Grève à la LCBO pour la première fois de l’histoire

La grève de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) - la première de l’histoire de la province - a commencé vendredi matin.

_______________________ 

Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Un accord n’a pas pu être conclu entre la société d’État et le Syndicat des employés du secteur public de l’Ontario (SEFPO) avant la date d’échéance de la grève, qui était vendredi à 0 h 01, vendredi, ce qui signifie le début d’un débrayage pour quelque 10 000 travailleurs qui devrait durer au moins deux semaines.

Les pourparlers entre les deux parties ont échoué jeudi soir, la vente de cocktails prêts-à-boire dans les dépanneurs et les épiceries étant un point de friction clé entre les deux parties.

Les succursales de la LCBO de partout à travers la province seront fermées jusqu’au 19 juillet, ou jusqu’à ce qu’un accord soit conclu.

Si une entente est impossible d’ici là, 32 magasins à travers la province ouvriront à des heures limitées les vendredis, samedis et dimanches.

Le Beer Store, les brasseries et les établissements vinicoles locaux ainsi que les services de livraison en ligne de la LCBO demeureront ouverts pendant la grève.

Le gouvernement Ford s’est dit «déçu», dans une déclaration envoyée jeudi soir, «par la décision du SEFPO de quitter la table de négociation quelques heures avant la date limite».

«Nous sommes particulièrement déçus que le SEFPO s’oppose à donner aux Ontariens le choix et la commodité d’acheter des boissons prêtes à boire», a indiqué la province.

Le gouvernement ontarien est «plus déterminé que jamais» à élargir le choix de boissons dans les dépanneurs, les épiceries et les magasins à grande surface à compter de la fin de l’été.

Doug Ford blâmé

Le SEFPO, qui craint la perte de milliers d’emplois si le plan du gouvernement se concrétise, blâme le premier ministre Doug Ford pour cette impasse.

«Doug Ford est à son chalet», nargue Lorri Scuffell, membre du syndicat rencontrée sur une ligne de piquetage, à Cornwall.

«L’employeur refuse de négocier de bonne foi, et le gouvernement de Doug Ford met à risque nos emplois avec son plan de privatisation», dénonce-t-elle.

(Émilie Gougeon-Pelletier/Émilie Gougeon-Pelletier)

La présidente du comité de négociation du SEFPO, Colleen MacLeod, a lancé en point de presse, jeudi soir, que durant les discussions avec l’employeur, il n’a «même pas été question de salaire».

«Vous pouvez augmenter nos salaires, mais si nous n’avons pas d’emploi, ça ne veut rien dire. Le problème fondamental est que des milliers d’emplois sont en jeu», a noté Colleed MacLeod.

Selon la LCBO, le syndicat serait entêté à faire la grève «uniquement pour demander au gouvernement de revenir sur sa décision de rendre les boissons prêtes à servir (coolers et seltzers) disponibles dans les dépanneurs et les épiceries».

«Notre dernière offre, formulée à 16 h 20 [jeudi], répond à un certain nombre de demandes du SEFPO. Nous avons également invité le SEFPO à discuter avec nous de toutes les questions supplémentaires qui pourraient être abordées dans la convention collective, y compris la sécurité de l’emploi», a indiqué l’employeur dans un communiqué publié en réponse au point de presse tenu par le SEFPO.

«Nous avons également invité le SEFPO à faire une contre-proposition. Jusqu’à présent, ils ont refusé de répondre et ont tenu une conférence de presse pour critiquer les projets du gouvernement de vendre des boissons prêtes à servir dans les dépanneurs et les épiceries», a soutenu la société d’État.

Impasse

À la mi-juin, les employés syndiqués de la LCBO ont voté à 97% en faveur d’un mandat de grève si une entente de principe ne pouvait pas être conclue.

Depuis, c’est l’impasse pour les deux parties.

Le principal point de dissension demeure le plan accéléré du gouvernement ontarien de vente d’alcool dans les dépanneurs et les épiceries de la province.

La mesure, qui doit être progressivement mise en oeuvre à compter du mois d’août, doit permettre à 8500 nouveaux commerçants de vendre du vin, de la bière et des cocktails prêts-à-boire, ce qui risque de réduire les revenus de la Régie des alcools de l’Ontario.

La province dit vouloir offrir l’opportunité aux petites entreprises, notamment, à engendrer des profits grâce à la vente d’alcool, mais le syndicat estime qu’il s’agit d’un plan qui ne fera qu’enrichir les grands épiciers comme Loblaws et Circle K.

-30- 

 

Photos 

 

  • (Émilie Gougeon-Pelletier/Émilie Gougeon-Pelletier)
  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 5 juillet, 2024
  • Dernière mise à jour 5 juillet, 2024
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article