Avec l'aide de PrairiesCan
Développement économique Canada pour les Prairies aidera financièrement le Conseil de recherche de la Saskatchewan pour le traitement des terres rares de la mine Nechalacho, aux Territoires du Nord-Ouest.
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Denis Lord
IJL – Réseau.Presse – L’Aquilon
L'usine de traitement de terres rares du Conseil est "conçue pour du monazite, un minerai phosphaté, différent des nôtres, précisait en mars dernier à L'Aquilon Geordie Mark, le président-directeur général de Vital Metals, qui possède Nechalacho. Ils ont besoin d’installations industrielles différentes. […] Ce n’est pas approprié pour nous. »
En mars, Vital Metals se préparait à envoyer en Chine sa réserve de minerai, conformément à une entente passée avec la compagnie chinoise Shenge Ressources, qui avait racheté des parts d’une filiale de Vitals en faillite. Mais le gouvernement fédéral est intervenu de façon plus ou moins directe pour empêcher la vente à la Chine des terres rares, considérées comme des minéraux critiques.
Dans un communiqué daté du 17 juin, l’australienne Vital Metal annonce vendre la réserve, d’une quantité non précisée, pour 3 M$ au Conseil de la recherche de la Saskatchewan, annulant ainsi la transaction annoncée en décembre 2023.
Inquiétude
C’est le député des Territoires du Nord-Ouest, Michael McLeod, qui a rendu publique l’implication de PrairiesCan. « Le financement [pour la mise à jour de l’usine] ne sera pas accordé directement, ça va passer par Développement économique Canada pour les Prairies […] qui va travailler avec le Conseil de recherche pour acheter le matériel », dit M. McLeod.
Michael McLeod dit s’être impliqué dans le dossier et avoir transmis au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, les inquiétudes de ses constituants sur l’exportation en Chine des terres rares ténoises. « Ma compréhension est qu’ils ont fait des arrangements pour que le produit soit acheté et transformé en Saskatchewan », ajoute-t-il.
Une porte-parole de Prairies Can a confirmé que l’organisme continue à travailler avec le Conseil de recherche à développer l’usine de traitement, sans vouloir donner davantage de détails.
Le Conseil de recherche de la Saskatchewan a préféré ne pas commenter, se contentant de transmettre un communiqué. « Le Conseil de recherche de la Saskatchewan a conclu une entente avec Cheetah Resources, une filiale possédée à 100 % par Vital Metals, y lit-on. […] L’usine de traitement est une destination logique pour ce produit puisque nous avons développé la capacité de transformer et de séparer une variété de terres rares depuis les 15 dernières années. »
La construction de l’usine de traitement devrait être terminée en 2024. Une fois pleinement opérationnelle, elle devrait avoir une capacité de traiter 3000 tonnes par année.
Intervention fédérale
Le Canada n’a pas revendiqué publiquement l’interdiction d’empêcher la vente de terres rares à la Chine. L’expression utilisée par tous les acteurs dans le dossier, est que « la vente a été facilitée par Ressources naturelles Canada ». Le gouvernement non plus n’a donné aucune indication, sinon implicite, sur la direction que devrait prendre le minerai de Nechalacho une fois la mine entrée en exploitation. Vital est toujours en train d’explorer le dépôt le plus gros, appelé Tardiff, qui comprend notamment de la bastnäsite, de la samarskite, de la fergusonite, mais aussi de la monazite.
Cependant, Vital Metals a déjà assuré que Shenghe n’a aucun droit préférentiel pour la production future de Nechalacho.
« Nous avons eu une situation similaire il y a quelques années quand la Chine a voulu acheter la mine de Hope Bay [Nunavut] et que le Canada a dit non, rappelle le conseiller à la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, Tom Hoefer. Il n’y a pas eu de grosses déclarations, mais le Canada a dit non. […] Ça pourrait être pratique qu’il y ait un livre de règlements qui précise ce qu’on peut faire ou non. Il y a un peu de mystère ici. Quand la Chine a acheté 9 % des parts de Vital […] et l’entente était qu’ils pouvaient augmenter leurs parts jusqu’à 18 % et rien n’a été dit par le Canada. »
En 2022 cependant, le gouvernement fédéral a officiellement réclamé que trois compagnies chinoises se départissent de leurs actions dans des minières canadiennes de minéraux stratégiques.
Le contrôle du marché
Le minerai de Nechalacho prendra le chemin de Saskatoon pour quelque 400 000 $ de plus que le montant fixé précédemment pour la vente à la Chine. Mais celle-ci aurait pu payer davantage, signale l’ex-directeur général de la Chambre des Mines, Tom Hoefer.
« La Chine n’opère pas sur un plan économique, mais sur un plan gouvernemental, précise-t-il. Ça fait une grosse différence. Tout ce qu’elle fait est pour aider les Chinois, le pays, et pour croitre. […] La Chine n’a pas à faire de profit. Elle peut perdre délibérément de l’argent, pour gagner du contrôle, par exemple. »
« Le marché [des minéraux critiques] est encore très volatil, ajoute M. Hoefer, parce que la Chine est dominante et s’est établie depuis environ cinq ans. Elle a capturé de grosses parts du marché. Et l’Occident veut sa part, mais toutes les pièces ne sont pas encore en place ni pour le lithium, ni pour les terres rares ni pour le cobalt. Si la Chine distribue toutes sortes de produits de lithium et que les prix descendent et que vous essayez des construire un marché, ça va l’affecter. La Chine a un levier. […] Toutes ces choses créent une situation économique instable. »
Une étude sur le potentiel du dépôt Tardiff devrait être rendue publique à la fin de 2024.
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- Date de création 27 juin, 2024
- Dernière mise à jour 23 juillet, 2024