selon le premier communiqué de la LCBO publié vendredi, ce qui voudrait dire que plus de 650 succursales, fermées depuis le 5 juillet, pourraient rouvrir mardi prochain.
«La LCBO s’emploie à présent à préparer son personnel et ses activités à un retour à la normale», indiquait l’employeur.
Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, s’était dit «ravi» de savoir que les deux parties s’étaient entendues. «C’est une bonne entente pour les travailleurs et les Ontariens», avait-il indiqué dans une déclaration envoyée aux médias.
Les négociations entre le syndicat et la société d’État ont repris mercredi, après une interruption de 13 jours.
Grève historique
C’était la première grève de l’histoire de l’Ontario à la LCBO.
Le plan du gouvernement ontarien visant à libéraliser la vente d’alcool en province a déstabilisé l’harmonie entre la LCBO et ses employés.
Le premier ministre Doug Ford veut permettre la vente de bière, de vin et de boissons prêtes à boire dans les épiceries et les dépanneurs, et le SEFPO craignait que ce plan puisse avoir un impact sur la stabilité d’emploi de ses membres.
C’est surtout la vente de boissons prêtes à boire dans les dépanneurs et les épiceries qui a fait couler de l’encre depuis le début de cette saga. Selon le SEFPO, cette mesure «ne fera qu’enrichir les grandes entreprises» comme Loblaws, Walmart et Circle K.
La veille de la grève, la société d’État proposait une augmentation salariale de 7% sur trois ans, et la conversion de 400 postes occasionnels en postes permanents à temps plein.
Le syndicat avait refusé de poursuivre les pourparlers, disant que l’employeur ne négociait pas de bonne foi. La LCBO disait la même chose du syndicat.
Depuis le début de la grève, le premier ministre Ford et son Parti progressiste-conservateur ont redoublé d’efforts pour démontrer aux Ontariens qu’ils n’ont pas besoin d’aller à la LCBO pour acheter de l’alcool.
Le gouvernement ontarien a créé une carte interactive où les utilisateurs peuvent en apprendre plus sur les différents points de vente.
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- Date de création 19 juillet, 2024
- Dernière mise à jour 19 juillet, 2024